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mettent d'affirmer qu’un sperme virulent ne peut guère contaminer l’ovule.
Virulence du sperme et infection ovulaire.
Je rappellerai d’abord un calcul auquel s’est livré GAERTNER et que Srraus a reproduit (145, p. 560), calcul d'après lequel, si le sperme est moyennement infecté les chances de contamination ovulaire sont de 1 sur 22 millions! — D'ailleurs si les B. sont révélés dans un échantillon du sperme, il n’en résulte nullement qu'ils soient accoiés aux spermatozoïdes. — Un argument plus important est fourni par les expériences dans lesquelles GaëgrTNER a essayé de réaliser l’infection conceptionnelle :
22 lapins mâles, inoculés de T. dansles testicules, furent mis avec 59 lapines ; six d’entre elles donnèrent 29 petits, la plupart mort-nés ou succombant presque aussitôt ; dans aucun cas l’inoculation aux cobayes de la presque totalité desorganes abdominaux et thoraciques de ces lapereaux ne conféra la T. Les jeunes lapins qui survécurent restèreut absolument indemnes.
L'expérience fut répétée avec des cobayes: 21 cobayes mâles, inoculés dans le testicule, ayant couvert 65 femelles bien portantes, on obtint 45 petits issus de 19 mères ; on opéra comme pour les lapins, avecle même résultat négatif, à une exception près: dans un cas, en effet, un des petits laissés en vie fut trouvé tuberculeux neuf semaines après la naissance: mais il est infiniment probable que c'était uneT. d’ingestion contractée de la manière suivante : dans la même cage était mortun mâle inoculé dans le testicule ; la glande séminale caséeuse avait été totalement dévorée par les autres cobayes.
Ainsi, malgré la réunion des circonstances les plus favorables
l’'H.P. paternelle, le même expérimentateur qui a réussi (voir plus loin) à mettre en évidence des T. fœtales d'origine maternelle, a constamment échoué en cherchant à obtenir un petit infecté par le père (1).
La méthode expérimentale aurait entre les mains de Marruca donné des résultats tout différents :
Dans le but d'obtenir des jeunes lapins tuberculisés par voie héréditaire paternelle, Marruccr (30) accoupla des femelles saines à des mâles inoculés dans
la jugulaire avec de fortes doses de T. humaine ; dans ces conditions (comme il s’en était assuré antérieurement) (2), des bacilles virulents passent dans le
(1) Gaërrner a été frappé du faible nombre de petits viables qu'il.a obtenus dans ces recherches. C’est un fait à rapprocher de la multi-léfhalilé qui sévit sur . les produils de conception des femmes’ de luberculeux, et qué M. Lanpouzy a LA mise en lumière.
(2) Voir précédemment (p. 25).
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sperme. Les femelles, mises au contact de ces mâles, se tuberculisent en partie, mais longlemps (plus d'un mois) après avoir mis bas. Les petits étaient laissés avec la mère pendant un mois pour être allaités par elle, puis on les isolait.
Que sont devenus les embryons conçus dans ces conditions ?
1° Un certain nombre étaient morts dans l'utérus ou tout de suite après la naissance, leurs organes ont été inoculés au cobaye : un seul cobaye est devenu tuberculeux.
2° Les autres ont vécu plus ou moins longtemps. Quand ils mouraient âgés de plus de deux mois, on pouvait trouver dans leurs organes (foie principalement, puis poumons), des tubercules à structure typique ; après 8 mois, ces tubercules avaient une tendance à s’enkyster de tissu fibreux. Mais les recherches bactériologiques les plus minutieuses n'ont pu dans ces tubercules mettre de bacilles en évidence, et les inoculations aux cobayes sont restées négatives au point de vue de la T. ; les cobayes mouraient cachectiques, non tuberculeux.
Maffucci admet qu’il y a eu infection embryonnaire par les bacilies contenus dans le sperme, que les tissus fœtaux ont tué ces bacilles, et que, au cours de la vie extra-utérine, les cadavres bavillaires ont provoqué la formation de tubercules (1). Ce qui, selon lui, démontre cette hypothèse, c’est que les inoculations des organes des jeunes lapins nés dans ces conditions font périr les cobayes dans le marasme, comme si on leur avait injecté des cultures tubcrculeuses stérilisées.
Maffucci aurait donc obtenu, non pas une véritable T. congénitale, mais seulement une production de nodules réactionnels autour des cadavres bacillaires ; il est arrivé à des conclusions semblables en étudiant la T. fœtale d’origine maternelle; nous verrons à ce moment que l’explication la plus vraisemblable de ces résultats est d'admettre une infection accidentelle des animaux d'expérience par une pseudo-T.
BaumcarTEeN (25) a déclaré en 1892 avoir réalisé une T. congénitale d’origine paternelle :
Il a obtenu, de l'union d’un lapin mâle infecté deT. avec un lapin femelle bien portant, deux petits. s
Le père mourut peu après la naissance des jeunes, d’une T. généralisée : il avait été séparé de la femelle dès qu'on eut constaté que celle-ci était pleine.
La mère, quelques mois après avoir mis bas, commença à maigrir etmourut d’une T. généralisée. A-t-elle été contagionnée pur le mâle ?
Baumgarten ne le croit pas, car jamais, dit-il, il n'a observé de cas de contagion tuberculeuse par le seul fait du rapprochement juste nécessaire pour
l’acte sexuel. - Ilest assez probable que la femelle a pris une tuberculose d'ingestion dans la
cage où on l’a mise après l'allaitement des petits: en effet, à cette même époque, on a observé un cas évident de T. d’ingestion chez les animaux d'ex-
(1) Les expériences de Prupnen, de Srraus et GamaLéra ont démontré que l'injection intra-veineuse de cadavres de bacilles tuberculeux provoque chez le lapin une éruption abondante de granulations tuberculeuses dans les poumons.
Kuss.
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périence de l'Institut anatomo-pathologique, ce qui n’est pas rare dans des locaux où sans cesse on s'occupe de T.
Les petits, séparés de la mère après l'allaitement, élevés dans un endroit isolé, et nourris avec des aliments certainement non contaminés, ont vécu neuf mois ; ils étaient dès leur naissance faibles et délicats, mais ils mangeaient bien.
Un jour, on les trouva tous deux morts dans leur cage. L'un d’eux n'offrait aucun vestige de lésion bacillaire. Chez l’autre, existait dans le foie un foyer caséeux gros comme une cerise, ayant tout à fait l'apparence d'une masse tuberculeuse. Baumgarten n’y trouva pas de bacilles el la pièce fut eégarée, de sorle que des recherches plus complètes ne purent être faites: on n’a pas inoculé d’animaux.
L'observation de Baumgarten nous semble bien incomplète, bien peu démonstrative ; sans doute, comme le savant allemand le fait remarquer, il est souvent difficile ou impossible de trouver des bacilles au microscope dans de vieilles formations tuberculeuses, et un résultat négatif ne permet pas d'éliminer la bacillose. Mais comme cette expérience ne tendrait à rien moins qu'à établir la possibilité de l'hérédité bacillaire directe du père à l'enfant on a le droit dese montrer exigeant. Or:
1° Le produit trouvé dans le foie était peut-être de la T. bacillaire, mais cela n’est pas prouvé le moins du monde.
2° Il est bien possible que la mère fût déjà tuberculeuse au moment où elle portait les fœtus.
La démonstration de l’hérédité paternelle est moins rigoureuse encore dans l'obs. de Sarwey, où un fœtus presque certainement tuberculeux fut mis au monde par une mère cliniquement non bacillaire, le père étant probablement phtisique ; outre qu’on ne peut évidemment pas affirmer sans restriction aucune que l'embryon ait été procréé par ce père, l'hypothèse d’une T. maternelle méconnue, d'une T. génitale par exemple, n’est pas impossible. Voilà donc un cas dont aucune déduction rigoureuse ne peut être tirée.
Preuves cliniques de la T. héréditaire d’origine paternelle.
La littérature médicale renferme quelques obs. qui plaident dans le sens d'une H. P. tuberculeuse d'origine paternelle. En voici quelques-unes résumées : 36