‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 18 sur 113 · MEURT · texte numérisé non relu

MEURT

Cas de Zippelius (1). — « Un fermier éleveur, qui depuis douze ans n'avait observéaucun cas de pulmonie et de T. dans son bétail, acheta un taureau dans le Simmenthal et s’en servit pour la saillie de dix de ses vaches. Le taureau fut reconnu atteint de la phtisie pommelière et abattu de ce chef ; tous les veaux des dix vaches fécondées par ce reproducteur, et qu'on a pu suivre assez longtemps, ont dû être abattus pour cause de cette maladie. Les premiers symptômes se déclarèrent, chez la plupart, au moment où ils passèrent à l’âge adulte. »

Cas de Landouzy (1883) (38). — Père tuberculeux (T. laryngée et pulmonaire); la mère n'a cessé de rester bien portante en dépit de cinq grossesses subintrantes ; cinq enfants. Un garcon meurt à huit mois d’entérite au cours d'une épidémie de choléra infantile. Une fille, née avant terme, meurt avec des convulsions.

Un garçon meurt à cinq mois avec les symptômes d’une méningite tuberculeuse classique.

Une fille meurt à huit mois avec des symptômes de méningite tuberculeuse.

Un garcon présente, à cinq mois, une otite chronique, diagnostiquée tuberculeuse, il meurt étique quelques jours après.

Observons que sur les cinq enfants, les deux premiers ne semblent pas être morts de T., les autres ont peut-être été bacillisés, mais la preuve n’est pas faite, parce qu'il y a pas eu d’autopsie ; d’ailleurs de ces trois enfants un seul a été élevé loin du père.

Cas de Landouzy (1888) (9). — Père. T. pulmonaire au 1°" ou 2° degré. Mére bien portante : Quatre enfants morts d'infection tuberculeuse entre trois mois et douze mois, après avoir été nourris uniquement au sein par la mère bien portante ou par une nourrice également bien portante. Trois de ces enfants vivaient dès la naissance loin du père, le quatrième a été élevé dans la famille au contact du père qui, à ce moment, ne crachait pas encore.

Bang (1890) (44) admet comme possible une infection directe par le père ; il n’est pas rare, dit-il, de voir tous les rejetons d’un taureau devenir tuberculeux alors que les vaches mères sont restées en partie bien portantes. Il rapporte un assez grand nombre de citations de vétérinaires qui affirment avoir trouvé de la T. chez des veaux nouveau-nés, issus de taureaux tuberculeux et de vaches saines. Ces observations sont trop incomplètes pour être probantes.

Cas de A. Sanson (1893)(29 bis). — Vers1860-1870, lavachere de Saint-Angeau (en Auvergne) comprenait un troupeau dequarante têtes, choisies parmiles plus belles vaches auvergnates ; on y avait introduit de plus des vaches et des taureaux de Devon, venant de Versailles ; le (troupeau était placé dans de bonnes conditions hygiéniques ; durant la belle saison, il restait dehors nuit et jour.

Peu d’années après leur introduction à Saint-Angeau, les vaches anglaises moururent toutes successivement de phtisie pulmonaire, ainsi que les taureaux.

Des accouplements de ces derniers avec les vaches auvergnates élaient nées des métisses qui toutes, sauf une, à des âges plus ou moins avancés, eurent le même sort. Les vaches auvergnates restèrent saines. 1

M. Sanson conclut à l’hérédité parasitaire paternelle : mais n’est-il pas évident qu’une débilité congénitale, facile à comprendre par la phlisie grave des taureaux, a pu dans un milieu infecté, largement expliquer ces morts? Si les vaches auvergnates, loutes vigoureuses, nées d’ascendants bien porlants de

(1) Wochenschrift d'Adam, 1876. Cité par Lyprin (47).

D et

même race, élevées dans leur climat natal, ont résisté à la contagion, ce n’est pas une raison pour nier celle-ci.

Aucune dés observations cliniques qui précèdent n’a de valeur démonstrative absolue; aucune d’elles n'impose l’idée d’une hérédité de graine ; elles sont toutes explicables par une hérédité de terrain favorisant une contamination ultérieure etla rendant rapidement fatale. Entre ces deux hypothèses également possibles, de l'infection spermatique et de l’hérédo-prédisposition, on doit logiquement adopter la seconde, puisque nous avons vu : 1° que le sperme des phtisiques sans T. génitale (dans les obs. cliniques qui précèdent, celle-ci n’est pas en cause) n’est pour ainsi dire jamais virulent ; 2° que même s’il renfermait des B., ceux-ci ne sauraient contaminer l’ovule, puisque dans les conditions expérimentales les plus favorables, chez les animaux les plus sensibles à la T., on n’a pas réussi à tuberculiser le fœtus en prenant comme reproducteurs des mâles à sperme bacillisé.

Grancuer et Hunnez (7) ont écrit en 1888 : « I/ n'y a pas encore de fait positif qui établisse qu'un fœtus puisse être procréé tuberculeux par son père. » Cette opinion demeure, à l'heure actuelle, l'expression de la vérité.

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