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Streptocoque (CnamBreLenT et SaBrazÈs (1892) ont vu que le streptocoque passe de la mère au fœtus, chez le lapin, sans que le placenta offre la moindre lésion histologique. Aucué (de Bordeaux) (1892) a retrouvé des staphylocoques et des streptocoques dans le foie et le sang de fœtus rejetés par avortement chez des femmes atteintes de variole, dont le sang élait infecté par ces microbes).
Bacille morveux (Canéac et Mazcer (1887). LŒFFLER).
Spirochæte d'Obermaïer (Srrrz, en 1879, trouva quelques spirilles dans le sang d’un fœtus dont la mère était atteinte de typhus récurrent. Obs. semblable d’ALBRECHT, 1884).
Agent pathogène de la rage (Perroncrro et Carira, en 1887, on! conslalé, à l'aide de l’expérimentation, le passage au fœtus dans l'espèce humaine).
Hématozoaire du paludisme (Bouzian, 1892).
Ainsi la transmission placentaire est possible pour la plupart des germes pathogènes, non seulement chez les animaux de laboratoire, mais encore chez l'homme ; il faut observer toutefois que le passage au fœtus n'a pas lieu forcément, et même qu'il n’est pas facile ; si le placenta ne peut plus être considéré comme un filtre parfait ainsi qu'on le croyait autrefois, 2/ protège néanmoins le fœtus d'une manière très efficace contre l'infection; tout démontre qu’il arrête la plus grande partie des microbes, alors méme qu'il se montre perméable, de sorte que le fœtus, ou bien n'est pas infecté du tout, ou bien reçoit un nombre restreint de germes.
Peut-on aller plus loin et préciser les conditions qui règlent le passage des bactéries ? Les connaissances sur ce point sont encore bien vagues.
La nécessité d'une infection sanguine de la mère est évidente ; mais de plus, les observations montrent que dans les cas positifs de transmission placentaire, celte infection était entense, abondante, qu’elle constituait une véritable septicémie.
Le placenta n’a pas été étudié dans tous les cas; deux opinions sont en présence ; pour les uns, l’infection fœtale suppose nécessairement des lésions placentaires ; pour les autres, le passage est possible avec un placenta histologiquement normal ; la solution complète du problème éclairerait d’une vive lumière toute la question de l’hérédo-contagion, mais actuellement les faits sont trop mal connus pour qu’on puisse se faire une opinion; divers auteurs ont vu neltement des altérations du placenta,
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lésions hémorragiques banales (Mazvoz) ou lésions spécifiques; d’autres n’ont absolument rien trouvé ; ainsi Saprazës et CHan- BRELENT Ont minutieusement examiné au microscope des placentas de lapines infectées par le streptocoque et ayant transmis le germe au fœtus; ces placentas étaient histologiquement sains. De même Ausser, dans ses recherches sur le charbon bactéridien, a eu 28 fœtus de 10 femelles inoculées (lapins, cobayes, souris, chèvre) ; 19 fœtus étaient infectés ; dans aucun cas, il n’a trouvé de lésions microscopiques.
Il est infiniment probable que les deux théories renferment chacune une part de la vérité et que tout dépend: 1° de la maladie en cause ; 2° de l’espèce animale considérée. Les recherches futures préciseront sans doute tous ces points ; mais dès maintenant les obscurités de la question sont en grande partie dissipées par les admirables travaux de M. Marmas Duvar (424, 125, 132) sur l'histologie du placenta, travaux qui d’une part facilitent considérablement l'étude des lésions, puisque l’état normal est connu chez les rongeurs et les carnassiers dans ses plus minutieux détails, et d'autre part font comprendre pourquoi les résultats obtenus pour une espèce animale ne sont pas applicables à une autre espèce.
« Hn'y a pas dans la série des mammifères, dit M. Maruras Duvar, un seul et même type structural du placenta, il y a des types très différents réunis par des formes de transition... Un des points essentiels à examiner dans la question du passage de la mère au fœtus, c'est la nature et la disposition des tissus qui séparent le sang maternel du sang fœtal. À cet égard, les dispositions sont absolument différentes dans le placenta de tel animal comparativement au placenta de tel autre: bien plus, elles sont différentes pour un même animal, selon qu’il s'agit de la première ou de la seconde moitié de la gestation. »
Voici, brièvement résumées, les données les plus importantes qui résultent des méthodiques recherches de M. Mathias Duval :
4° Chez le lapin. — Au 7° jour, on observe un épaississement considérable de la muqueuse utérine, qui forme, par hypertrophie du chorion, et par invaginations en forme de glandes de la couche épithéliale, des saillies volumineuses (cotylédons maternels); dans la partie sous-‘pithéliale du chorion,
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les capillaires ont une simple paroi endothéliale ; dans la partie profonde, l’'endothélium est doublé extérieurement de plusieurs assises de cellules globuleuses.
Au 9° jour, une lame ectoplacentaire fournie par le blastoderme est venue s'appliquer au niveau des cotylédons, dont l'épithélium disparaît à ce moment. Cette lame ectoplacentaire offre deux couches : une couche superficielle ou couche plasmodiale, formée par de nombreuses assises de cellules, confondues du côté des cotylédons en une masse protoplasmique nucléée, eLune couche profonde formée par une couche cellulaire unique située du côté de la fente pleuropérilonéale.
La substance plasmodiale prolifère dans l'intérieur des culs-de-sac glandulaires des cotylédons maternels, les remplit complètement et pénètre le chorion de manière à entourer ses capillaires superficiels, et à se prolonger le long des vaisseaux dans la direction de l’utérus. Bientôt les capillaires superficiels des cotylédons sont investis complètement par les poussées de la couche plasmodiale, leur paroi endothéliale disparaît, et ils sont réduits à l’état de lacunes creusées dans le tissu ectoplacentaire. Au contraire, dans la profondeur, les parois des vaisseaux ou sinus utérins continuent à êlre formées, outre l’endothélium, de plusieurs assises de cellules maternelles, et celles-ci sont devenues vésiculeuses (cellules vésiculeuses vaso-adventices).
Telle est la période de formation ; l'évolution ultérieure, résultant de l’arrivée des vaisseaux fœtaux, va consister en un remaniement particulier terminé par un travail d'achèvement.
Période de remaniement. À. Dans la région des sinus utérins, rien de bien spécial : la paroi adventice des sinus devient seulement de plus en plus épaisse, de sorte qu'ils se touchent presque.
B. Dans la région intermédiaire entre la précédente et l’ectoplacenta, les vaisseaux sont envahis par une couche plasmodiale venant se substituer à leur endothélium primitif.
C. Dans l'ectoplacenta pénètrent des cloisons mésodermiques apportant les vaisseaux fœætaux allantoïdiens; ces cloisons se disposent parallèlement aux lacunes sanguimaternelles, limitant ainsi une série decolonnesectoplacentaires situées à côté l’une de l’autre comme autant de lobes : dans l’axe de chacune d'elles, les lacunes sanguimaternelles se fusionnent en une large cavité unique, à parois constituées par plusieurs couches plasmodiales.
Donc à ce moment (12° jour) les deux sangs maternel et fœtal sont séparés par l’endothélium des capillaires fœtauæ, plus le mésoderme qui les enveloppe, plus la paroi épithéliale ectodermique épaisse des sinus sanguimaternels.
Ces dispositions ne tardent pas à se simplifier : les colonnes ectoplacentaires se segmentent en éubes par pénétration de lames mésodermiques vasculaires émanées des cloisons intercolonnaires, et par végétations plasmodiales cloisonnant la cavité des sinus sanguimaternels, puis les tubes se subdivisent en canalicules par cloisonnement intérieur; le mésoderme ne pénètre pas entre les canalicules ; ceux-ci sont séparés uniquement par des capillaires. La transformation des lobes colonnaires en complexus tubulaires, puis en complexus canaliculaires, a donc eu pour résultat de faire circuler le sang maternel dans des canaux de plus en plus étroits mis directement au contact des capillaires fœtaux sans interposition d'éléments mésodermiques ; ces canaux ont des parois réduites à une lame protoplasmique uniforme semée de noyaux. Autrement dit, les deux sangs sont séparés alors par deux couches, l'endothélium des capillaires fœlaux et une lame plasmodiale mince.
Les choses n’en restent pas là ; à la fin de la gestation, du 25° au 30° jour,