D.— L'ORIGINE CONGÉNITALE DE LA T. EST POSSIBLE, MAIS NON DÉMONTRÉE
Cas de Demne — 1: cas (1880) (81). — Fillette de 25 jours, née d’une mère phtisique et d’un père bien portant : à l’autopsie on trouve au milieu du lobe droit du cervelet une tumeur ovoïde molle formée en grande partie par un tub. solitaire caséeux (vérification histologique). Pas de tub. ailleurs : ganglions bronchiques tuméfiés légèrement, mais non caséeux.
2° et 3° cas (1883) (83). — Au Congrès de Fribourg, DEuxe fait mention d'une phtisie intestinale terminée par la mort chez un enfant de 21 jours et d’une phtisie pulmonaire également mortelle chez un enfant de 29 jours. Dans les deux cas, au dire de BAUMGARTIN (8), les B. furent trouvés.
DEMXE pense que l’origine héréditaire de ces T. est très vraisemblable, mais non démontrée : à la rigueur, selon lui, il peut s'agir d’une infection post-partum.
BAUMGARTEN (174) considère au contraire qu'il s’agit sûrement d’une T. héréditaire, car, d’après ce que nous savons de l’évolution de la T., en un espace de temps si court, il aurait pu se former au plus de petits tub. miliaires, mais non de gros noyaux, et a fortiori pas d’ulcérations ni de cavernes.
Cas de Csokor (1885) (87). — Il s’agit d’un cas qui a été l’objet d’une communication orale à Johne et qui est publié par ce dernier. Csokor a trouvé chez un veau de trois semaines des noyaux tuberculeux avec bacilles.
= BAUMGARTEN range cette observation parmi les cas de T. congénitale.
Jonne fait observer que l’origine extra-utérine de celte T.est parfaitement possible.
Cas de Adam (1886) (88). — Chez trois veaux âgés de trois semaines, l’auteur a trouvé une 7. rénale avancée.
Cas de Arloing (1888) (91). — Deux cobayes femelles sont inoculées dans le tissu sous-cutané avec du suc de ganglions scrofuleux. Dix jours après, elles mettent au monde chacune 2 petits : l’un d'eux succombe prématurément; les 3 autres sont conservés pendant 2 mois.
On sacrifie mères et petits : les premières offrent de la T. généralisée. Parmi les seconds, un sujet présente deux petites masses tuberculeuses dans le poumon : aucun ganglion lymphatique n’est tuméfié.
« Si l’on tient compte que les jeunes cobayes naissent presque adolescents et que l'allaitement joue un rôle effacé dans leur nourriture, qu'aucun ganglion n’était tuberculeux, on en conclura qu’un animal sur #4 a reçu le germe tuberculeux pendant la vie intra-utérine. »
Cette conclusion ne s'impose pas ; le jeune cobaye a vécu deux mois avec les femelles inoculées sous la peau, présentant par suite, selon toute vraisemblance, des ulcères suppurants riches en B. Une infection extra-utérine n’a-t-elle pas pu se produire? De plus il n’est pas spécifié que dans les deux petites masses pulmonaires on ait cherché les B. Était-ce vraiment de la T. ?
Casde Galtier (1888) (9). — On peut rapprocher du cas de Arloing une expérience toute semblable faite par Galtier en 1879, rapportée par lui au premier Congrès de la T. Une lapine pleine est tuberculisée 15 jours avant la mise bas: les petits sont laissés au contact de la mère et nourris par elle ; on constate la T. de 3 des petits sur 5.
Cas de Lesage et Pascal (1892) (327). — En 1887 nait dans le service de M. Porack un enfant d’une mère atteinte de T. pulmonaire; la mère meurt 20 jours après l’accouchement de T. généralisée. Le placenta, examiné avec soin, ne paraissait pas tuberculeux; il n’y avait pas de B. dans l’examen microscopique du raclage.
L'enfant ne présente rien à la naissance, mais le 11° jour se développe dans laine un ganglion, qui, à la mort de l’enfant survenue le 17e jour, montre un petit foyer tuberculeux avec recherche des B. positive, et inoculation au cobaye également positive. Les viscères n'avaient pas de T. L’ombilic et la région fessière ne présentaient pas de lésions cutanées.
L'origine congénitale de cette adénite survenue quelques jours après la naissance est très probable. Peut-être aussi s’agissait-il d’une infection post-partum par la plaie ombilicale, le peu de jours que l'enfant a vécu n'ayant pas laissé à la T. le temps de constituer à la porte d’entrée une lésion macroscopiquement appréciable.
Cas de Bayersdôrfer 1895). — Bayersdürfer {1) a publié en 1895 deux cas de T. chez des veaux âgés de 14 et 21 jours: dans les deux cas on trouve des B.
(1) BayerspôRrer, Bemerkenswerthe Befunde im Schlachthof zu Karlsruhe im Jahre 1895. Résumé in Zeitschrift f. Fleisch u. Milchhygiene, Juni 1895, p. 171, d’après (?) le n° 30 de la Deutsche Thierärtzliche Woch. de 1896. — Cette indication est erronée. ; ES
Cas de Lohofîf (1897) (102 bis). — A l’autopsie d’un veau d'environ 3 semaines, bien nourri, les ganglions du hile du foie sont hypertrophiés el parsemés de dépôts grisâtres gros comme une tête d'épingle ; dans le parenchyme hépatique, grand nombre de nodules gris blanc atteignent la grosseur d’un pois, la plupart sous-capsulaires.
Poumons sains. Les ganglions du médiastin ont le même aspect que les ganglions hépatiques.
Dans la paroi du ventricule gauche, nodule jaunâtre du volume d’une noisette.
Le rein droit renferme un noyau grisâtre du volume d’un pois, situé superficiellement ; les ganglions correspondants sont lésés comme ceux du foie.
Plèvres et péritoine sans T. (à l'exception d’une petite granulation du péritoine diaphragmatique).
Les ganglions axillaires, inguinaux et poplités des deux côtés, sont absolument normaux; il en est de même pour les ganglions internes (sauf les ganglions déjà signalés plus haut comme étant malades; de plus, un ganglion de la paroi thoracique antérieure, situé à l’entrée de la cavité thoracique, renfermait un tub.).
Des B. furent trouvés dans ces diverses lésions.
L'auteur fait suivre son observation des réflexions suivantes : 4° Bien que le B. ait circulé certainement dans le torrent sanguin, puisqu'il a colonisé dans le cœur et dans le rein, les six ganglions externes examinés étaient indemnes de T.; 2 l'infection ganglionnaire s'explique pour chacun des groupes intéressés par la tuberculisation du viscère correspondant; les ganglions hépatiques ont été pris après le foie, les ganglions médiastinaux après le cœur et le foie, les ganglions rénaux après le rein.
Le cas de Lonorr ne peut être considéré comme certainement congénital : sans doute il y avait des lésions tuberculeuses multiples, mais aucune de celles-ci n’était très avancée (on n’a pas trouvé de foyer caséeux, ni calcifié) et d'autre part l’âge du veau a été apprécié au jugé. L'origine intra-utérine de l’infection bacillaire, très probable, n’est pas absolument démontrée.