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mourut de T.; toute sa descendance succomba peu à peu à la T. Une autre ferme reçut un coq et deux poules du même éleveur qui avait fourni le précédent, et là encore on vit succomber tuberculeux non seulement les animaux achetés, mais encore tous les poulets auxquels ils donnèrent naissance; ils mouraient absolument de la même manière que ceux de la première ferme.
Sibley (1890) (421) rapporte l’histoire d’une basse-cour décimée par la T. aviaire dans des conditions telles que là cause de la maladie semble avoir été certainement une transmission héréditaire. I s'agit d’une ferme située dans une région où la T. des volailles était absolument inconnue ; les poules de cette ferme vivaient dans les meilleures conditions hygiéniques.
La T.se manifesta à la suite de l’achat d’un lot important de poules, et depuis elle persista dans la ferme pendant plusieurs années ; elle semble s'être limitée à certaines couvées, d’autres couvées, élevées côte à côte avec les premières dans les mêmes locaux, restant indemnes ; ni les pigeons de la ferme, ni les moineaux qui venaient y picorer ne furent jamais trouvés tuberculeux, et cependant ces oiseaux furent surveillés et étudiés à ce point de vue pendant 6 ou 7 ans.
Pour se débarrasser de la T., on prit soin de sacrifier toutes les poules qui tombaient malades : cela ne suffit pas à enrayer l'épidémie : par moments; pendant de longs mois, on croyait en avoir triomphé,aucun cas ne se produisait, puis tout à coup, à l’époque où les poussins devenaient adultes, ils tombaient malades un à un, s’émaciaient et mouraient.
La ferme a perdu ainsi en plusieurs années 60 poules et 4 coqs.
Ce qui montre bien le rôle joué par l’hérédité dans la propagation de cette T., c’est que des œufs à couver furent échangés avec ceux d’une ferme des environs ; on vit alors cette deuxième ferme, qui jusqu'ici était indemne de T., perdre plusieurs poules de la maladie ; là encore les symptômes apparaissaient quand l'oiseau arrivait à l’âge de 2 ou 3 ans, el comme dans la ferme originelle, la maladiese montrait presque uniquement chez les femelles.
Recherches de Maffucci sur l’'inoculation de la T. à des œufs de poule (420 et 30). — Marruccr a fait de 1889 à 1894 plus de 1000 expériences sur ce sujet : il a inoculé des cultures de T. humaine et de T. aviaire dans le blanc d'œufs de poule fécondés; puis il a mis ces œufs à la couveuse. Dans ces conditions les microbes se cultivent fort bien et üls infectent l'embryon à partir du 10°, 14° jour de la couvaison (1). C'est-à-dire qu’ils parviennent à l'embryon par les vaisseaux de la circulation allantoïdienne, et non, comme le pensait Marrucci tout d’abord, par l’aire vasculaire.
Les résultats les plus intéressants ont été obtenus avec les cultures de T. aviaire : plusieurs cas peuvent se présenter :
1° L’œuf inoculé ne se développe pas ;
20 L’œuf éclôt et donne naissance à des poulets en apparence bien portants ; en laissant vivre ces poulets, on les voit au bout d’un certain temps tomber malades et mourir, et à l’autopsie on constate des tubercules avec bacilles, situés principalement dans le foie, accessoirement dans les poumons: par conséquent le B. de la T. aviaire est resté, sans être détruit, dans le corps de l’embryon, il a permis le développement de celui-ci et n’a manifesté que plus tard ses etfets nuisibles (les poulets ainsi tuberculisés sont morts de 20 jours à 5 mois après l’éclosion) ;
(1) A partir de ce moment, ils se rencontrent dans le sang, le foie, la bile, alors même que l’inoculation a élé faite seulement six heures auparavant,
3° Dans une autre série de faits, les poulets naissent chétifs, cachectiques et finissent par mourir sans présenter de tubercules ni de bacilles dans les organes. Comme on obtient le même résultat en injectant dans les œufs des cultures stérilisées de T. aviaire, il faut admettre que les embryons ont détruit les B. virulents inoculés et qu’ils ont subi l’influence cachectisante des B. morts résorbés;
4° Les poulets peuvent enfin friompher après la naissance, de l’état marasmatique déterminé par la dissolution dans leurs humeurs des cadavres bacillaires.
Il faut remarquer que jamais Marruccr n’a observé de tub. chezles poulets quimouraientdansles19 premiers jours après l’éclosion: d’où cette conclusion que les tissus embryonnaires, lorsqu’ils ne détruisent pas les germes, ne les laissent pas se développer immédiatement, ils les conservent viables, et leur développement a lieu plus tard, au cours de la vie du jeune poulet ; on peut même dire que non seulement les tissus de l'embryon, mais aussi pendant quelques temps ceux des jeunes poulets, s'opposent au développement des germes, puisque chez les poules inoculées dans jies veines, on peut trouver au bout de cinq jours des tub. dans le foie, alors que chez les poulets inoculés pendant la couvaison avec la même dose de cultures, les tub. n’existent au plus tôt que 20 jours après l’éclosion.
D’autre part, l'apparition des tub. tardifs n’a eu lieu qu’à la suite d’injection de fortes doses de culture : quand la dose était minime, les tub. n’apparaissaient pas, ce qui montre bien, dit Maffucci, que le sang et les tissus embryonnaires ont, chez le poulet, la force suffisante pour détruire le virus.
En résumé, d’après Marrucai, l’inoculation du blanc d’un œuf fécondé avec de la T.aviaire peut être suivie, soif de la mort de l'embryon, soit de la destruction des bacilles par les tissus de l'embryon, celuici résistant ou non à l'influence nocive des bacilles résorbés, soit du développement tardif, plusieurs semaines après l’éclosion, de tubercules avec bacilles.
Expériences de Baumgarten et Raccuglia (1892) (174). —Le15 juillet 1890, inoculation de 12 œufs de poule fécondés avec une culture pure de T. aviaire dans la couche la plus externe du blanc.
Une partie des œufs se putréfièrent malgré toutes les précautions minutieuses qui avaient été prises; ces expériences sont très difficiles à réussir à cause des très grands dangers que présente pour l’œuf une infection surajoutée. |
Seuls deux poulets sortirent de l’œuf, bien portants, quoique délicats ; ils furent élevés à l’abri de toute infection tuberculeuse.
4° L'un mourut 5 mois après l’inoculation, donc âgé de #4 mois; T. ancienne étendue du péritoine, T. hépatique à peu près du même âge, et T. plus récente de la rate et des poumons. La muqueuse intestinale est saine.
2° Le deuxième poulet mourut 15 jours plus tard, à # mois 1/2: il avait une T. récente du foie et de la rate (rien aux poumons ni à l'intestin). Ces tub. ne pouvaient guère avoir plus d’une semaine et ne dataient CHR pas de l’époque de la naissance.
L'expérience de, BAUMGARTEN confirme celles de Maffucci; dans les deux cas s’est trouvée réalisée une 7, congénitale sans lésions par conta-
gion fœtale ; mais tandis que Marrucer a vu apparaître lestub. 20 jours après l’éclosion, BAUMGARTEN aurait observé une T. héréditaire primitivement occulte, n’arrivant à constituer des lésions que 4 mois après l'éclosion! Et de ce fait uniqué, dans l’obs. duquel s’est peut-être glissée une cause d’erreur (infection accidentelle du poulet), il tire des conclusions générales applicables à l'évolution dela T. fœtale humaine !!
Cas de Stéphen Artault de Vevey (1895) (122). — En inoculant à des lapins Sous la peau du contenu d'œufs de poule altérés (étiquetés pourris rouges par les mireurs des Halles), l'auteur a obtenu dans deux cas une T. d’inoculation. 11 n’est point douteux que ces œufs n’aient été contaminés dans lPoviducte.