FORMES DE LA T. INFANTILE
Si vraiment la T. infantile a son origine dans une infection ovulaire ou fœtale, elle doit sans doute affecter des localisations spéciales, autres que dans le cas d’une contamination post partum. I] est arrivé pour cette question ce que nous avons déjà vu se produire pour la fréquence de la T. suivant l’âge : Les partisans de l’hérédité, se bornant à une étude superficielle, ont cru trouver dans les résultats acquis un argument en faveur de leur hypothèse. C’est ainsi que Gozpscaminr à rapporté à une hérédité bacillaire deux T. infantiles à l’autopsie desquelles il avait trouvé des foyers tuberculeux situés à l'endroit où la veine ombilicale arrive au foie ; j'ai donné (p. 106) les raisons Hi lesquelles cette opinion être repoussée.
Dans quelques autopsies d’enfantsathrepsiques, Birca-HirscHreLo (186) a rencontré en plus de tub. pulmonaires discrètement dis-
séminés, de la T. du foie développée à un haut degré {notam-
ment sous la forme, qui autrement est rare dans cet organe, de gros tubercules conglomérés), avec intégrité de l'intestin et des ganglions mésentériques ; il tend à rattacher ces cas à l’hérédité, tout en ajoutant que la possibilité d'une infection extra-utérine
ne peut être éliminée complètement. Comme Birch-Hirschfeld ne s'explique pas sur l’état exact des tub. pulmonaires concomitants, il est impossible de savoir si c'étaient des productions récentes ou anciennes, évidemment secondaires à la T. hépatique, ou au contraire antérieures à celle-ci. Dans la première alternative, l’origine héréditaire de l'infection tuberculeuse serait certaine, mais de tels faits sont absolument exceptionnels.
« D'autre part, écrit M. Kerscn (34, p. 319), comment ne pas ètre surpris de constater que laT. infantile recherche précisément les organes qui sont envahis dans la T. congénitale, clinique ou expérimentale, c’est-à-dire les ganglions lymphatiques, le système osseux et les organes abdominaux? Cette similitude entre les localisations congénitales et post-congénitales
-ne mérite-t-elle pas de fixer l'attention ? » Il sera répondu plus
loin à ces questions (1); je renvoie également aux chapitres suivants pour tout ce qui concerne l'étude étiologique de la T. infantile : celle-ci est trop importante et trop complexe pour être traitée incidemment ; elle mérite qu’on s’y arrête longuement.
Nous verrons alors que ces T. d’allure congénitale n’ont paru telles que parce qu’elles étaient insuffisamment connues, et que, par suite, l’argumentation des non-contagionnistes, loin d'emporter la conviction, se retourne contre eux; nous verrons que les localisations de la T. infantile établissent formellement que chez les rejetons de phtisiques les B. sont d’origine extrautérine.
Il est cependant impossible d'abandonner ici la question de la T. infantile sans insister sur sa rareté et sur sa signification dans les premiers mois de l'existence.