‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 65 sur 113 · AA CHA · texte numérisé non relu

AA CHA

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Coup ; l'enquête que j'ai faite sur l’état de santé de la mère de l'enfant a montré qu'elle était la vraie. ;

Voici les renseignements obtenus soit à l'hôpital où elle est morte, soit dans la maison où ele habitait depuis un an, en interrogeant ses voisins et l’homme qui vivait avec elle.

- C'était une femme de 26 ans, n'ayant jamais été à l'hôpital, vivant depuis plusieurs années dans la plus noire misère. D’après le témoignage unanime des voisins et de son ami, cette femme ne toussait, Jemais, crachait encore moins et n'avait jamais eu d’hémoptysies. Jusqu'au dernier moment elle a toujours travaillé, mais elle avait mauvaise mine, était maigre et se plaignait constamment de mal digérer. D'ailleurs elle mangeait Comme elle pouvait et pas tous les jours.

Au terme de sa grossesse, elle entre chéz une sage-femme, y accouche et sort au bout des «9 jours réglementaires »; cette fois elle est sérieusement malade, elle né tousse toujours pas, mais elle se plaint du ventre, vomit et se traîne littéralement.

A là fin, n’y tenant plus, elle se fait recevoir à l’hôpital Tenon ae un service de médecine ; on lui trouve alors un abcès pelvien énorme qui nécessite une intervention immédiate ; l’abcès est ouvert par la voie abdominale et il s'écoule une grande quantité de pus phlegmoneux franc: le lendemain de l'intervention, la malade succombe, à semaines ue l'accouchement.

L'’autopsie n’a pas été faite et l’interne du service n’a pu affirmer d’une façon positive que la malade ne fût pas tuberculeuse. Elle n’a passé en tout que cinq jours à l'hôpital, la complication pelvienne puerpérale dominait la scène, aucun signe ne faisait penser à la T. {en particulier le crachoir est resté vide tout le temps de son séjour à l'hôpital). Comme l’examen microscopique n’a pas-eu lieu, aucune conclusion ferme n’est permise. Néanmoins les renseignements obtenus de tous côtés, concordent pour montrer que celte femme n'était certainement pas une phtisique. Elle est morte des suites d’une affection puerpérale qu’elle a contractée chez la sage-femme.

Quant au père de l'enfant, il ne paraissait pas tuberculeux.

En résumé, nous ne sommes pas matériellement sûrs que nous ayons eu affaire à un cas précoce de T. acquise, mais nous avons toutes les raisons du monde pour penser qu’il en est bien ainsi.

Où l’enf. a-t-il inhalé les. B.? On ne saurait le dire. Chez la sagefemme (que malheureusement je n'ai pas retrouvée), dans la maison, maternelle (commune à ses parents et à un grand nombre d’autres malheureux), à l'hôpital ft enf. a séjourné cinq jours dans un service

d'adultes) ?

Ajoutons pour terminer que l'évolution de cette T. à marche rapide, terminée par de la granulie, a été presque complètement apyrétique, sauf pendant quelques jours.

Notre observation montre donc combien .graves et terribles dans leur marche peuvent être les lésions tuberculeuses développées en moins de trois mois chez un tout jeune enfant. Leur rapide évolution a certainement été favorisée par l’état de misère physiologique où était l'enfant à sa naissance ; quoique né à terme, il était dès le début extrêmement chétif, au dire de tous ceux qui l’ont vu, donc dans d’excellentes conditions pour cultiver les infections de toutes sortes, aux prises avec lesquelles il se serait trouvé.

Il faut soulever enfin l’hypothèse"d’une T. génitale de la mère, utérine et salpingienne.

Le fait que la grossesse a été menée à terme sans douleurs, que cette femme n’a jamais été soignée auparavant pour une maladie de matrice, que le début des accidents a été nettement postérieur à l'accouchement, que l’abcès pelvien ouvert chirurgicalement avait tous les caractères habituels des abcès puerpéraux, tout cela permet d’écarter cette idée.

Dans une troisième série se rangent des observations de T. précoce où, en dépit des antécédents et du jeune âge de l’enfant, la forme anatomique de la maladie démontre avec une quasicertitude l'apport bacillaire par les voies aériennes. Nous y trouvons en effet la même forme de T. d’inhalation, qui sera décrite plus loin et dont la signification étiologique sera discutée à ce moment. Néanmoins, étant donné l'âge, on peut, dans quelques-uns de ces cas, se rattacher à l'hypothèse d’une infection congénitale se réalisant au moment même de l’accouchement (?).

OBSERVATION 5 (Parrot) (189).

Résumée.

Tuberculose d'inhalation chez un enfant de 2 mois et dem (noyau caséeux solitaire du poumon avec adénopathie similaire). — Mort par généralisation tuberculeuse.

Va... (Charles), 2 mois 1/2, à l'hospice des Enfants-Assistés depuis une diaine de jours.

Autopsie. — Le lobe supérieur du poumon droit contient un tubercule gros comme une noïselte, caséeux et ramolli au centre; au hile de ce poumon existe un gros ganglion caséifié; plusieurs des ganglions trachéaux sont ramollis et suppurés.

Les poumons sont criblés de granulations grises et de tubercules miliaires jaunâtres, saillant au milieu d’un parenchyme aéré et insufflable dans toute son étendue.

Méningite tuberculeuse.

Granulie hépatique, rénale, splénique.

Sur la muqueuse intestinale, on voit saillir de petits tubercules jaunes, ombiliqués, quelques-uns déjà ulcérés. Les ganglions du mésentère étaient gros et infiltrés de granulations.

Tuberculose récente des ganglions de l'aine et du cou.

OBSERVATION 6 (Queyrar) (184).

Résumée.

Enfant mort à trois mois et quelques jours : Père phtisique : mére très bien portante.

A l’autopsie, méningite tuberculeuse, granulie pulmonaire, hépatique, rénale, splénique, myocardique ; petites ulcérations sur toute l’étendue de l'intestin grêle.

« Sur Le bord post. du poumon droit se voit un gros tubercule caséeux gros Comme une noîselte : les ganglions trachéo-bronchiques droits sont très hyper trophiés, durs et blanchâtres à la coupe. »

OBSERVATION ‘7 (Laxpouzy) (187).

Résumée.

Enfant de deux mois, à antécédents héréditaires tuberculeux. A l’autopsie, granulie pulmonaire, hépatique , splénique. Tub. sous-muqueux et petites ulcérations dans l'intestin.

A la partie inf. du bord post. du poumon droit, nodule à centre caséeuxmou du volume d’un petit marron. Ganglions trachéo-bronchiques caséeux : leur

centre, plus à droite qu’à gauche.

OBSERVATION 7 bis (Lanpouzx) (487).

Petite fille de trois mois à peine, née d’une mère tuherculeuse. A l'autopsie, ganglions médiastinaux volumineux, caséeux en totalité ou bien devenus de véritables abcès à contenu verdâtre, à parois épaisses, tomenteuses.

Dans le tiers inf. du bord post. du lobe inf., noyau de broncho-pneumonie du volume d’un petit marron: au centre de ce noyau, masse caséeuse arrondie du volume d'une noïsette, encerclée d’une zone d’hypérémie avec nodules d'infiltration grise et granulations disséminées.

Granulie hépatique, splénique, rénale, pulmonaire.

OBSERVATION 8 (HErvouET) (283).

B... (Pierre), mort de diphtérie à deux mois et demi. . Au centre du lobe inf. droit, noyau tuberculeux enkysté, du volume d’un grain de chènevis, à centre ramolli et présentant une petite cavité. Sur le bord interne de ce même lobe, noyau irrégulier de caséification entouré de granulations.

Les ganglions bronchiques de la région inférieure sont caséeux et ramollis au centre. Les ganglions trachéaux sont le siège de nombreux noyaux de

ol —

caséification. Entre les premières divisions bronchiques, les ganglions forment une masse du volume d’un œuf de poule : quelques-uns sont en vole de ramollissement. Çà et là, dans le poumon g., petits noyaux tuberculeux.

OBSERVATION 9 (KosseL) (207).

Loeschmann (Amanda), sans antécédents héréditaires tuberculeux (?), morte à trois mois.

Le poumon g. renferme dans son lobe inf. un foyer caséeux gros comme un haricot ; le reste du poumon, comme le poumon droit, est parsemé de nodules submiliaires. Les ganglions bronchiques hypertrophiés renferment des foyers caséeux.

Granulie hépatique, splénique, rénale, de la toile choroïdienne.

Un quatrième groupe comprend des observations avec prédominance marquée des lésions tuberculeuses dans les poumons, sans que la forme des lésions ait par elle-même rien de caractéristique: ces faits s'expliquent aussi bien par une contamination atmosphérique que par une infection congénitale de la dernière heure ou peut-être par une localisation pulmonaire aux dépens d’un foyer plus ancien, héréditaire (?), resté inaperçu dans un ganglion ou dans un os. Ainsi DEmxe [cité par GAERTNER (28), p.134] a trouvé chez une enfant de 11 semaines, née d’une mère tuberculeuse, des cavernes étendues à une base pulmonaire. Leroux (189) rapporte sept observations de ParroT, concernant des enfants du premier âge (au-dessous de 3 mois) morts avec des tubercules pulmonaires très avancés en évolution, le reste de l'organisme offrant des lésions plus récentes.

Enfin un cinquième groupe est constitué par des cas de T. précoce si complexes que, en l'absence de renseignements étiologiques certains permettant d'éliminer la T. des ascendants, on ne peut rejeter l'hypothèse de T. héréditaire: on ne peut pas rejeter davantage celle de contagion post-partum, puisque nous savons avec quelle rapidité et quelle intensité la T. évolue dans le jeune âge : ce sont des observations inutilisables dans une discussion étiologique [cas de Parror (189, obs. II et VI), Berraror 471), Lanpouzy (187, enfant de six semaines ayant une T. surtout nette dans la rate), HuGuEenix (93, carie du rocher et T. intestinale et mésentérique), Marrax (198, granulie), Kosser {207, obs. XII), Gocpscaminr (98, obs. IIT)]. |

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