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annoncés par le savant professeur, tels sont les points qui nous semblent résulter des pages qui précèdent.
Aussi, les disciples de Parrot ne laissent-ils pas d'être étonnés de la tendance universelle à regarder comme vérité patente la localisation médiastine primitive de la T. Si l’on se bornait à parcourir les innombrables travaux publiés de tous côtés sur la T. infantile, on serait bien vite persuadé que la loi des adénopathies similaires est en contradiction flagrante avec la réalité; il faut avoir par devers soi une opinion bien ferme, étayée sur de minutieuses obs. cadavériques, pour oser mettre en doute la théorie classique.
Elle était admise par les anciens auteurs, ce qui n'a pas lieu de nous surprendre, en raison des idées de pathologie générale qui régnaient alors; il est plus surprenant de la voir adoptée par les anatomo-pathologistes modernes.
En France, nous voyons, par exemple, Lecroux (11) affirmer « que la muqueuse, même intacte, des voies respiratoires se laisse pénétrer par les B. tuberculeux suspendus dans les poussières de l’air; la pénétration est d’autant plus facile que les épithéliums des muqueuses de l’enfant sont plus fragiles ; et cette pénétration, loin de former, comme dans les inoculations expérimentales, une lésion tuberculeuse locale, est souvent conduite par la voie lymphatique jusque dans les ganglions ». — P. Simon (199; dans 25 méningites tuberculeuses a rencontré 18 fois, comme foyer d’origine, de la caséification des ganglions bronchiques ; celle-ci était isolée dans 6 cas, il en conclut que dans l'infection tuberculeuse par les voies aériennes, les B. se logent volontiers dans les ganglions sans léser le poumon. — Porn (204) déclare qu’on ne peut pas admettre sans réserve la loi de Parrot. — Ausser (289), publiant une obs. où la T. du médiastin existait sans lésion pulmonaire apparente, ajoute qu'il a rencontré ce fait assez souvent. — Marran (210) pense « que l'affirmation de Parrot, suivant laquelle toutes les fois qu'il y a T. ganglionnaire il existe de la T. des poumons, est inexacte, du moins dans sa généralité, chez l'enfant. Le B. peut en effet traverser les muqueuses sans laisser de traces, et pénétrer directement dans les ganglions ».
La Société pathologique de Londres et celle de New-York (1) ont publié 8 cas, dans lesquels l’adénopathie tuberculeuse primitive fut constatée chez des jeunes enfants. — Warrer Carr (202), sur 120 autopsies d'enfants tuberculeux, en a trouvé 70 où les ganglions étaient presque certainement le foyer primitif de l'infection. — Burpox Sanperson (2) dit aussi « que le B. peut coloniser dans le système lymphatique sans laisser derrière lui aucune trace de son passage à la porte d'entrée ». — Norrarur (285), dans 121 autopsies faites à l'asile des Enfants-Trouvés de New-York, trouve 34 cas trop avancés pour que la lésion primitive puisse être reconnue, 3 cas d'infection primitive des ganglions mésentériques, 20 cas où des ganglions bronchiques caséeux ou crayeux coïncidaient avec des masses caséeuses pulmonaires, et 64 cas où la T. ancienne n'existait que dans les ganglions bronchiques. — Hopexpyr, chez un jeune homme de vingt et un ans, a découvert des ganglions bronchiques crétacés, sans autre tub. dans le corps.
En Allemagne, l'opinion est tout aussi unanime. Weicerr, ZieGLcer, Eicanorsr, ZiEMssex, SrrumPezz, Buwperr, admettent comme une règle la T. primitive des ganglions bronchiques chez l'enfant. — Boruncer, au Congrès de Berlin, déclare que «le B., surtout chez les enfants et les jeunes individus, peut traverser le tissu pulmonaire intact, pour se fixer seulement dans les ganglions intra-thoraciques ». — O0. Murzer (493), élève de Bollinger, considère, d'après les procès-verbaux de 500 autopsies d'enfants, que la porte d'entrée habituelle du B. est le poumon, mais que « les germes traversent les alvéoles sans y créer de lésions et sont conduits dans les ganglions bronchiques ». — D'après Neu- MANN (281), la T. infantile débute généralement par la T. primitive du médiastin. — FLescx (195) dit clairement qu'il a toujours rencontré chez les jeunes enfants des lésions pulmonaires bien plus récentes que celle des ganglions bronchiques, et il attribue en partie cette prédominance de la maladie pour le médiastin, à ce que les ganglions bronchiques sont tuméfiés constamment
(1) Gité par Brraurr (298).
(2) Cité par Walter Carr.
dans la rougeole et dans la coqueluche, ce qui rend la tuberculisation plus facile. — Kemexer (205) soutient la théorie de la T. ganglionnaire médiastine primitive, manifestation de l'apport des germes par les voies aériennes. — Barr (219) pense que presque constamment chez l'enfant, ies B. ne font que traverser les poumons pour aller créer des lésions primitives dans les ganglions trachéo-bronchiques. — D'après Kossez (207), les ganglions bronchiques des enfants en bas âge sont, en général, affectés primitivement et les poumons secondairement. — Spex- GLER (288) est du mêmeavis.— Enfin, Burrersax(218)non seulement soutient la théorie de la T. médiastine primitive amenant « par transport rétrograde » l'infection du poumon, mais il pense que les germes arrivant aux ganglions bronchiques pénètrent par la muqueuse du pharynx et non par les voies pulmonaires.
Quelle que soit l'opinion classique, nous ne saurions considérer la loi de Parrot comme une loi d'exception, il faut tenir compte de la facilité avec laquelle le foyer primitif pulmonaire échappe auxrecherches superficielles, et même quelquefois aux recherches prolongées ; Parrot, Hutinel, Hervouët, ont insisté sur ce point; or la plupart des auteurs qui viennent d'être énumérés se sont contentés des renseignements fournis par des autopsies, bien faites, je l'accorde, mais entreprises sans l'intention formelle de vérifier le point en litige, autopsies qui, par suite, n’ont pas été poussées suffisamment à fond; les résultats négatifs qu’elles ont donnés ne sauraient aller contre les résultats positifs obtenus avec persistance à l’hospice des Enfants-Assistés, d'autant plus que ces derniers sont confirmés par les recherches de Nocarp chez les bovidés. Aussi, à ceux qui viennent affirmer que la T. médiastine est primitive, que le foyer d’origine manque le plus souvent dans le parenchyme pulmonaire, on peut, nous semble-t-il, répondre ceci: « Cherchez-le plus minutieusement, plus longuement, et vous le trouverez presque toujours, ou si vous ne le trouvez pas, c’est que des conditions anatomiques spéciales s'opposent à ce que les investigations puissent être véritablement fructueuses. »
Toutefois, pour que cette thèse soit soutenable, il faudrait que
nous puissions éliminer avec cerlitude la théorie de la T. médiastine occulte qui semble, depuis quelques années, acceptée avec complaisance par le public médical.