‹ De L'Hérédité Parasitaire De La Tuberculose HumaineChapitre 78 sur 113 · TUBERCULOSE D'INHALATION · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE D'INHALATION

(Exposé des faits.)

Nous avons vu que le B. ne pénètre pas dans l’organisme d'une manière indifférente et banale; bien au contraire, quel que soit le mode de contagion, il Jalonne ses élapes, et imprime la trace de son passage au niveau même de la porte d’ entrée, ou tout au moins dans la zone lymphatique avoisinante.

Nous avons vu, d'autre part, que chez l'enfant la loi de l'adénopathie similaire de Parror définit avec exactitude, à peu d’exceptions près, les rapports qui unissent la T. médiastine à l'infection bacillaire du poumon.

Ces deux notions capitales, solidement étayées sur l'expérimentation et sur l'anatomie pathologique, permettent d'aborder avec fruit l'étude de la T. d’inhalation : pour être tout à fait rigoureux, je devrais me borner à l'exposé pur et simple des procès-verbaux d'autopsie, mais j'ai pensé que la lecture des observations serait plus facile, si je donnais à propos de chacune d’elles l'interprétation qui m'a paru la plus légitime.

Parmi les observations que j'ai rassemblées, bon nombre paraissent tout à fait démonstratives, vraiment schématiques ; quelques-unes, moins nettes, laissent place, à la rigueur, pour d’autres hypothèses que celles d’une T. d’inhalation; ce sont les premières que je décrirai tout d’abord; elles éclaireront la signification des cas moins typiques, de même que la connaissance précise d’une maladie fait comprendre la valeur des formes frustes.

Kuss. 19

OBSERVATION 14 (personnelle).

Service de M. HUTINEL.

l'. ancienne : à droite, foyer pulmonaire sous-pleural ramolli; ganglions interbr. droits caséeux-mous ; ganglions médiastinaux, les uns caséeux-durs presque totalement, les autres tuberculeux sans caséification microscopique. T. pleurale. — T'. intestinale et mésentérique récentes par déglutition de B.; T. biliaire au début. Lésions tuberculeuses commençantes dans la rate et dans toute l'étendue des poumons. Mort par méningite suppurée.

Bohl (Louis), n° 4224, âgé de 14 mois, succombe avec des symptômes méningitiques le 3 août 1897.

Autopsie. — Méningite de la base non tuberculeuse, suppurée, avec hydrocéphalie externe, louche, abondante, reconnaissant pour cause, très probablement, une ofite moyenne suppurée.

4° T. thoracique ancienne, caséeuse, dont voici le détail : la plèvre est saine, et le poumon sous-jacent ne renferme pas de foyer ancien ; au contraire, du côté droit, symphyse totale par pleurésie tuberculeuse (épaississement pleural, blane, fibroïde; il est assez facile de décortiquer à la main cette coque pleurale épaisse de 2 millimètres. Les trois lobes sont soudés entre eux. Dans la plèvre épaissie siègent plusieurs petites masses tuberculeuses crues).

À la partie antérieure et inférieure du poumon, foyer tuberculeux gros comme une noisette, formé par une masse caséeuse-dure sous-pleurale, épaisse de 4 millimètres, en dedans de laquelle se trouve une cavité du volume d’un pois, sphérique, remplie de matière caséeuse-molle (très nombreux B.) et limitée par une mince membrane blanchâtre : à cette cavité aboutissait une petite bronche.

Les ganglions interbr. du pédicule pulmonaire dr. sont tous caséeux (ils commencent à se ramollir), tandis que ceux du pédicule g. sont petits, mous et simplement congestionnés.

Les ganglions médiastinaux sont euxaussi tuberculisés, mais leurs lésions sont évidemment moins avancées que celles du foyer pulmonaire et des ganglions interbr.

Les ganglions i. t. br. sont confondus en une masse unique volumineuse, caséeuse-dure en presque totalité (pourtant il y a encore quelques points non caséiliés). ;

Les ganglions p. t. br. gauches ont le même aspect que les précédents, sauf qu’ils sont petits et isolés les uns des autres ; ils se continuent par une chaine latéro-brachéale de petits ganglions mollasses parsemés de tub. sans caséification.

Deux ganglions p. t. br. droits sont volumineux et caséeux-durs en presque totalité : l’un d’eux (volume d’une noisette), situé devant la bifurcation à laquelle il adhère, se continue en bas avec l’i. t. br. ; le deuxième, situé plus haut, est accolé à la trachée.

Derrière eux sont des ganglions tuberculeux, sans caséification macros-

copique, représentant la chaîne sus-bronchique droite continuée par la chaine latéro-trachéale.

Les ganglions phréniques droits, situés au-dessus du hile, sont partiellement caséeux-durs et atteignent le volume de petites noisettes.

2° T. intestinale. Ulcérations tuberculeuses de l'intestin grêle ; tuberculisation récente des ganglions mésentériques.

Foie. 385 gr. Aspect du foie infectieux. T. biliaire au début (vérification histologique). Pas de granulations.

3° T. récente disséminée. Poumons : à g. granulie, à dr. congestion, bronchite muco-purulente, granulée et T. miliaire commencante.

Rate grosse : 45 gr.; dimensions : 72 X #5 X 40. A l’œil nu, T. douteuse

Fig. 3 (Échelle 1/2). — Poumons de Bouc (obs. 14).

Tuberculose d'inhalation.

Outre les altérations tuberculeuses récentes disséminées dans les deux poumons, ceux-ci offrent des lésions anciennes de même nature dont la disposition est caractéristique. A la partie antérieure du poumon droitexiste un gros noyau caséeux à centre puriforme; c’est le foyer primitif. Les ganglions interbronchiques du pédicule pulmonaire droit sont caséeux et commencent à se ramollir, ce sont les ganglions témoins du chancre d’inoculation représenté par le foyer précédent. Les ganglions médiastinaux sont eux aussi tuberculisés, mais leurs lésions sont évidemment moins avancées que celles du foyer pulmonaire et des ganglions interbronchiques, car elles consistent soit en une caséification dure, presque totale, sans ramollissement, soit en une tuberculisation récente. Nul autre point de l'organisme ne présentait d'aussi vieilles lésions.

(les corpuscules de Malpighi paraissent suppurés au centre sur l'étendue d’une pointe d’aiguille). Sur les coupes, on constate de nombreux tub. microscopiques.

Reins dégénérés, sans tub.

Ganglions inguinaux, axillaires, cervicaux, normaux.

AU

OBSERVATION 15 (personnelle).

Service de M. HuTINEL.

T. d'inhalation, pulmonaire, interbronchique, et médiastine. — T. d'ingestion secondaire, amygdalienne et intestinale. Développement considérable de l'adénopathie mésentérique. — Mort par granulie pulmonaire, splénique, hépatique.

Pétran (Hélène), meurt Le 6 février 1896, âgée de 2 ans environ. Autopsie. — Poumons. A gauche, granulie, congestion et bronchite

KT

Fig. 4 (Échelle 3/7). — T. d'inhalation.

Les tub. tout à fait récents ne sont pas représentés.

Foyer primitif formé par une cavernule anfractueuse au niveau d'une adhérence pleurale très ancienne. — Adénopathie similaire, interbronchique et médiastine, remontant vers le cou. — T. amygdalienne, par déglutition de B. venant de la cavernule ; infection cervicale descendante allant à la rencontre de l'infection ascendante

purulente. Les ganglions interbronchiques de ce poumon sont ou bien sains ou bien légèrement granuliques.

Dans le lobe supérieur droit et dans le lobe moyen, granulie discrète et congestion. .

Dans le lobe inférieur droit : 1° carnisation avec bronchite purulente et nombreux tub. miliaires ; 2° caséification de tous les ganglions intra-paren-

chymateux ; 3° à la base, au niveau d’une adhérence pleurale épaisse, dure, blanche, impossible à rompre (preuve certaine de l’ancienneté de la lésion), petite caverne tuberculeuse anfractueuse, communiquant avec de petites cavités voisines, et renfermant non du caséum, mais du pus sanieux; de cette caverne part une bronche manifestement dilatée et tuberculisée.

Médiastin. Les ganglions sont ou bien sains (intertrachéo-br.), ou bien simplement granuliques, ou bien caséeux-mous en totalité (prétrachéo-br. g.), ou bien formés d’un stroma fibroide renfermant des masses caséeuses.

L'adénopathie médiastine remonte très haut, juqu’au niveau du cricoïde ; là les altérations sont moins marquées; plus haut elles redeviennent plus intenses.

Amygdales. Les deux amygdales renferment des lésions tub. visibles à l'œil nu (vérif. histolog.), à droite sous forme d’un foyer caséeux et de petits points purulents, à gauche sous forme de cavités, grosses comme un grain de chènevis, pleines de pus liquide épais.

Intestin grêle. Très nombreuses ulcérations tuberculeuses. Tous les ganglions mésentériques sont notablement hypertrophiés et caséeux pour la plupart; généralement la caséification est partielle : pour quelques-uns cependant elle est totale.

Gros intestin. Dans l’appeudice, 3 petites ulcérations ; dans le cæcum et le côlon petites ulcérations sans grands caractères : tout le long du bord adhérent des mésocôlons ganglions caséeux de petit volume.

Foie. Pas de granulations visibles : il y en a de toutes petites au microscope.

Rate énorme, 100 grammes, 11 X 6,5 X 3. Nombreux petits tub.

Reins. Pas de T. visible à l'œil nu.

Cerveau. Hydrocéphalie légère : pas de méningite. L'enfant était mort avec des phénomènes méningitiques.

Résumé. — Bien évidemment, la marche des lésions à été la suivante : Formation du foyer pulmonaire de la base droite; pleurite à ce niveau; infection concomitante des ganglions interbr. droits, puis des ganglions prétrachéo-br.g.

Ces lésions de la première heure progresssent et s'étendent : les autres ganglions du médiastin se prennent peu à peu, tandis que le foyer primitif, ramolli et suppuré, déverse son contenu chargé de B. dans les voies aériennes ; le pus tuberculeux est dégluti et détermine une T. d’ingestion à la fois amygdalienne et cervicale d’une part, intestinale et mésentérique (ou mésocôlique) d'autre part.

Finalement survient une infection bacillaire du sang, qui amène les germes dans le poumon gauche, la rate, le foie.

. OBSERVATION 16 (personnelle).

Service de M. HurineL.

T. latente, caséeuse, revétant les allures d’une T'. d'inhalation. — Infection tuberculeuse récente des ganglions du cou. — Broncho-pneumonie

rubéolique entraînant la mort sans provoquer de dissémination bacillaire. — Otite moyenne purulente et thrombose du sinus latéral.

Lamôme (Renée), morte à 2 ans 1/2 de broncho-pneumonie rubéolique, 15 jours après l’éruption.

Autopsie. — Broncho-pneumonie pseudo-lobaire bilatérale.

T. thoracique. Tub. pulmonaire unique, gros comme un grain de chènevis, enkysté, totalement caséeux avec un centre ramolli, situé sur la face externe du lobe inf, g ,sous-pleural.

Les ganglions interbr. correspondants sont caséeux-mous, de même que les

NN

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