ETES
pondant, les ganglions intertrachéo-bronchiques et accessoirement un point de la scissure interlobaire.
OBSERVATION 50 (personnelle).
Service de M. A. RoBin.
1’. d'inhalation typique, latente et en voie de quérison chez un jeune homme.
Lecaillou (Émile), âgé de dix-sept ans, meurt d’urémie en octobre 1896.
Autopsie. — T. latente du poumon sans trace d'infection bacillaire dans le reste de l'organisme, le médiastin en particulier est absolument sain.
Cette T. du poumon s’est localisée au lobe inf. droit; on trouve là:
1° À la partie moyenne de la face externe un noyau sous-pleural dur, blanc, entouré d’un cercle noir d’anthracose. Sur les coupes il est bier enkysté et a un centre caséeux-sec; au microscope, on voit qu’il s’agit en effet d’un bloc de matière caséeuse entouré d’une coque fibreuse épaisse légèrement infiltrée d’anthracose, de la périphérie de laquelle partent deux prolongements fibreux qui se perdent rapidement dans le parenchyme pulmonaire.
20 À toute petite distance de ce noyau relativement gros (comme un pois), il y en a deux autres tout petits (grain de millet), sous-pleuraux également, d’un blanc un peu translucide, qui auraient pu être pris pour des granulations récéntes si l’examen histologique n’avait montré qu’il s’agissait de tub. fibro-caséeux (centre caséeux sans cellules géantes, entouré d’une coque fibreuse assez mince autour de laquelle est une bordure compacte d'éléments embryonnaires avec quelques cellules géantes).
3° Le ganglion interbronchique du lobe inf. droit est hypertrophié, dur, parsemé de petits tub. dont l’un, de la grosseur d’un grain de chènevis, est nettement caséeux.
Ajoutons enfin qu’au sommet du poumon droit, il y a du ravivement pleural sans T. appréciable.
Réflexions. — On trouverait difficilement un type plus net de T. d'inhalation, à la base du poumon un vieux tub. caséeux-sec bien enkysté dans une coque fibreuse épaisse, dans son voisinage immédiat deux petits tub. satellites de même âge ou d’âge un peu moins avancé, au niveau du ganglion correspondant des altérations semblables, cela, dans un organisme ne présentant nulle part ailleurs trace de T.; que faut-il de plus pour affirmer l’apport des B. par la voie aérienne, leur colonisation primitive dans le poumon et leur arrêt ultérieur dans. l'appareil lymphatique annexé à ce territoire pulmonaire ?
OBSERVATION 51 (personnelle).
T. d'inhalation guérie par calcification. — Poussée ultérieure de granulie quérie par transformation fibreuse.
Halftermeyer, âgée de cinquante-six ans, meurt d’asystolie.
de —
Autopsie. — En plus des lésions conditionnées par la cardiopathie, T. latente et guérie, pulmonaire et médiastine.
Ganglions intertrachéo-br., noirs, de consistance à peu près normale sauf en plusieurs points où l’on sent des parties très dures : ce sont des zones blanchâtres scléreuses : les ganglions sous-bronchiques gauches sont petits, noirs et mous.
Ganglions p.t. br. droits noirs, durs, scléreux, avec parties pierreuses entourées de zones sclérosées ; les parties pierreuses sont formées de petits grains
Fig. 28 (Échelle 2/17). — Poumons de HALFTERMEYER (obs. 51).
T. d’inhalation ancienne, guérie par calcification, indiquée : 1° par le petit groupe de tub. crétacés situés à la face externe du poumou g., au niveau de la scissure interlobaire; 20 par le ganglion interbr. calcifé; 3° par la calcification des ganglions
p- t. br. droits et latéro-trachéal A.
Ultérieurement, poussée de granulie pulmonaire et prise de possession de divers
ganglions par la T. Cette poussée guérit par sclérose. B représente un ganglion fibreux, et non un nodule pulmonaire.
durs, de la dimension d’une lentille, inséparables des ganglions et noirs comme eux; ils résistent à la calcination; étant calcinés, ils se dissolvent dans HCI avec effervescence.
Un ganglion latéro-trachéal g., situé entre la plèvreet le péricarde, offre les mêmes lésions anthracoso-crétacées.
Ganglions prét. br. gauches petits, noirs, mous.
Ganglions interbr. droits. Normaux, sauf l’un d’eux qui est scléreux en
totalité.
Ganglions interbr. gauches. Deux d’entre eux sont scléreux ; un troisième,
répondant à la bifurcation de la branche mère, est anthracoso-crétacé comme ceux du groupe p. t. br: droit.
Sommets pulmonaires. Plèvre ravinée (avec adhérences filamenteuses anciennes à gauche). Pas de tub.
Au niveau de la face externe du poumon g., à sa partie moyenne, groupe de nodules sous-pleuraux gros comme des grains de chènevis, tous très durs : 2 ou 3 renferment des grains crétacés; les autres sont simplement fibreux. La plèvre recouvrant ce groupe offre une adhérence ancienne, dure.
La surface des deux poumons porte un certain nombre de petits tubercules fibreux semblables aux précédents, irrégulièrement disséminés.
Résumé. — La T. est restée chez cette femme à l’état d’altérations anatomiques minimes, avec tendance marquée vers la guérison. — Les B. apportés par voie aérienne ont déterminé en premier lieu uneT. à la fois pulmonaire, interbr. et médiastine, dont la marche ascendante et progressive était marquée sur le cadavre par des lésions crétacées. Plus tard s’est faite une poussée de granulie pulmonaire terminée par transformation fibreuse des lésions.
T. d'inhalation quérie par calcification.
Fig. 29 (Schéma). — Poumons de PRESLEUR (obs. 52).
A. Noyau sous-pleural anthracoso-crétacé extrèmement dur. — B. Ganglions crétacés en totalité. — C. Noyau sous-pleural scléreux noir. — E. Noyau sous-pleural fibro-caséeux avec pus au centre dans la languette pulmonaire antérieure. — F. Noyau semblable intra-parenchymateux. — H. Ganglions scléreux. — K. Ganglion interlobaire crétacé. — M. Ganglion anthracoso-fibreux.
Presleur (Marie), âgée de 53 ans, rachitique, morte d’un cancer utérin pro-
pagé à la vessie ouverte et infectée et aux ligaments larges. Hydronéphrose double par compression incomplète des uretères.
A l’autopsie, T. d'inhalation guérie par calcification ; le noyau primitif pulmonaire est situé sous la plèvre du lobe moyen : viennent ensuite, dans l’ordre des lésions, les ganglions interbr. correspondants complètement crétacés, les ganglions du médiastin avec les mêmes lésions, enfin les ganglions interlobaire (K) et médiastinal inf. où la T est arrivée par reflux.
Ultérieurement, il s’est fait une ou deux poussées de T. (noyau fibreux du sommet gauche et nodule scléreux sous-pleural du sommet droit — tub. caséo-fibreux E et F).
OBSERVATION 53 (personnelle).
Service de M. A. Romix.
Hémorragie cérébrale occasionnée par une méningite tuberculeuse chez un vieillard dont les artères cérébrales étaient très athéromateuses. — Ganglion crétacé solitaire du mésentère. — Foyer caséeux enkysté du poumon sans adénopathie similaire.
Fig. 30 (Échelle 2/5). — Poumons de Grau (obs. 53).
. Foyer caséeux enkysté sous-pleural chez un individu porteur d’une T. d'ingestion beaucoup plus ancienne.
Giraud (Michel), âgé de 6% ans, apporté à l'hôpital sans aucun renseignement à la suite d’une attaque apoplectique suivie de crises épileptiformes,
mort 3 jours après, Autopsie. — Méningite tuberculeuse de la convexité bilatérale. Rien à la
base. Athérome très marqué des artères cérébrales. Hémorragie cérébrale ayant inondé le ventricule latéral g. et provenant de la corne occipitale (rien au niveau de la capsule interne ct des ganglions centraux).
Sous la plèvre du poumon g., à la partie moyenne de la face externe du lobe inf., foyer caséeux sec et dur, entouré d’une coque fibreuse mince, le tout gros comme une petite noisette. Pas trace de lésion tuberculeuse dans
les ganglions thoraciques.
Dans le mésentère noyau crétacé ganglionnaire du volume d’un pois : à ce niveau l'intestin présente un peu d’épaississement localisé de sa paroi. Nuile part ailleurs trace de T. viscérale ou chirurgicale.
Réflexions. — Deux points de cette obs. sont faciles à interpréter : 1° l'existence de la méningite luberculeuse, subordonnée au foyer caséeux pulmonaire ; 2° l'existence d’une 7. d'ingestion primitive guérie par calcification.
Reste à expliquer l’origine du foyer pulmonaire : Est-il venu par voie sanguine à l’époque où le ganglion mésentérique renfermait encore des B. virulents, ou bien représente-t-il une T. d’inhalation survenue longtemps après la T. d’ingestion et tout à fait en dehors d'elle ? Il n’est pas possible de conclure, puisque nous ne sommes pas en présence ici de la forme habituelle de la T. d’inhalation humaine ; remarquons simplement que la deuxième hypothèse est appuyée sur ce fait, démontré par les obs. suivantes, que l’inhalation bacillaire chez l'adulte peut se caractériser uniquement par des nodules souspleuraux, solitaires ou non.
OBSERVATION 54 (personnelle).
Service de M. A. RoBin.
Tubercule d'inhalation solitaire quéri, sans T. ganglionnaire concomilante.
Dolhin (Auguste), âgé de 64 ans, artério-scléreux et brightique, meurt d’hémorragie cérébrale Le 4 mars 4897.
Autopsie. — Les ganglions du médiastin, disséqués un à un, sont trouvés mous, noirâtres, de volume normal : aucun n’est adhérent, sclérosé, ni crétacé : comme ils ont tous été examinés, une lésion tuberculeuse n’a pu passer inaperçue.
Ganglions interbronchiques : les 2 hiles et les premières divisions bronchiques sont palpés longuement : les cartilages calcifiés des bronches donnent souvent l'illusion de ganglions interbronchiques crétacés, mais il n’en est rien. Les bronches sont toutes ouvertes et leurs interstices pin examinés; il n’y a que des ganglions mous et peu développés.
Les poumons paraissent sains ; je n’y trouve rien d’anormal tout d'abord: