‹ De l'histoire naturelle des Cétacés, &cChapitre 11 sur 48 · IO · texte numérisé non relu

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coniques ou pointus', qui garnissaient lintérieur de la mâchoire supérieure de l'espèce sur laquelle ce genre a été fondé. Le peu de détails dans lesquels entre Baussard sur ces tubercules , dont lui seul a parlé , dans la description qu'on lui doit de deux individus de cette espèce , ne permet guère d’en apprécier la nature , et de leur assigner un rang parmi les caractères zoologiques \ mais, si on en juge par les tubercules moins saillans , et peut-être moins durs , qui s’observent aussi dans la bouche de plusieurs espèces de dauphins , et, entre autres, dans celle du marsouin commun , on n'y verra qu'une modification du derme, et on ne leur attribuera qu’une assez médiocre importance. Si cependant cette particularité organique paraît peu propre à caractériser des genres, il serait possible qu'elle le fut à signaler , à indiquer extérieurement des caractères d'un ordre beaucoup plus élevé , et qui auraient besoin de l’anatomie pour être découverts. C'est ce que des observations plus nombreuses pourront apprendre. Ce qui est certain, c'est qu'elle remplit aujourd'hui ce rôle pour le genre hyperoodon. On verra en effet que la tête osseuse de l'espèce qui a donné lieu à la création de ce genre présente une structure qui la sépare essentiellement de la tête osseuse de toutes les autres espèces de dauphins.

Il nous reste actuellement à examiner la valeur des caractères tirés des formes extérieures de la tête chez les dauphins , lorsque cette partie de leur corps a conservé toute son intégrité , lorsqu'elle présente ses formes et ses proportions naturelles, comme sur l'individu vivant par exemple.

Le premier emploi de ce caractère est dû , je crois , a mon frère, qui s'en servit pour séparer les marsouins des dauphins proprement dits ; les premiers

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se caractérisant par un museau très-court et une tête sphérique, et les seconds par une tête moins bomhée et un museau long. Depuis , nous avons vu MM. de Blainvilie et Desmarets en faire usage pour caractériser leurs delpliinorhynques, et M. Lesson pour caractériser ses glohicéphales.

Il est certain que des diflérences notables dans les formes de la tête annoncent, en général, chez les mammifères, des différences de nature suffisantes pour qu’on soit autorisé à les faire servir ou de fondemens ou de signes à des distinctions génériques. La tête , chez ces animaux , renfermant le cerveau et les organes des sens, ne peut pas éprouver de modifications de quelque profondeur, dans l’une de sesparties,sans qu’elles ne réagissent plus ou moins sur toutes les autres parties, et que les importantes fonctions qui s’y exécutent n’en soient modifiées elles-mêmes. G’est une vérité d’observation inconstestable j et, si elle ne s’explique point encore par des raisons de détails , on voit du moins évidemment qu’il suffirait d’en faire la recherche pour les découvrir.

Ce qui est vrai pour les mammifères terrestres, en général, l’est aussi pour les mammifères cétacés , et conséquemment pour les dauphins -, aussi les genres marsouins et delpliinorhynques ont-ils été adoptés par les naturalistes de tous les pays. Mais , comme nous l’avons dit , pour que les modifications des différentes parties de la tête d’un type donné soient caractéristiques pour des genres, il faut qu’elles aient une certaine étendue, une certaine profondeur, que, jusqu’à présent, l’expérience seule nous enseigne , et qu’il serait bien important de faire reposer sur des raisons physiologiques détaillées. Sans cette étendue , les modifications dont nous parlons ne conduisent point à des groupes génériques , et ceux

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