LES INFINIMENT PETITS
Par leur nombre, par leurs dimensions, par leurs mouvements incalculables et par l’espace illimité dans lequel ils se meuvent, les infiniment grands dépassent nos conceptions, et plus nous les. étudions, plus nous sommes obligés de nous humilier devant l’Etre mystérieux et tout-puissant qui les a créés.
Puisque nous sommes trop petits, et puisque nos facultés sont trop faibles pour embrasser dans nos
connaissances les êtres plus grands que nous, tournons-nous vers les plus petits. Essayons de descendre jusqu’à l'autre bout de l'échelle des êtres, et nous serons encore obligés de confesser notre impuissance.
Trop faibles, trop bornés pour mesurer, ou pour compter seulement les infiniment grands, nous sommes trop grands pour apercevoir et connaître les infiniment petits.
Là encore il y a des êtres innombrables que notre œil ne voit pas, et dont le microscope révèle seul l'existence. Et tous ces êtres dont le nombre est infini sont vivants; mais l’on n’a pu jusqu'ici pénétrer le mystère de leur vie et de leur mort. Ils sont partout, dans l'air que nous respirons, dans l'eau que nous buvons. Notre corps en contient des milliards. Nous nous en nourrissons sans les voir, ni les connaître.
Les uns nous font vivre, et les autres nous fcnt riourir.
Il y a parmi eux des genres et des espèces, qui ont leurs organes et leurs fonctions, et des formes dont la variété est infinie.
Quels sont leurs noms? Et comment la science les distingue-t-elle les uns des autres? Elle ne suffit pas à créer des mots pour nous les faire connaître, et quand nous lui demandons de les compter par milliards, elle nous répond : Comptez plutôt les grains de poussière de nos grandes routes.
Et tous ces mondes merveilleux des infiniment petits ont leurs lois, auxquelles ils obéissent, pour ne pas troubler l'ordre et l'harmonie de la création. Et les savanis qui les étudient sont aussi émerveillés de leurs
beautés que les astronomes qui contemplent les nuits étoilées.
Voulez-vous maintenant descendre de la vie animale à la vie végétale, et vous y observerez des merveilles non moins admirables et non moins mystérieuses. Comme proportion, comme nombre, comme variété, vous serez forcés d'employer toujours la même expression : C’est l'infini! Et vous aurez beau reculer les bornes de vos connaissances et perfectionner les instruments qui suppléent à la faiblesse de vos sens, vous n'arriverez vraisemblablement jamais ni à l’une ni à l’autre extrémité de l'échelle des êtres!
Pour l'œil de la science humaine, la création semble n'avoir pas de frontières. Elle est illimitée en étendue, en hauteur, en profondeur, en nombres et en variétés. Mais elle est ên même temps une œuvre d'art, le chefd'œuvre de tous les arts, dépassant toutes les limites connues de la perfection artistique.
Elle est le modèle de tous les artistes; mais le génie humain, dans ses plus généreux efforts, ne réussit pas à l’égaler.
Elle réunit toutes les forces physiques, toutes les grandeurs les plus idéales, toutes les splendeurs de la lumière que projettent des milliards de soleils, toutes les beautés que l’art peut rêver, toutes les grâces, toutes les harmonies et tous les trésors.
Elle est un miracle de science, de sagesse et de puissance. Sa fécondité est merveilleuse et inépuisable; sa mécanique ne vieillit pas et ne s'use jamais. Sa vie se renouvelle sans cesse et son mouvement est perpétuel.
Quand donc a-t-elle commencé d'exister? Quand et
commènt finira-t-elle? 11 y a des siècles que la science travaille à résoudre ces questions. Mais les solutions qu’elle a trouvées sont loin d’être claires et certaines.
O merveilles de la nature, qui donc vous a créées? Et qui vous a donné les lois mystérieuses auxquelles vous obéissez depuis des millions d'années?
Vous ne pouvez pas me répondre dans ma langue, parce que vous n'avez pas le don de la parole. Mais votre langage est bien plus éloquent et plus puissant que le mien.
Je les entends vos grandes voix qui montent de la mer vers les cieux, et les hymnes symphoniques que le vent chante dans les forêts, et les tonnerres formidables qui descendent des nuages, et tous les chœurs innombrables de la terre et des eaux! Je les entends et je les comprends, toutes les acclamations des êtres créés! C’est le cri de leur reconnaissance à leur Créateur, et c'est son nom qu’elles font entendre à mon oreille : c’est le Seigneur! le Seigneur Dieul