‹ De l'homme à Dieu [microforme]Chapitre 18 sur 54 · DE L'HOMME A D'EU · texte numérisé non relu

DE L'HOMME A D'EU

3° Mes lumièrc. naturelles me disent aussi que l'homme et le mc Je merveilleux qu'il habite sont l'œuvre d’un Dieu, cause première de tout ce qui existe; que ce Dieu est esprit, invisible, tout-puissant, éternel, souverainement sage, bon et juste; et qu'il conserve et soutient son œuvre contre toutes les causes de destruction.

4° L'homme doit à ce Dieu Créateur tout ce qu'il est et tout ce qu'il possède. Il est dans sa dépendance absolue, dans la position d'un serviteur à l'égard de son maître, d’un fils à l'égard de ses père et mère qui lui ont donné le jour.

Cette dépendance lui impos: naturellement des devoirs envers Dieu, et envers les autres hommes parce qu'ils sont ses frères. De là certaines lois morales que sa conscience lui fait connaître.

Telles sont en résumé les données générales de la religion naturelle.

J'y suis arrivé par la méditation et par l'étude, mais plusieurs de ces notions fondamentaies ne me sont. elles pas venues du milieu dans lequel j'ai vécu, de la tradition et de l’enseignement?

Il me serait bien difficile de le nier, et je doute que je fusse arrivé, au moins de façen pleine et certaine, à la connaisse nce de ces vérités fondamentales, si j'avais vécu dans une solitude Join de toute civilisation.

En même temps, je me rends très bien compte que beaucoup d'hommes sans instruction, livrés à leurs seules lumières naturelles, acquerraient difficilement le degré de connaissance que ,'ai résumé plus haut.

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Enfin, il faut avouer que bien des esprits très éclairés, des savants mêmes, après de longues études et de grands travaux, arrivent au scepticisme universel, ei même au matérialisme le plus abject.

On peut donc dire que si les lumières de Ja raison seule sont suffisantes en principe pour arriver à la connaissance de la religion naturelle, elles sont en réalité bien défectueuses chez un grand nombre d’hommes. Nous ne nions pas le pouvoir absolu qu'a la raison humaine de découvrir et de démontrer par ellemême les vérités métaphysiques religieuses et morales de l’ordre naturel. Mais nous nous plaçons surtout à un point de vue historique, et nous constatons que, de fait, les savants et les philosophes, avec leurs seules lumières, et sans le secours de la révélation, se sont montrés incapables de résoudre d’une manière satisfaisante, ie problème de notre vie et de nos destinées.

L'ignorance, les passions, la faiblesse intellectuelle, l’abaissement moral font trop souvent dévier la raison, et font tomber des multitudes d'hommes dans les erreurs les plus grossières.

Il s’en suit qu'il faut reconnaître la faiblesse de la raison humaine, même en ce qui concerne les vérités de l’ordre naturel, mais son impuissance est absolue du moment qu'elle veut s'élever au-dessus de cet ordre naturel et pénétrer dans le domaine des choses surnaturelles.

Ni la philosophie, ni la science ne peuvent nous éclairer sur les mystérieux problèmes de l’Au delà. Les ;:\wvants qui ne croient pas à la révélation confessent l ur impuissance à ce sujet, et reconnaissent avec Littré qu'ils ne sauront jamais un mot de tout cela.

« Pourquoi, dit cet éminent écrivain, vous obstinezvous à vous enquérir d'où vous venez et où vous aller, s'il y a un Créateur intelligent, libre et bon? Vous ne saurez jamais un mot de tout cela. Laissez donc là ces chimères... »

Mais, monsieur le philosophe, pourquoi appelez-vous « chimères » les choses que vous avouez ne pas CORnaître?

il y a tant de choses dans le mond que nous ne connaissons pas et qui sont pourtant des réalités. Et celles que nous connaissor ne sont-elles pas pour la plupart les moins import es?

Au fond elles m'intéressent peu les choses qui doivent prendre fin. Mais si les autres que j'ignore al'aient durer toujours? Et si j'allais durer ave Îles? Si une autre vie allait suivre celle-ci, ne pense: ‘us pas qu'il serait bien important de le savoir?

Car si cette autre vie existe, ce sera évidemment pour punir les méchants et récompenser les bons. Mais qui seront les bons? Et qui seront les méchants?

Qui de vous me convaincra que ce sont vraiment là des chimères? Qui lèvera l'épais rideau qui nous cache les choses de l’autre vie? Quel savant saura nous les révéler?

J'ai interrogé les plus grands esprits et les plus savants. Or, les uns ont vainement cherché la solution du redoutable problème et ils ont fini par douter de notre immortalité.

Les autres y croient fermement; mais quand je leur ai demandé quelle sera cette autre vie qui suivra la mort, ils n’ont pu me répondre ou ils m'ont répondu

par des hypothèses. Nous avons entendu MM. Pétavel, Renouvier, Lambert, Reynaud, Figuier, Fourier. Ecoutons maintenant M. Paul Janet : « La philosophie ne sait rien de cet avenir mystérieux. L'âme contemplera-t-elle la divinité face à face et sans voile?

» S'unira-t-elle à Dieu dans des embrassements ineffables qui surpassent nos conceptions, ou continuerat-elle à s’en rapprocher dans une série d’existences de plus en plus parfaites, heureuses, lumineuses, mais toujours séparées de l'infini par un abîme? Jouira-telle d’un repos absolu, ou se développera-t-elle à l’état de pur esprit, ou reprendra-t-elle des organes plus subtils et plus parfaits? Questions accablantes pour l’esprit, curieuses seulement pour l'imagination, mais impossibles à résoudre et inutiles à soulever; car pourvu que l’homme sache qu'il a une destinée au delà de cette vie, et qu’elle sera bonne s'il l’a méritée, que lui importe le reste? Cela suffit pour la paix, l’espérance et le courage... »

Jouffroy fait le même aveu d’impuissance, et au lieu d’en déduire la nécessité d’un enseignement divin, c’est-à-dire d’une révélation, il en conclut qu'il faut chercher encore et chercher toujours. Et il ajoute : « L'homme est condamné par une loi fatale à faire, au prix de la sueur de son front, la conquête de la vérité religieuse et de la vérité philosophique. »

Ces conclusions des philosophes et des savants ne sont-elles pas désespérantes pour l’homme et injurieuses pour Dieu?

Puisqu’il a mis en nous ce besoin d’une autre vie et cette soif de la connaître dès ici-bas, st puisque notre

intelligence est incapable par elle-même d'en découvrir les mystères, sa bonté infinie lui a fait comme un devoir de nous révéler lui-même le secret de la vie future et les moyens d’y conquérir un bonheur qui ne finira pas.

C'est la science nécessaire, la plus indispensable de toutes les sciences.

Il importe peu que nous connaissions toutes les découvertes de la chimie, de la géologie, de la médecine et de l’astronomie.

Il importe peu que nous pénétrions les mystères de notre vie terrestre, si tout doit finir à la mort.

Mais si la mort n'est pas le néant, et si après quelques années d'existence plus ou moins malheureuses sur la terre, nous devons entrer dans une autre vie qui

n'aura pas de fin, n'est-il pas bien important de s’en assurer et de savoir comment nous pouvons mériter d’être récompensés dans cette autre vie?

Chimères, nous disent de renommés philosophes! Tourments inutiles, puisque nous ne pouvons rien connaître des choses de l’Au delà!

Et pourtant, nous ne pouvons pas oublier que dans tous les temps et chez tous les peuples, on a cru à ces’ chimères-là; que dans la conscience de chacun il y a une voix qui lui crie que Dieu, l’âme immortelle et l'autre vie ne sont pas des chimères. Sans doute, beaucoup font des efforts pour la faire taire cette voix; mais elle domine tous les bruits et toutes les autres voix, et jusqu’à la mort, et surtout à la mort, elle se fait entendre à l'oreille de l’homme.

Ce cri de sa conscience, qu'il ne peut étouffer, ré-

sonne profondément dans l’homme et trouble sa sérénité. C’est pourquoi il interroge tous ceux dont on a vanté le savoir pour apprendre quelles seront ses destinées après sa vie mortelle.

Voix de l'Orient et voix de l'Occident, voix du Septentrion et voix du Midi, voix des Académies et voix des parlements, voix des rois et voix des peuples, voix des philosophes et voix des savants, parlez-moi et enseignez-moi la fin véritable de l’homme (1). Apprenezmoi sa divine origine, quels rapports il doit avoir avec son auteur, quel culte il doit lui rendre et quels devoirs il doit remplir pour acquérir dans l’autre vie un bonheur qui n’aura point de fin.

Vainement ai-je adressé cet appel aux maîtres de la science et de la philosophie; il est resté et il restera sans réponse, parce que l’enseignement demandé est au-dessus de toute la science humaine. Dieu seul peut répondre à ces questions et apprendre à l’homme sa fin surnaturelle et ses immortelles destinées.

Platon, l’un des plus grands génies que l'antiquité ait produit, avait compris cette vérité et il disait : « Les vérités nécessaires à l’homme s’apprennent aisément, si quelqu'un nous les enseigne; mais personne ne nous les apprendra à moins que Dieu ne nous montre la route.

» Il faut attendre que quelqu'un vienne nous ins-

1. Dans l'état actuel de l’humanité, où, évidemment. nous nous plaçons ici, la fin véritable de l’homme est une fin surnaturelle, laquelle diffère essentiellement de la fin narurelle proportionnée aux seules forces et aux seules aspirations de notre nature laissée à elle-même.

truire de la manière dont nous devons nous comporter envers Dieu et envers les hommes. »

Le grand philosophe attendit en vain le divin envoyé qui devait lui apprendre ses devoirs envers Dieu et envers les hommes.

Que d’autres, depuis Platon et Socrate, depuis Cicéron et Sénèque, jusqu'aux philosophes et savants contemporains de France, d'Allemagne et d'Angleterre, ont reconnu leur impuissance à pénétrer les mystères de Dieu, de l’âme humaine et de l’autre vie!

La nature leur a livré bien des secrets en récompense de leurs laborieuses recherches et de leurs grands travaux. Mais c'est en vain qu'ils ont voulu s'élever au-dessus de la nature et pénétrer dans le monde surnaturel.

La porte ouverte sur le ciel, qui est apparue à saint Jean dans ses visions apocalyptiques, est restée fermée à leurs regards. Leurs appels à la science sont restés inutiles; et ils ont été obligés d'admettre que si Dieu lui-même n'a pas révélé aux hommes les mystères de l'ordre surnaturel, la science ne pourra jamais nous les faire connaître.

Mais ici la question change de nature et de terrain. Elle cesse d’être philosophique ou scientifique, et devient historique. Et donc le travail qui nous reste à faire est du domaine de l’histoire.

Est-ce un fait historique incontestable qu’à diverses époques de l’histoire, des hommes sont apparus qui ont dit au monde : « Nous sommes des Voyants et des Inspirés; Dieu nous a parlé et il nous a enseigné les vérités de l’ordre surnaturel, sa nature divine, ses mys-

térieux attributs, ses rapports avec les êtres créés et. surtout avec l’homme. Il nous a révélé les destinées humaines dans la vie future, et le chemin que l’homme doit suivre pour arriver à un bonheur qui sera éternel.

» En même temps, Il nous a donné la mission de transmettre ces révélations au genre humain et de fonde- une religion qui lui donne les moyens de parvenir à ses immortelles destinées. » :

Oui, ce fait historique est consigné dans les annales les plus authentiques de tous les peuples, et les fondateurs de religions sont les personnages les mieux connus de l’histoire.

C'est vers eux que nous devons donc maintenant nous tourner. Ce sont eux que nous voulons interroger; et nous leur demanderons de nous prouver la vérité des révélations qu'ils invoquent et la divinité de leur mission. ;

Il y a dans le monde quatre grandes religions dont l'histoire embrasse pour ainsi dire celle de toute l’humanité : le Bouddhisme, le Judaïsme, le Mahométisme et le Christianisme.

Nous les étudierons séparément dans leurs origines, dans leur histoire, dans leurs doctrines, dans la vie de leurs fondateurs et dans ce qu’elles ont fait pour l’humanité. Et cette étude nous permettra de juger laquelle est la vraie religion, c'est-à-dire laquelle est d'institution vraiment divine.

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