‹ De l'homme à Dieu [microforme]Chapitre 24 sur 54 · Oldenberg, Le Bouddha, p · texte numérisé non relu

Oldenberg, Le Bouddha, p

velle ‘es moines bouddhistes : « C’est une hérésie que d’affi::ner l'existerice d'un Etre suprême, créateur du monde... ?airt de cause première. La nature est une série infinie de naissances et de destructions, un enchaînement infini de causes qui sont des effets et d'effets qui sont des causes, une lignée infinie en arrière, infinie en avant, de décompositions et de recompositions qui n'ont pas eu de commencement et qui n’auront pas de terme... »

Là-dessus l'imagination orientale travaille, et les moines bouddhistes inventent et décrivent les myriades de millions de mondes peuplés d’êtres vivants, qui vivent des siècles et des milliers d'années, et qui sont des géants dont la taille varie de dix à cent pieds.

Il y a dans ces mondes des cieux superposés où habitent les hommes-dieux et des enfers épouvantables remplis de damnés, mais qui ne sont éternels que pour les sceptiques et les incrédules.

Les bouddhistes du Sud ont inventé huit enfers brûlants; ceux du Nord y ont ajouté huit enfers glacés Ces enfers sont aussi peuplés d'animaux, de démons de toutes sortes, de grands serpents, de couleuvres au visage d'hommes, de monstres de toutes espèces.

Dans les cieux inférieurs sont les dieux ordinaires des brahmanes. Au-dessus sont les Bouddhas futurs qui attendent le moment de s’incarner. Plus haut, les Brahmas; plus haut, les êtres vertueux et purs; plus haut encore, les délivrés; au-dessus de tout et de tous, le ciel des Bouddhas, sans forme ni couleurs, où les corps éthérés eux-mêmes disparaissent.

Pour atteindre à ce degré suprême des cieux boud-

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dhistes, il faut s'affranchir de cette erreur fondamentale qu'il y a quelque chose de réel. Cette erreur est l'origine et la cause de tou: les maux. Car il n’y a rien de réel, il n’y a plus d’être, tout est vide.

En dedans comme en dehors de nous-mêmes, il n’y a que le pur rien et le néant absolu. Tel est le faîte de la sagesse, « la loi par delà la loi » (x).

Nous abrégeons considérablement l'exposé de Taine sur les spéculations des moines bouddhistes. Si nos lecteurs ont la curiosité de tout lire, ils seront étonnés de voir à quel degré de folie sont arrivés les successeurs de Boudda dans l'édification de leur système religieux.

Jamais Bouddha lui-même, qui passait pour un sage, n'aurait approuvé de pareilles rêveries, qui n'ont pu être inventées que par des cerveaux hallucinés.

Tout cela ne mérite pas en réalité le nom de religion. Aussi, n'est-ce pas l’œuvre du fondateur, qui s'était contenté de prêcher une morale limitée à des devoirs de bienveillance mutuelle.

Mais cette morale n'était pas fondée sur des préceptes divins, comme la morale chrétienne. Elle ne s’appuyait que sur le droit au bonheur de l'humanité et ne lui enseignait que les moyens de combattre la souffrance et d'en supprimer les causes.

Nous reconnaissons volontiers que cette morale n'était pas sans une certaine beauté et qu’en la prêchant, Bouddha a pu acquérir une certaine réputation

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