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de sagesse. Et cependant nous croyons que Platon, Socrate, Epictète et Sénèque lui sont bien supérieurs.
Mais nous n’hésitons pas à dire que la bienveillance bouddhiste ne soutient pas la comparaison avec la charité Chréi'enne.
Elle est aussi différente que le Nirvana est différent du paradis chrétien. Elle inspire la pitié pour tous les êtres vivants, y compris les animaux; mais elle ne commande pas l'amour, le dévouement, le sacrifice pour le bonheur des autres.
Aussi, dit l'abbé de Broglie, « le bouddhisme n'a produit ni hôpitaux, ni orphelinats, ni asiles pour les abandonnés. Il n'a créé que des religieux mendiants.»
Et puis, la morale bouddhiste n’a pas de sanction. Elle doit être sa propre récompense, avec l’anéantissement graduel pendant la vie, et :e néant final dans le Nirvana.
La morale chrétienne, au contraire, accroît, tonifie la virilité au lieu de la détruire, grandit les forces morales, élève les caractères, embellit la vie et la transforme en immortalité glorieuse. ‘
Aussi, voyez la différence dans les résultats. Quelle civilisation est sortie du bouddhisme? Une léthargie inteHlectuelle et morale qui dure depuis plus de vingt siècles est-elle à comparer avec la civilisation chrétienne?
Et les mœurs des Hindous et des Chinois sont des plus dépravées. Renan, qui a été moins tendre pour le bouddhisme que son ami Taine, reconnaît qu'il est aussi corrompu que le polythéisme gréco-romain. Il y a des dieux bouddhiques dont le culte même est ob-
scène, comme il y en avait dans le paganisme antique. Et les images de leurs dieux sont des plus dégradantes. Les divinités païennes avaient la forme humaine. Les dieux hindous et chinois sont d’horrible: dragons, des monstres.
Les sacrifices humains y furent longtemps en honneur. Et l'on sait que jusqu'en 1830, les femmes des rajabs étaient obligées de se laisser brûler sur les bûchers qui consumaient les cadavres de leurs maris. Il a fallu un statut du parlement britannique pour mettre fin à cet usage cruel.
Evidemment, Taine ne s’en est pas souvenu quand il a vanité la mansuétude du bouddhisme. Il a oublié également que l’on a souvent massacré les Européens, et surtout les missionnaires, dans les pays bouddbhiques.
Il ne s’est pas souvenu non plus de la coutume barbare de l’infanticide chez les Chinsis, de l'esclavage et de la polygamie, de l'oisiveté recommandée comme une vertu parce qu’elle permet les contemplations extatiques, et la passive indifférence qui est l'idéal bouddhique.
Il faudrait des volumes pour faire connaître le bouddhisme sous tous ses aspacts et pour raconter son histoire. Notre :travail est donc forcément incomplet. Mais il serait encore plus ‘insuffisant si nous ne parlions pas des rapprochements que font un grand nombre d'écrivains entre le ‘bouddhisme «et le christianisme.
Depuis un demi-siècle environ, les ennemis du christianisme, avoués ou déguisés, ont fait au bouddhisme une réclame enthousiaste qui a séduit bien des esprits.
Très peu soucieux de la vérité, aussi confiants dans l'ignorance de leurs lecteurs que dans leur génie d'invention, ils ont bâti tout un système pour démontrer que l'Inde a été le berceau de la civilisation, que la Bible n’est qu’une variante des livres védiques et bouddhiques, que Jésus-Christ lui-même n’est qu’un plagiaire de Bouddha et le christianisme une imitation du bouddhisme.
Pour établir cette thèse audacieuse, ils ont donné l'autorité de l’histoire à des légendes; ils ont antidaté ces légendes de plusieurs siècles, afin qu'elles fr'ssent antérieures aux Evangiles; ils ont arrangé et falsifié les textes pour multiplier les ressemblances entre les Evangiles et les livres bouddhiques.
Cette conspiration contre la vérité a obtenu du succès auprès de tous ceux que le christianisme gêne, et l'on ne sait pas jusqu'où elle aurait pu parvenir, si de vrais savants, mettant l'honneur de la science au-dessus de leur indifférence religieuse, n'avaient pas démoli tout cet échafaudage de mensonges, d'erreurs et de préjugés.
L'un des plus audacieux parmi ces sectaires a été Louis Jacolliot, auteur de La Bible dans l'Inde.
M. Jacolliot avait été pendant plusieurs années greffier d’un tribunal inférieur à Pondichéry. Mais il n'y avait pas perdu son temps dans l'étude de la procédure et de la législation anglo-indoue. Il y avait fouillé les ruines et les monuments, interrogé les traditions et
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les livres sacrés, écouté le chant des vieilles poésies aux pieds du Brahma, et quand il revint en France, il y apparut comme un révélateur des véritables origines du monde. Il avait trouvé aux Indes la source de toutes les traditions, de toutes les législations, de toutes les langues, de toutes les religions, de toutes les civi lisations!
« Vieille terre de l'Inde, s’écria-t-il, berceau du genre humain, salut! Salut! patrie de la foi, de l'amour, de la poésie et de la science. Oh! comme je voudrais que ton passé pôt être plus tard. notre avenirl... »
Pauvre Europe qui se croit civiliséel Comme elle a méconnu le vrai modèle! Pour arriver à la vraie civilisation, il lui faudrait devenir ce qu'était l'Inde il y a quatre ou cinq mille ans!
C'est un peu difficile peut-être. Car pour en revenir à cette antique civilisation de l'Inde, il faudrait qu'elle eût existé et que l’histoire nous enseignât ce qu'elle était.
Sans doute, M. Jacolliot va soulever le voile qui nous dérobe ce passé glorieux que lui seul connaît? Oui, certes, écoutez-le :
« Quelle splendide époque j'ai pu alors étudier et comprendre! i
» ….Alors l’Inde entière m’apparut dans sa vivace et puissante originalité. Je la suivis dans ses progrès, dans le rayonnement de ses lumières sur l'univers entier. Je la vis donner ses mœurs, ses coutumes, ses lois et sa religion à l'Egypte, à la Perse, à la Grèce et à Rome. Je vis Jeminy et Vyâsa précéder Socrate et Pla-
ton, et Christna, le fils de la vierge Devunaguy (en sanscrit, créé par Dieu) précéder le fils de la vierge de Bethléem! »
Cette tirade enthousiaste ne pouvait manquer d'éveiller l'attention par son trait final dirigé contre le Dieu des chrétiens. In cauda venenum. Mais aussi quelle découverte intéressante que ce Christina, qui s'appelait aussi Jezeus, né d'une vierge comme notre Jésus, trois mille cinq cents ans avant l’ère chrétienne!
Toutefois, cette ressemblance de noms entre le dieu indou et le Dieu des chrétiens ne suffisait pas, et M. Jacolliot eut le soin de raconter la vie de Christna. Rien n'était plus facile : Il copia celle de Jésus-Christ. Résumons-la, d’après la version que nous en donne Mgr de Harlez (1) :
Jezeus Christna naquit dans une bergerie, une nuit signalée par de grands miracles. Des bergers et des saints personnages vinrent l’adorer.
Un Rajah (dont il ne dit pas le nom mais qui s’appelait sans doute Hérode), craignant pour son trône, fit massacrer tous les enfants mâles nés dans la même nuit. Mais Jezeus Christna fut plus ingénieux que l’enfant de Bethléem : au lieu de fuir en Egypte, il échappa aux bourreaux en prenant la taille d’un enfant de dix ans!
Il fut aussi plus précoce que le Nazaréen, car, dès l’âge de seize ans, il commença à prêcher, déclarant qu'il était Vishnou, la seconde personne de la Trinité, venu pour racheter l’homme de la faute originelle.
Les foules coururent l'entendre et l’adorèrent en