La Bible dans l'Inde
disant : celui-ci est bien le rédempteur promis à nos pères. Il enseignait le peuple par des paraboles.
Un jour, il se transfigura et prit l'éclat de la majesté divine. Un autre jour, des femmes pieuses versèrent des parfums sur sa tête.
Il va sans dire qu'il faisait des miracles. Sa mission terminée, il se laissa tuer par des méchants, et quand ses disciples voulurent recueillir ses restes, son corps avait disparu miraculeusement!
I nous semble que M. Jacolliot a voulu trop bien faire. Son Jezeus Christna ressemble trop à Jésus- Christ. Les moins savants parmi ses lecteurs ont soupçonné la supercherie et ils se sont dit : c’est trop bien trouvé pour être vrai.
Quant aux savants, ils ont haussé les épaules et ils se sont moqués de cet indianiste qui prétendait savoir le sanscrit et qui n’en connaissait pas les éléments. Ils ont mis à néant les fabuleuses inventions de M. Jacolliot et ils ont fait connaître la véritable légende de son héros.
Mgr de Harlez, qui est lui-même un savant indianiste et professeur à l’Université de Louvain, a publié tout un volume en réponse à l’œuvre de M. Jacolliot, et il en a démontré toute la fausseté d’une façon triomphante.
Son ouvrage est d’ailleurs appuyé sur le témoignage et l'autorité des vrais savants.
Or, voici la conclusion que nous pouvons en déduire : 1° Le héros mythique de M. Jacolliot ne s’est jamais appelé Jezeus Christna, parce que ces deux noms n'existent pas dans la langue sanscrite. 2° On
rencontre dans les lvres indous la légende d'un nommé Krshna, qui n’est pas le fils d’une vierge Devanaguy (nom inconnu dans le sanscrit), mais d’une femme Devahi et de Vasudéva. 3° Ce nom, Krshna,. signifie noir, et il est le titre des démons ennemis d'Imdra, et dans une bataille Indra a tué 50.000 krshnas Le fils de Devaki, dans la succession des livres indous qui, de siècle en siècle, ont formé sa légende, est d’abord un sage. Plus tard il est un guerrier puissant.
Dans le Mahâbhârata, et surtout dans les additions faites récemment à ce poème, il prend le caractère divin. Sa divinité grandit dans le Harivansa, puis dans les Pourânas qui datent des commencements du moyen âge. Mais alors sa vie ne ressemble pas encore à celle de Jésus-Christ, et il a des amours extraordinaires. Il folâtre avec les bergères. Il a d’abord sept épouses, puis seize mille autres qui lui donnent des milliers d'enfants.
Il est incontestable qu’à cette époque le christianisme avait depuis longtemps pénétré dans les Indes, et c’est pourquoi le mythe de Krshna se rapproche de Jésus-Christ dans les livres sacrés subséquents, ét notamment dans le Gîta Govinda, qui ressemble au Cantique des Cantiques, et qui est du douzième siècle.
Les traits de ressemblance se multiplient encore plus tard jusqu’au quatorzième siècle. IL va sans dire qu'ils ne sont pas aussi frappants que ceux qui existaient 3.500 ans avant l'ère chrétienne, selon M. Jacolliot. Mais ils sont suffisants pour que les vrais savants aient pu affirmer que les écrivains indous avaient connu les Evangiles et les avaient imités.
Les traces d'emprunts faits à nos saints Livres par les écrivains indous ont été relevées et constatées par les indianistes les plus savants, entre autres le D° A. Weber, de Berlin, Angelo de Gubernatis (Enciclopedia indiuna), Dowson (Classical dictionary of Hindou mythology), Reinaud (Mémoire sur l'Inde).
Ce que M Jacolliot a tenté de faire avec Krshna, d'autres l'nt essayé avec Gautama (Bouddha).
Ils ont lu quelques-uns des livres sacrés du bouddhisme. Ils n’ont pas pu les lire tous; car les bonzes bouddhistes du Thibet ont calculé que le nombre de ces livres sacrés s'élève à quatre-vingt-quatre mille.
Naturellement, cette immense bibliothèque est l’œuvre de plusieurs siècles, et il est bien difficile d’assigner aux volumes qui la composent des dates certaines.
A quelle époque remonte, par exemple, le Lalita Vislara, qui est le « Livre des Exploits » de Bouddha, l’un des plus anciens et le plus connu?
M. Aïken, dont nous avons déjà cité le savant ouvrage, est d'opinion qu'il ne remonte pas au delà du troisième siècle de l'ère chrétienne. Or, c’est le premier livre d’où sont tirées les ressemblances entre l'enfance de Bouddha et celle de Jésus-Christ.
Si la légende de Bouddha n'a été écrite que deux ou trois siècles après Jésus-Christ, il est bien évident que les Evangélistes n’ont pu la copier et l'appliquer à leur Maître.
Mais on ne peut pas dire la même chose des auteurs du Lalita Vistara. Quand ils ont écrit leur légende, il y avait déjà longtemps, s'il faut en croire la tradition chrétienne, que les Evangiles avaient pénétré dans les Indes, puisque Jésus-Christ y fut prêché par saint Thomas, apôtre.
Et dès lors il faudrait dire que ce sont les récits de l'enfance de Bouddha, contenus dans le Lalita Vistara, qui ont été empruntés aux Evangiles.
Cette conclusion s'impose a fortiori au Nidana Kattha, qui est la plus anciene forme de la légende des bouddhistes du Sud. Car ce livre sert d'introduction au Jataka, qui fut composé à Ceylan vers le milieu du cinquième siècle.
Ils n'ont donc pas établi leur thèse, les écrivains qui, comme le professeur Seydel et M. Arthur Lillie, prétendent que le christianisme a fait des emprunts au bouddhisme.
En premier lieu, ils invoquent très souvent de pures fictions; en second lieu, ils exagèrent et grossissent les ressemblances; en troisième lieu, ils puisent à des sources bouddhiques qui sont postérieures au christianisme.
Et c’est ainsi que des érudits comme Oldenberg, E. Hardy et J.-E. Carpenter ont facilement démoli leur prétendue démonstration.
Je ne citerai qu’un exemple pour montrer à quel point le professeur Seydel exagère les similitudes entre Bouddha et le Dieu des chrétiens.
Avant son incarnation, le Fils de Dieu existait dans le ciel de toute éternité. Or, avant sa dernière incarnation, Bouddha habitait aussi le ciel Tusita. C'est
128 DE L'HOMME A DIEU une ressemblance que M. Seydel trouve très frappante, et qui, croit-il, appuie son hypothèse d'un emprunt fait au bouddhisme par le christianisme.
Mais il suffit de comparer un peu ces deux existences célestes pour voir combien elles sont différentes l'une de l'autre,
Avant d’habiter le ciel (Tusita) pendant quelque temps, Bouddha avait eu de nombreuses existences pleines de péripéties : « Quatre-vingt-trois fois il avait vécu comme ascète; cinquante-huit fois comme roi; vingt-quatre fois comme brahmane: vingt fois comme dieu-arbre; cinq fois comme esclave: une fois comme diable-danseur, sans parler de ses existences animales .comme celle de rat, de porc, de lièvre, de lion, de chacal, de pigeon, de daim, etc., etc. (r).
Comment M. Seydel a-t-il pu sérieusement comparer toutes ces existences viles et ridicules, et la vie du Tusita, à l'existence éternelle de Jésus dans le ciel éternel ?
Et son Bouddha, dans quel ciel est-il depuis qu'il est parvenu au Nirvana? Nous l'avons vu, la sagesse bouddhique ne peut même pas dire s’il existe ow s'il n'existe pas.
Et si, après quelques siècles dans la paix du Nirvana, il est devenu dieu, les sages qui ont vécu depuis, et qui comme lui ont pu arriver au Nirvana, sont aussi devenus des dieux.
De là le grand nombre d’idoles auxquelles on rend un culte, et qui ont conduit les bouddhistes à un nouveau polythéisme.
L Aiken, p. 215
Comment peut-on comparer et tenter d'assimiler toutes des divinités absurdes et dérisoires à l'incomparable Homme-Dieu des chrétiens?
M. Seydel et M. Lillie rapprochent aussi le christianisme du lamaïsme, qui est le développement du bouddhisme au Thibet, et ils en exagèrent les ressemblances, toujours pour démontrer que le bouddhisme a servi de modèle au christianisme.
Mais le lamaïsme ne date que du moyen âge, et il est évident que c'est Jui qui a emprunté au christianisme son système monastique, son culte et ses cérémonics liturgiques, qui existaient depuis des siècles dans les églises chrétiennes de l'Orient
MM. Seydel et Lillie ne se contentent pas de grossir les similitudes et de commettre de nombr-ux anachronismes; ils invoquent volontiers les évangiles apocryphes, et tout naturellement ils y trouvent des fictions qui ressemblent parfois aux fictions bouddhiques.
Mais des savants comme eux ne devraient pes ignorer que les évangiles apocryphes ne sont pas de l'histoire mais de la fiction, et qu'ils ne font pas partie des Saintes Ecritures.
Nous pourrions poursuivre plus loin la réfutation de la thèse antichrétienne des prétendus emprunts que le christianisme aurait faits au bouddhisme. Mais il nous semble que ce travail n'est pas nécessaire pour ceux qui cherchent de bonne foi la vérité.
Tout ce qui se rapporte à Bouddha est, le plus souvent, légende et fiction, tandis que la vie de Jésus- Christ fait partie de l’histoire du monde. Elle est écrite dans des livres dont l'authenticité est incontestable.
Elle a été publiée en pleine civilisation, alors que la vie de Bouddha n'était pas encore écrite.
Or, la légende peut bien imiter l’histoire; mais l’histoire vraie, authentique, met de côté les légendes, puisqu'elle se compose de faits réels et prouvés.
Que Bouddha ait parlé quelquefois comme un sage; qu’il ait émis des doctrines morales qui puissent conduire au perfectionnement de la conscience humaine, c'est possible. Toute vérité de l'ordre naturel est à la portée de l’entendement humain.
Si Brahma, Bouddha et Mouni ont été des Sages, ils n’ont été ni les premiers, ni les derniers que l’humanité ait produits. Et si d’autres Sages ont exprimé depuis les mêmes doctrines morales, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'ils les ont empruntées aux docteurs bouddhistes. ;
Enfin, cette prétention que les ressemblances impliquent dépendance peut être retournée contre les boudhistes eux-mêmes. Il y a dans leurs livres sacrés bien des maximes qu'on pourrait dire empruntées aux . psaumes de David ou aux Proverbes de Salomon, à cause de leurs ressemblances.
Et ce qui n'est pas douteux, c'est que la loi mosaique et tout l'Ancien Testament sont bien antérieurs, ‘ non seu‘ement aux livres bouddhistes, mais à l’existence même de Çakya ou Gautama.
Un peuple qui possédait la Bible n'avait rien à emprunter à la littérature hindoue qui se composait de vrais contes de fées.
C’étaient plutôt les peuples de l'Inde qui pouvaient puiser dans les Livres de Moïse la science religieuse
dont ils avaient besoin; aussi les grands devoirs prescrits par le brahmanisme et le bouddhisme semblent bien copiés sur le Décalogue. Et quand on voit Bouddha se livrer pendant sa vie mondaine au luxe et à la luxure et s’entourer de cinq cents femmes, on est bien tenté de croire qu'il a connu les égarements de Salomon.
Il serait oiseux de prolonger cette étude, et nous pouvons maintenant tirer nos conclusions.
Le bouddhisme est-il une religion dont le caractère divin puisse être démontré?
Bouddha est-il Dieu? Ou, s’il n’est pas Dieu, a:t-il prouvé aux hommes qu'il avait reçu de Dieu la mission de leur faire connaître le vrai Dieu et de leur enseigner la voie qu'il faut suivre pour arriver jusqu’à lui?
Nous voulons connaître le mystère de cette vie. Nous voulons savoir pourquoi elle nous est donnée et quelle doit être notre destinée après la mort. Est-ce le néant qui suit la mort, ou bien est-ce une vie nouvelle qui n'aura pas de fin? Et s’il y a une vie future, que faut-il faire pour mériter d’y être récompensé, et non puni? Voilà les grandes questions qui nous préoccupent.
Le bouddhisme y répond-il d’une façon satisfaisante ?
En premier lieu, il serait absurde de soutenir que Bouddha est Dieu. Lui-même n’a pas prétendu l'être. Malgré toutes les obscurités qui entourent son existence, s’il y a quelque chose de vrai dans son histoire. c'est qu'il était homme. Qu'on l'ait appelé d'abord
Siddharta, puis Gautama, puis Çakya-Mouni et enfin Bouddha, la chose importe peu. Il paraît certain qu'il était le fils d’un petit roi indien, chef de la tribu des Çakyas. ;
« C'est vrai, disent ses disciples (s’il y en a encore chez les peuples civilisés), mais avant de se faire homme, il habitait le cie! Tusita. »
C'est la légende, et si l’on accepte la légende comme une histoire, il faut la prendre tout entière. Et alors
: il faudra croire qu'avant d’habiter le ciel Tusita, Bouddha a vécu des centaines de fois dans des plantes, dans des animaux, et qu'il a eu plusieurs centaines de vies humaines.
Est-ce que toutes ces réincarnations lui ont conféré la divinité? S
Personne ne voudra Je soutenir. Mais, dira-t-on peut-être, après sa dernière incarnation, Bouddha est entré dans le Nirvana. Oui, mais qu'est-ce que c'est que le Nirvana? Est-ce l’immortalité ou l'anéantissement? Bouddha lui-même n’a pu répondre à cette question.
Non seulement Bouddha n'a-été qu'un homme, mais
il n'a jamais reconnu ni prêché un Dieu personnel et souverain. Dès lors, on ne saurait prétendre qu'il avait reçu de Dieu la mission de le faire connaître aux hommes. C'est pourquoi sa religion — si l'on peut appeler sa doctrine une religion — a toutes les imperfections des œuvres humaines.
Bouddha n'a pas enseigné aux hommes quels rapports ils doivent avoir avec Dieu et quels sont leurs devoirs. Il n’a lui-même établi aucun culte divin. A
k : 2 ie ne er ne OS mi .
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quelle vie future a-t-il cru? Il a cru à une série de * réincarnations successives, et ses disciples ont raconté là-dessus des rêves d’halluciné et des insanités.
Sa morale fut austère à la fin de sa vie, s’il faut en croire son régime d’ascète; mais il méprisa le mariage et il ne défendit à ses fidèles ni la polygamie, ni le concubinage, ni l’infanticide.
Son pessimisme excessif inspira le mépris de la vie et du travail, et son ascétisme oisif était le perfectionnement de l’égoïsme.
Peut-on dire au moins qu'il a fait des miracles?
Les légendes bouddhiques l’affirment. Mais nous en avons vu les étranges récits : ce sont des extravagances qui font rire et qui rendraient Dieu ridicule s’il fallait y ajouter foi. :
Notre conclusion finale est que le système religieux bouddhique manque entièrement du caractère divin.
Il est à peine nécessaire d'ajouter que les peuples soumis au bouddhisme ont croupi dans l'ignorance et dans la barbarie. En toutes choses, ils sont inférieurs aux chrétiens, et ils n’ont jamais donné l'exemple des vertus, ni réalisé les progrès, ni conquis la puissance et la gloire de l’Europe chrétienne.
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LE JUDAISME
Il y a deux judaïsmes, l'ancien et le moderne, celui qui a précédé l’ère chrétienne et celui qui l'a suivie, celui qui est devenu le christianisme et celui qui a repoussé le Messie et qui est l’ennemi invétéré de la religion du Christ.
Le judaïsme antique a été le point de départ du christianisme. Il a été le vestibule, ou le portique grandiose, d’un temple merveilleux dont les fondements remontent à Moïse et même à l’époque des patriarches, et que le Christ est venu parc ‘hever Le Judaïsme moderne n’est plus qu’une ruine curieuse à étudier. L’ancien Judaïsme croyait en un seul Dieu, créateur du monde et de l’homme. Il croyait que ce Dieu avait placé l’homme dans un éden et l’avait soumis à une épreuve: que l’homme avait péché et qu'il avait été condamné aux travaux forcés et à la mort, mais que Dieu lui avait promis un rédempteur; que cette promesse avait été souvent renouvelée, que ce Messie devait être de la race d'Abraham, de la tribu de Juda, de la famille de David.
Tous ces enseignements formaient le fond de l’ancien Judaïsme et sont devenus ce qu’on pourrait appeler la crypte de l'Eglise chrétienne.
Pendant dix siècles la maison de David s’est préparée à ce grand avènement d'un rédempteur et d'un Sauveur. Or, voici qu'un jour les temps prédits semblent arrivés. La synagogue s'inquiète, comme une famille royale qui voit arriver l’enfantement d'un héritier, et le monde est dans l'attente.
Enfin, pendant une nuit mémorable, dans la ville de David, d’une Vierge descendant d’un roi-prophète, un enfant est né. Les Gentils, représentés par des rois d'Orient, reconnaissent en lui le Messie promis au monde, mais la synagogue le méconnaît.
L'enfant grandit dans l'obscurité. A l’âge de trente ans, il parcourt les villes et les campagnes de Judée, affirmant dans sa prédication et démontrant par des rairacles qu'il est vraiment le Messie. Alors se produit un phénomène étrange.
Le monde dit à la synagogue : « Vous nous avez donné le Sauveur, soyez bénie. »
Et la synagogue répond : « Vous vous trompez, je repousse l'honneur que vous me faites, je répudie celui que vous acceptez pour le Messie, et pour le punir d'avoir affirmé qu'il l’est, je vais le crucifier! »
Mais le monde a cru, malgré les Juifs, et il leur a répliqué : « Puisque vous ne voulez pas de mes bénédictions, soyez maudits à jamais. Je placerai sur mes autels ce Jésus que vous avez fait mourir, son sang retombera, comme vous l'avez voulu, sur vous et sur vos enfants, et la croix, instrument de supplice, deviendra l'objet de ma vénération, le signe de la victoire et l'emblème de l'honneur! »
Qui s'est trompé? Les Gentils ou la synagogue?
Est-il possible d'en douter encore après dix-neuf siècles de christianisme?
Est-ce que tous les signes précurseurs du Messie ne se sont pas produits?
Est-ce que toutes les prophéties relatives au Messianisme ne se sont pas réalisées? N'est-ce pas sous l’étendard de la croix de Jésus et à la lumière de son enseignement, perpétué à travers les siècles, que les Gentils ont formé de puissantes et glorieuses nations? Comment Israël a-t-il pu commettre cette irréparable erreur, qui a été en même temps le plus grand des crimes et son châtiment? Comment en était-il arrivé à ce degré d’aveuglement, lorsque le Fils de l’homme, issu de la race des Patriarches et de David, parcourut tout l'antique royaume des douze tribus, semant partout les prodiges et les bienfaits?
C'est que le judaïsme antique était dégénéré; c’est qu'il n’était plus la vraie religion. Depuis longtemps déjà, il avait cessé d’être la loi donnée à Moïse au sommet du Sinaï, et dégénéré en formalisme étroit et exclusif qui voulait faire de Jéhovah le Dieu des Juifs seuls, et non le Dieu de l’humanité, un tyran implacable et non un Dieu d'amour.
Et la synagogue, qu'’est-elle devenue depuis lors? Elle refait sans cesse le calcul des années de la prophétie de Daniel; elle disserte, discute et se contredit. Vingt-cinq fois, au moins, durant les dix-sept premiers siècles de l’ère chrétienne, elle a cru avoir enfin donné naissance au Messie. Tantôt il était en Palestine, tantôt en Arabie; un jour il apparaissait en Espagne, un autre jour au fond de la Perse.
La France, l'Autriche, les Indes, la Grèce, la Turquie, la Hollande, ont tour à tour été désignées comme le lieu natal du fils de David. Et toujours la synagogue a été forcée d'admettre qu'elle se trompait.
Jérusalem, sa ville sainte, a été détruite; son temple a été démoli; ses livres de généalogie ont été brûlés et leurs cendres jetées au vent, pendant qu’elle-même était dispersée, disséminée, persécutée, parquée dans des ghettos, soumise à des lois exceptionnelles et oppressives, témoignant à la fois par ses croyances, par son histoire pleine de miracles, par ses livres saints, de la vérité de sa religion primitive; et publiant par son châtiment son erreur impardonnable et sou crime.
Les siècles passent. La civilisation chrétienne s'étend, se propage et change la face du monde, tandis que le peuple juif, sans patrie, sans gouvernement, poursuit sa course aventureuse parmi les nations.
Enfin le dix-septième siècle touche à sa fin et la synagogue perd toute espérance dans la venue du Messie. Tant de fois elle a été déçue par ses enfants qu’elle est prise de désespoir.
Non seulement elle cesse de calculer et de disserter, mais elle poursuit de ses anathèmes et de ses exécrations tous ceux qui persistent à supputer les temps indiqués dans les prophéties et à chercher un Messie sur tous les points du globe. « Tous les temps qui étaient marqués pour la venue du Messie sont passés », dit le rabbin Rava.
« Les sages, dit Maïmonide, ont défendu de calculer le temps du sa venue, parce que le peuple est scandalisé de voir qu'il n'arrive pas, bien que le temps soit
passé. » Il faut entendre les anathèmes des rabbins onctueux et tolérants, contre les chercheurs de vérité (1).
« Maudits soient ceux qui supputeront les temps du Messie! » dit le Talmud de Babylone.
« Périsse leur âme! » dit le rabbin Ephraïm.
« Que l'enfer les engloutisse! » dit Abarbanel.
« Que la géhenne les dévorel »
« Que leur esprit crève comme une tumeur! »
Et pourquoi donc toute cette rage? C’est que si le peuple en arrive à se convaincre que les temps prédits sont passés, il pourrait bien retourner en arrière, remonter jusqu’à Jésus-Christ et le reconnaître pour le Messie!
Aussi le rabbinisme ne s'est-il pas contenté de prohiber toute recherche et tout calcul. Il a cru plus sûr d’égarer ceux que la recherche de la vérité tourmentait et qui ne pouvaient pas se désintéresser de ce Messie que leurs pères avaient tant attendu et promis...
Il s’est donc mis à altérer les prophéties et à en dénaturer le sens; et par ce double travail, il a réussi à faire croire au peuple que toutes ces prophéties que nous, chrétiens, appliquons au Christ, doivent être appliquées tantôt à David, tantôt à Salomon, Ezéchias ou autres rois, tantôt aux prophètes, tantôt à la nation : juive elle-même.
C'est ainsi que les rabbins ont appliqué aux malheurs d'Israël tous les traits prophétiques qui se rapportent à la Passion de Jésus-Christ.
1. Voir sur Maïmon ou Maïmonide — et sur le Talmud — Veuillot, 5, Mélanges, 2 série, p. 208.
Le rabbinisme est allé plus loin. Il a substitué le Talmud à la Bible, et il a recommandé au peuple de laisser de côté la Bible et d'étudier le Talmud.
Or, le Talmud est une immense compilation en quatorze volumes in-folio, qui traite peu des questions messianiques et beaucoup des questions scientifiques, cérémonielles et casuistiques.
Le vrai messianisme a fini par tomber ainsi dans l'oubli. Les prophéties sont devenues lettre morte; et comme elles constituaient en réalité toute la religion du peuple d'Israël, nous pouvons dire que le judaïsme moderne n'est plus qu'une ombre de religion.
Il est venu pour lui le jour prédit par le plus sublime de ses prophètes, Isaïe :
« Un jour viendra où les visions de tous vos prophètes vous seront comme les paroles d'un livre fermé avec des sceaux. On les donnera à un homme sachant lire, et on lui dira : lisez ce livre. Et il répondra : Je ne le puis, parce que ce livre est scellé. »
Quand le dix-huitième siècle est venu répandre en Europe le scepticisme et le rationalisme, il a trouvé chez les Juifs une terre toute préparée à recevoir la semence d'erreur.
Or, il est bien évident qu'il y avait incompatibilité absolue entre : messianisme et le rationalisme. Aussi le Messie est-il devenu un mythe pour tous les Juifs rationalistes.
Spinoza et Mendelssohn ont été les pères de ce qu'on appelle le néo-judaïsme qui, selon une feuille israélite, n’est autre chose que le déisme philosophique. Le Messie, d’après le néo-judaïsme, n'est pas une
personne; c'est une idée, c'est un règne. C'est l'exaltation d'Israël au milieu du triomphe universel du monothéisme, de la fraternité et de la liberté des peuples!
La révolution n'a pu vaincre le catholicisme, quoique tous ses efforts aient été dirigés contre lui; mais le judaïsme à peine attaqué n’a pu résister aux principes dissolvants du rationalisme, et nous pouvons dire aujourd’hui que l’ancien judaïsme est mort,
La synagogue n'attend plus le Messie qui devait être le Désiré des Nations. Elle a supprimé toutes les prières et toutes les invocations de son ancien rituel.
En 1844, les Juifs de Prusse signaient et déposaient entre les mains du gouvernement une déclaration solennelle ainsi conçue : « Nous n'attendons pas d'autre Messie que la liberté. Dans le judaïsme moderne, l’idée du Messie est identique avec celle de la délivrance du joug, et tous ceux qui ne partagent pas ces vues n’ont pas saisi le véritable esprit du judaïsme. »
Les Juits de France ne furent pas lents à suivre l'exemple de leurs compatriotes d'Allemagne, et leurs hommes les plus remarquables, rabbins, écrivains, journalistes, professeurs au collège de France, membres de l’Institut, ont affirmé les uns après les autres, dans des termes variés, le caractère mythique du Messie.
Salvador, dans son histoire des institutions de Moïse, a écrit :
« Comme l’idée du Messie n'est pas consignée d’une manière expresse dans les cinq livres fondamentaux, elle ne forme nullement un article indispensable de la foi des Hébreux... »
Cahen, dans son livre Les Déicides, dit : « L'avènement du Messie dans les traditions prophétiques du judaïsme, est bien moins l'apparition matérielle d'un Etre tout-puissant, Roi, Prophète ou Dieu, que l'éclosion d'une grande époque, au point de vue religieux, social et moral... »
Un rabbin de Besançon, M. Auscher, entend par la venue du Messie, la perfectibilité indéfinie de l'humanité.
M. Rodrigues, auteur du livre Les trois filles de la Bible, pose ainsi la question messianique :
Le Messie qui n’est ni en chair ni en os, ce Messie impalpable, va-t-il nous apparaître enfin... Son nom est-il la raison humaine parvenue à son état viril? »
Et M. Cahen fait cette réponse qui a le mérite de la clarté :
« Le Messie est venu pour nous le 28 février 1790, avec la Déclaration des Droits de l’homme.
« Le Messie que nous attendons, c'est la diffusion des lumières, c'est la reconnaissance de tous les droits, c’est l'émancipation de l'humanité entière. »
Ii n'est plus possible de s'y tromper, le Messie du judaïsme moderne n'est pas un homme ni un Dieu, c'est un prétendu triomphe d'Israël qui deviendrait le dominateur de tous les peuples.
M. Michel Weil, grand rabbin, qui fait de grandes phrases, va jusqu’à soutenir que « les prophètes d'Israël n'ont jamais fait mention ni d’un descendant de David ni d’un Roi Messie, ni même d’un Messie personnel. »
Et, dans son opinion, le véritable Rédempteur ne
serait pas une personnalité, mais Israël transformé en phare des nations! (1)
On ne peut plus en douter : le messianisme personnel qui était bien en vérité tout le judaïsme antique est mort.
Les Juifs ont ce caractère fatal de tuer tout ce qu'ils touchent.
Après avoir tué le Messie, ils ont tué la foi au Messie et ils sont en voie de tuer même la croyance en Dieu dans l'âme du peuple; car la plupart de leurs chefs sont rationalistes, panthéistes et francs-maçons.
Leur monothéisme n'est qu'un mot, et la seule idole devant laquelle ils se prosternent encore, comme au temps de Moïse, est le Veau d'Or.
« À nous, écrivait, en 1881, le grand rabbin John Readclif, appartient ce Dieu du jour qu'Aaron nous a élevé au désert, ce veau d'or, cette divinité universelle de notre époque. Lors donc que nous nous serons rendus les uniques possesseurs de tout l'or de la terre, la vraie puissance passera entre nos mains, et alors s’accompliront les promesses qui ont été faites à Abraham. »
Ils n'ont pas voulu de Jésus parce qu'il leur a préché le désintéressement, la pauvreté et l'humilité. Ils sont avides de richesses, de puissance, de plaisirs, et c'est quand ils en seront repus qu'ils croiront que le règne messianique est venu.
Le judaïsme n'était en réalité qu'un vestibule du vrai temple, un proiogue, une préparation à la vraie
1. Les citations qui précèdent sont extraites de l'ouvrage des abbés Lémann : La Question du Messie.
religion. Mais ce portique avait de la grandeur et formait tout un édifice.
Dès que le Messie eut établi son Eglise, le judaïsme n'avait plus de raison d'être. C'était une religion finie. On n’a plus besoin des plans et devis d’un édifice, quand il est construit et qu'il a reçu son couronnement.
Pour bien juger du judaïsme moderne, il ne faut donc pas le confondre avec le judaïsme antique qui a précédé Jésus-Christ.
Celui-ci, qu’on appelait aussi la Loi de Moïse, était appuyé sur deux dogmes fondamentaux : la croyance en un seul Dieu, éternel et créateur de toutes choses, et l’attente d’un Messie ou Rédempteur. Il avait eu son origine dans des révélations divines, et ces révélations étaient constatées, affirmées, prouvées par des miracles dans des livres inspirés, appelés la Bible.
Ces livres contenaient aussi l’histoire du peuple juif, surnommé le peuple de Dieu, et elle était une série de prodiges qui attestaient l'intervention et la protection divine pendant quinze siècles.
Ce peuple avait de grandes qualités et de grands défauts, et les jouissances de la prospérité le conduisaient aisément à la corruption et à l'idolâtrie, tant il est vrai que l’homme ne peut se passer de Dieu et qu'il est enclin à se faire de fausses divinités chaque fois qu'il s'éloigne du Dieu véritable.
L'Ancien Testament est rempli du récit de ses nombreuses prévarications et des châtiments au moyen desquels Jéhovah l’arrachait à ses idoles et le ramenait au monothéisme et à l'attente du Messie.
Cette religion avait tous les caractères de la vraie religion.
Moïse n'est pas un visionnaire comme Matiomet. Il démontre par de nombreux miracles Ja réalité de ses rapports avec Dieu et de la mission qu'il en a reçue. Ea religion qu'il donne au peuple juif n'est pas de lui: elle lui a été dictée par Dieu lui-même et pendant quarante ans l'intervention de Dieu s'est manifestée par des faits éclatants et publics
La mort du grand fondateur ne met pas fin aux interventions de Jéhovah ni aux miracles. Il continue d'enseigner son peuple par les prophètes, 11 les protège miraculeusement, et quand il cesse pendant quelque temps de }'assister, c’est pour le punir parce qu'il a péché. Et quand le peuple châtié revient à son Dieu et demande pardon, Jéhovah le sauve et le délivre par de nouveaux miracles. Toute l’histoire du judaïsme antique est humainement inexplicable et prouve sa divinité.
La perfection de sa doctrine en démontre l'inspiration, et le Décalogue est une merveille de législation qui est devenue le Code de l'univers civilisé.
Enfin, ses Livres Saints sont les plus beaux et les plus sublimes des livres, et leur supériorité sur tous les monuments de l'esprit humain ne s'explique que parce qu'ils sont divins.
Cependant, le iudaïsme antique devait un jou re-
cevoir son perfectionnement par la venue du Messie, attendu depuis des siècles. Car la seconde révélation par le ministère d’un Dieu fait homme devait compléter la première et couronner l’œuvre du judaïsme mosaïque.
Cette religion ne devait pas avoir un caractère national; elle devait admettre dans son sein non pas seulsment les Juifs, mais toutes les nations.
Israël malhsureusement ne l’a pas compris, et, quand le Messie est arrivé, il ne l'a pas reconnu. Pourquoi? Parce que sa croyance avait dégénéré et qu'il avait perdu la vraie notion du dogme messianique. Ce n’était plus pour lui un dogme exclusivement religieux, dont toutes les nations devaient bénéficier, c'était un dogme politique et national.
Le Messie devait lui assurer le triomphe de son ambition et de son orgueil, rétablir son royaume et lui conquérir la domination et la suprématie sur tous les peuples.
Or, Jésus ne se présenta pas à lui avec l’auréole d’un roi et la puissance d’un conquérant. Bien loin de l’affranchir du joug de Rome et de rétablir le royaume d'Israël, il déclara que son royaume n'était pas de ce monde. Il vécut pauvre, dans l'obscurité, dans le mépris des honneurs et de la fortune, prêchant le renoncement, la charité, la chasteté et le sacrifice.
Comment un homme aussi msiérable, aussi faible, aussi dépourvu de tout ce qui fait l'éclat et la puissance dans ce monde, pouvait-il être le Messie glorieux et triomphant qu'on attendait? Israël ne se contenta pas de le méconnaître, il le prit en haine et il le fit
mourir, pour le punir d’avoir osé dire qu'il était vrai. ment son Messie et son roi, le Fils de Dieu.
Chose étrange! Israël n'a rien compris depuis, malgré l’accomplissement des terribles prophéties que Jésus lui fit avant de mourir. Tous ses malheurs, tous ses châtiments lui furent prédits par Jésus-Christ, et Israël les a subis sans comprendre.
Sa ville incomparable a été détruite. De son temple merveilleux il n’est pas resté pierre sur pierre Sa race est errante, disséminée sur toute la terre, honnie, méprisée chez tous les peuples. Elle n’a ni patrie. -i gouvernement, ni chefs, ni constitution. Elle est parmi les races de la terre une exception unique, un phénomène sans précédent, un miracle permanent, un condamné qui, depuis dix-neuf siècles, reste couvert de tout le sang innocent répandu sur la terre depuis Abel jusqu’à Jésus! Et il ne se souvient pas que ce Jésus lui a prédit tout cela, et il ne comprend pas!
Son aveuglement même est un prodige.
Quelle est maintenant sa religion? Et quels sont les dogmes du judaïsme moderne? Nous l'avons déjà dit, mais il est nécessaire d’y ajouter quelques développements.
Pour les Juifs qui ne sont pas devenus rationalistes, panthéistes, matérialistes, ils professent encore le monothéisme. Mais ils croient, avec Maïmoun, ou Maimonide, qu'ils regardent comme leur second Moïse : « Que le Créateur est le premier et le dernier. Que toute la loi est celle qui fut donnée à Moïse: que cette loi ne sera point changée et qu'il ne viendra pas d’autre loi du Créateur. »
Mais ce nouveau Credo exclurait évidemment Je dogme messianique et contredirait toutes les promesses de Jéhovah et toutes les prophéties. Israël ue pourrait pas accepter un judaïsme ainsi mutilé. Et donc, il faut continuer de croire que le Messie viendra. Mais ce ne sera pas un Messie personnel, comme zous l'avons démontré plus haut; ce sera un mythe, ou plutôt, ce sera Israël lui-même, devenu le dominateur glorieux du monde.
Et l’ancienne Loi mosaïque est-elle au moins restée la loi unique, puisqu'il ne doit pas y avoir une seconde révélation? Oh! non. Les Juifs ont accepté une loi orale, transmise par la tradition et consignée par écrit sous le règne d’Antonin le Pieux, sous le tire de Mischna. Mais ce livre manque de clarté, et il souleva des discussions et des controverses qui furent aussi recueillies et écrites. On y ajouta des commentaires, des récits, des sentences, qu’on appela la Gemara.
Ces deux collections réunies ont formé ce qu’on appelle le Talmud, dont nous avons parlé plus haut.
Voilà le Testament du judaïsme moderne qui a remplacé l'Ancien Testament, et qui n’est certainement pas révélé ni inspiré.
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Quelle est la conclusion qui s'impose? En méconnaissant la messianité de Jésus-Christ, la nation juive s’est séparée de la vraie religion, et depuis lors elle s’en est éloignée de plus en plus.
Moïse et les prophètes lui avaient prouvé par d'innombra;es miracles la divinité de leur mission et la vérité de leur enseignement.
Appuyée sur leur autorité, elle a cru pendant des siècles que le messianisme était le dogme fondamental de son avenir et de la religion universelle. Ce Messie promis et attendu était si bien un Mesie personnel que tout l'Ancien Testament en racontait la généalogie, et que sa semence sacrée se retrouvait dans les générations issues d'Abraham et de David. Ce n'était pas un mythe que les bénédictions solennelles des patriarches annonçaient et que les prophètes chantaient dans leurs poèmes sublimes.
Non, c'était bien une individualité personnelle, vivante, qui devait naître à Bethléem, de la tribu de Juda, de la famille de David.
Et c'est bien un Messie personnel qui est né à Bethléem, qui a réalisé pendant sa vie tout ce que les prophètes avaient prédit de lui, qui a prouvé sa divini'4 par ses miracles, par sa mort, par sa résurrection, ct même par le châtment qu'il a infligé à la ville et au peuple déicides.
C’est bien son règne messianique qui s’est propagé dans l'univers, qui a porté la civilisation jusqu'aux confins du monde et qui a fait briller toutes les gloires au front des nations chrétiennes de l'Occident.
0 fatale erreur! Aveuglement inexplicable d’ur. peuple! Où sont aujourd’hui ses Moïses et ses prophètes? Où sont sa ville sainte et son temple ? Où sont les temps glorieux si fertiles en miracles? Où sont les soleunités de son culte et ses sacrifices au vrai Dieu? Où
sont ses Saints Livres que Jéhovah lui-même avait inspirés à ses grands hommes?
Hélas! Il les a remplacés par le Talmud, qui est un tissu de puérilités, de rêveries, de sentences vides, de querelles rabbiniques, de maximes immorales et blasphématoires, de sottises et de subtilités, à côté de quelques rares idées justes qui appartiennent au christianisme.
Enfin le judaïsme moderne mérite à peine le nom de religion. Il n’a plus d’idéal, et l'avenir qu'il rêve n'a plus rien de surnaturel. Il aspire uniquement à s'emparer du commerce, des richesses, de l’influence politique et des pouvoirs publics chez toutes les nations, afin de conquérir la suprématie dans le gouvernement des Etats et la possession de toutes les jouissances matérielles que le monde peut donner
On sait qu'au début de sa vie publique, Jésus fut tenté par le démon, qu'il a appelé le prince de ce monde, et que du haut d’une montagne, Satan lui montra les royaumes de la terre et lui offrit de les mettre en son pouvoir. Jésus lui répondit : Va:t-en, Satan!
11 semble que le prince de ce monde ait fait la même offre à Israël, et qu'Israël l'ait acceptéel