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Pour la même raison, et toujours en jugeant selon les apparences, il n’est pas étonnant que Jésus soit mort sans avoir donné à son Eglise, aux yeux de la foule, la forme visible et la force d'expansion qui devaient se manifester plus tard.
Mais que ses disciples aient pu, après la mort de leur moître, établir partout ce royaume spirituel et le propager malgré tous les obstacles à travers les siècles, voilà le miracle des miracles.
L'Islamisme manque d'élévation et d'idéal. Aussi a-t-il rabaissé la femme que le christianisme avait relevée. Que dis-je? Il l’a tenue et il la tient encore dans la servitude, dans l'ignorance et dans la dégradation morale. Le Coran déclare que les femmes sont des êtres imparfaits, inférieurs aux hommes, et il dit aux maris : si vos femmes vous césobéissent, battez-les!
Poursuivons encore un instant le parallèle entre le mahométisme et le christianisme, pour mieux démontrer l'humanité de l’un et la divinité de l’autre.
1° Mahomet & formé une nation; il lui a conquis par les armes un vaste territoire que ses successeurs ont considérablement agrandi, et il lui a donné une religion nationale, qui s'est développée en exploitant le sentiment petriotique des Arabes, en s'identifiant avec la puissance militaire et avec les forces d'expansion d’un Etat nouveau qui allait devenir le grand empire Ottoman
Tout cela est humain et conforme aux lois de la nature et de l’histoire.
Le christianisme, au contraire, est une religion faite pour toutes les nations, pour l'humanité tout entière, et Jésus veut que tous les hommes deviennent ses disciples. Mais pour établir sa religion dans tous les pays du monde, il n'a recours ni aux pouvoirs politiques, ni aux puissances militaires, ni à l'ambition des conquérants, ni aux convoitises du peuple. ni à l’orgueil des races, ni aux passions de la nature humaine. Il ne promet à ses disciples ni les tichesses, ni ia gloire, ni les plaisirs, ni les honneurs, En un mot, il répudie ‘ous les moyens humains de succès; bien plus, toutes les forces humaines se coalisent contre lui, et cependant il finit par attirer tous les peuples à lui.
2° La religion de Mahomet permet à ses disciples ‘la satisfaction de toutes leurs passions, et il leur pro- . mét la continuation de leurs plaisirs sensuels dans l’autre vie. !
Le christianisme, au contraire, prescrit la morale la plus austère, le mépris des richesses, la mortification de la chair, le désintéressement le plus parfait, l'humilité, la chasteté, le pardon des injures et la charité.
3° Mahomet et ses sucesseurs ont dû leurs succès et leurs conquêtes à la force armée et à l’appât du butin de guerre Le prophète. pour les fanatiser, leur avait recommandé la guerre comme une chose sainte qui assure le paradis à ses victimes.
Le christianisme, au contraire, prêche la paix et condamne la vengeance et les guerres injustes La pa-
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role, la charité, la prière et les bons exemples sont les seuls moyens qu’il emploie pour convertir les âmes. Et quand il faut du sang pour expier ou pour racheter, c'est leur propre sang que ses disciples répandent, et non celui des autres.
4° Le mahométisme ne s’est propagé que parmi les races orientales, ignorantes et barbares; et bien loin de les civiliser, il les laisse croupir depuis des siècles dans la dégradation. Sa puissance, si formidable jadis, tombe en ruine, et les peuples chrétiens achèvent de se partager ses Etats.
Le christianisme, au contraire, a été essentiellement civilisateur. Tous les peuples qui sont devenus chrétiens sont les plus éclairés de la terre. Partout où il a pénétré, les sciences, les lettres et les arts ont fleuri. Partout où il a dominé, il a fait régner l'ordre, la paix et la liberté. S’il y a des symptômes de décadence chez quelques peuples chrétiens, c'est qu'ils ont délaissé les autels du Christ et foulé aux pieds les lois de la morale chrétienne.
La conclusion à tirer de notre étude est facile : l’Islamisme est d'institution purement humaine.
N est difficile de croire que son fondateur ait été de bonne foi, car ses prétendues visions et révélaiions sont des supercheries; mais il importe peu. De bonne foi ou non, Mahomet ne démontre la divinité de sa mission ni par le miracle, ni par la sainteté de sa vie, ni par la sublimité de sa doctrine qui est à peu près nulle, ni par ses succès qui n’ont guère dépassé les Hmites de l'Orient, et qui sont moins étonnants que ceux d'Alexandre, de César et de Napoléon.
Ses progrès sont entièrement dus à des moyens humains, à des forces naturelles et s'expliquent aisément. L’extraordinaire expansion du christianisme, au contraire, renverse tous les calculs et tous les raiscnnements de la sagesse humaine, ainsi que les lois de l'expérience et de l’histoire. Et donc, ils sont miraculeux et divins.
Nous ne pouvons mieux terminer qu’en empruntant à Pascal cette page des Pensées :
« Tout homme peut faire ce qu’a fait Mahomet, car il n’a point fait de miracles. Nul homme ne peut faire ce qu'a fait Jésus-Christ.
» Mahomet s’est établi en tuant, Jésus-Ckrist en fai sant tuer les siens; Mahomet en défendant de lire, Jésus-Christ en ordonnant de lire. Enfin, si Mahome
pris la voie de réussir humainement, Jésus-Christ a - pris celle de périr humainement. Et, au lieu de conclure que, puisque Mahomet a réussi, Jésus-Christ a bien pu réussir, il faut dire que puisque Mahomet a réussi, le christianisme devait périr. s’il n’eût été soutenu par une force toute divine