‹ De l'homme à Dieu [microforme]Chapitre 30 sur 54 · L'EXISTENCE DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

L'EXISTENCE DE JÉSUS-CHRIST

Au siècle dernier, il s'est rencontré des incrédules qui ont poussé l’aveuglement jusqu’à nier l'existence de Jésus-Christ.

Mais aujourd’hui, la vraie science a fait justice de cette négation, et les savants du jour, si impies qu'ils puissent être, ne nient plus la réalité de ce merveilleux personnage qui a changé la face du monde et qui est plus vivant que jamais dans ses œuvres. Ils comprennent que Jésus-Christ occupe dans l’histoire une si large place que si son existence était douteuse, il n'y aurait plus un seul fait historique qui fôt certain.

En vérité, si Jésus n’a pas existé, toute l’histoire est à refaire, ou plutôt il n’y a plus d'histoire. Car tous les événements les plus importants qui ont convergé vers lui, et dont il a été la cause, deviennent des énigmes insolubles.

C’est une thèse qui répugne au sens commun.

I a été et il est encore le centre de gravité autour duquel a, jusqu'à ce jour, évolué l'humanité. La vraie histoire s’est occupée de lui quand il n'avait pas encore - revêtu notre chair; et depuis qu'il a vécu parmi les hommes, elle ne s'occupe pour ainsi dire que de Ini.

Pendant quarante siècles, il s’est fait annoncer et attendre; et depuis vingt siècles l'humanité parle, écrit

et agit pour ou contre lui! Elle le blasphème ou elle l'acclame, elle l'insulte ou elle lui dresse des autels, mais elle ne peut nier son existence, qui est si intimement liée à la sienne propre qu’elles sont toutes deux inséparables.

À peine Jésus avait-il poussé son dernier cri sur la colline où il expirait que les hommes se sont partagés en deux camps les uns disant : c'est un Dieu; les autres blasphémant : c'est un imposteur!

Et ces deux camps ont subsisté en face l’un de l’autre; ils subsistent encore, et la guerre entre eux n’a jamais cessé. Persécuteurs et persécutés ont ainsi jeté son nom à tous les échos, les uns pour le maudire et les autres pour le bénir à jamais.

Voilà le fait éclatant, gravé en traits ineffaçables à :

toutes les pages de l’histoire. Le révoquer en doute est un acte de folie.

Il s’est rencontré des libres penseurs allemands qui ont tenté de reléguer Jésus-Christ parmi les mythes. Mais cette thèse, malgré !’habileté de ceux qui l'ont soutenue, a dû être abandonnée par la saine critique; et elle devait l'être, parce que le mythe n'est pas possible depuis que l’histoire est écrite.

Quand l'écriture n'existait pas, l'imagination pouvait créer des fables et leur donner l'apparence de l’histoire. Ces fables se transmettaient de génération en génération, avec des variations et des additions adaptées à chaque époque.

Dans ces temps reculés, on comprend que la mythologie pouvait fleurir et entourer d’une auréole fantastique les personnages historiques eux-mêmes. Le mer-

DE L'HOMME A DIFU 179

veilleux se mélait au réel, perpétué pa” 3 chants populaires et la poésie des légendes ; et l’«., ne sait plus aujourd’hui ce qu'il peut y avoir de vrai dans les histoires d’Hercule, de Prométhée, d'Achille, d'Ulysse et d’autres héros des poèmes antiques.

Mais peut-on dire que César et Auguste sont des mythes? Certainement non, et pourquoi? Parce que de leur temps, qui était celui de Jésus, l’histoire s’écri vait.

Depuis Hérodote, et surtout depuis le grand siècle d’Auguste, l’âge mythologique n’est pas revenu et ne reviendra jamais

Or, Dieu a pris soin de faire naître son Fils à la lumière de l’histoire écrite et dans le siècle le plus éclairé de l'antiquité, afin qu'il fût impossible de faire entrer dans l’histoire du monde, comme réel, un personnage qui serait imaginaire.

Et, comme jour mieux rattacher l’Incarnation de son Fils à la chaîne des événements historiques. il a permis que cette grande puissance romaine qui avec le peuple juif, était alors l'univers civilisé, se dressât comm‘ une enremie, en face de lui et de ses successeurs. Les plus célèbres ennemis du nom de ‘ésus sont ainsi devenus ses témoins et, tout puissants qu'ils fussent, il les a vaincus!

Serait-ce donc un mythe qui aurait vaincu les Juifs et les empereuts de Rome? Serait-ce un mythe qui aurait civilisé les Barbares? Serait-ce pour un mythe que des millions d'hommes auraient souffert le martyre?

Et, pendant trois siècles de persécutions, il ne se

serait rencontré personne, ni à Rome, ni dans les grandes villes de l'empire, ni parmi les païens, ni parmi les Juifs, pour dire à ceux qui mouraient : Insensés, vous sacrifiez votre vie pour quelqu'un qui n'a jamais existé!

Non, ce seruit trop absurde et trop contraire aux lois de l’histoire.

Païens, chrétiens et Juifs, divisés et ennemis eur la question de la divinité de Jésus, tous ont reconnu la réalité de sa vie et de sa mort. Tous ont affirmé sa personnalité humaine; tous on témoigné de son passage sur cette terre, et ce témoignage est d'autant plus ineffaçable qu'il a été écrit avec du sang!

Donc, l'existence de Jésus-Christ sur la terre est incontestable.

Mais comment a-t-il manifesté sa vie terrestre aux hommes?

Voilà ce que nous allons examiner.

Page 1