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LA PRÉEXISTENCE DE JÉSUS-CHRIST

Nous croyons avoir démontré que l'existence de Jésus-Christ est un fait historique incontestable. La preuve en est faite par des témoins nombreux et irré. cusables, par ses ennemis aussi bien que par ses amis. Jésus-Christ a vécu une vie humaïne sur la terre, au milieu des hommes, et nous démontrerons par ses œuvres qu’en vérité il vit encore dans ses successeurs

et dans la société immortelle qu'il a fondée. Mais il est un autre fait qui le distingue de tous les autres ‘ hommes, qui est unique dans l’histoire, et qui suffit à le placer au-dessus de l'humanité : c'est sa préexistence.

‘ Les événements les plus importants qui composent sa vie terrestre ont été prédits et racontés par les prophètes et les historiens sacrés, des milliers d'années : avant qu'il ait revêtu la nature humaine.

Voilà le fait absolument surnaturel et divin : la vie

de Jésus a été écrite et publiée bien longtemps avant © qu'il ait vécu.

Dans tous les pays du monde, chez les peuples les plus divers, il y eut une croyance générale dont l’origine remontait aux premiers âges et se rattachait évidemment à une révélation primitive, qu’un homme

extraordinaire paraîtrait sur la terre et serait un libérateur, un sauveur et un dominateur universel.

Chez les Grecs, le Prométhée d'Eschyle et les Dialogues de Platon faisaient pressentir sa venue. Chez les Romains, Virgile et les Sibylles la propnétisaient, Tacite et Suétone l’annonçaient comme prochaine et rap-

portaient d'anciennes prophéties qui le faisaient venir de la Judée.

Les Perses, les Arabes, les Egyptiens, les Gaulois. les Chinois, les Hindous, et même les Sauvages de l'Amérique croyaient à un Rédempteur futur.

Non seulement toutes les nations Fattendaient; mais il y avait en Orient un peuple extraordinaire, dont toute la vie nationale était fondée sur cette attente, qui était également le dogme fondamental de sa religion.

Pendant quinze ou vingt siècles, ce peuple, dont l'histoire est une série de merveilles, n'a vécu que ‘ pour un Messie promis, annoncé, désigné, figuré sous des traits qu'on dirait vivants.

Expliquer sans lui l’histoire de ce peuple est impos. sible, de même qu'il est impossible d'expliquer la civilisation moderne sans lui. Il est vraiment la clef de l’histoire.

Or, aucun homme, s’il n’est pas en même temps Dieu, ne peut avoir un nom dans le langage humain, être connu, être attendu, faire parler de lui, occuper l'attention du monde avant d’être né. Et ce phénomène s'est réalisé en Jésus-Christ, Avant qu'il ne fût né, le monde l'a appelé Par son nom, le Messie. 7e monde a parlé de lui, a su de quelle race, de quelle famille,

Gafls.

en quel lieu, à quelle époque il nattrait. Le monde l'a désiré, appelé par la bouche de ses Sages, et tout un peuple croyait en lui et l’adorait.

Quand :l est né, il y avait quarante siècles qu'il vivait dans la foi et l’espérance des peuples, de la même manière que les grands hommes morts vivent dans la mémoire de la postérité. Et, ce qui est vraiment miraculeux, il vivait ainsi dans la croyance et l'espoir universels, non seulement comme homme, mais comme Dieu; car tous les peuples disaient et croyaient qu'il serait à la fois homme et Dieul

Enfin, quand il parut sur terre, vivant en chair et en os comme nous, et quand le monde lui demanda qui il était, il répondit : « Je suis Celui que vous at. tendez, le Messie, le Christ, le Fils de l’homme et le Fils de Dieu! » Et le monde civilisé presque tout entier l’a cru et le croit depuis près de vingt siècles.

Pourquoi? Pour bien des raisons que nous étudierons et dont celle-ci n’est pas la moins forte : Sa vie avait été écrite avant sa naissance, et il la vécut telle qu’elle avait été écrite. Il avait tous les trais annoncés depuis des siècles; il réalisait en paroles et en œuvres tout ce que l'humanité avait appris sur lui pendant les h.000 ans de sa préexistence.

Est-ce que tout cela n’est pas irrésistibiement divin?

Est-il nécessaire d'entrer dans le détail des prophé-. ties et des figures qui ont formé cette préexistence de Jésus?

Nous ne le croyons pas, parce que nos lecteurs eux mêmes peuvent faire ce travail, et parce que les limites que nous nous sommes tracées ne nous le per-

mettent pas. Rappelons seulement très brièvement les promesses solennelles d'un Messie, faites à l’humanité tout entière à l'origine, et subséquemment à la race d'Abraham.

C'est après la chute de nos premiers parents que la Rédemption est devenue nécessaire et c’est alors, aux mauvais jours de l'Eden devenue une terre de malédiction, que Dieu promet à la postérité d'Adam un Sauveur qui écrasera la tête du serpent.

A l'époque patriarcale, cette divine promesse est renouvelée à Abraham, à Isaac et à Jacob: et le père des douze tribus, au moment de mourir, prophétise que le Rédempteur naîtra de la tribu de Juda. II fixe même l'époque de sa venue au temps où le sceptre passera des mains de Juda en des mains étrangères, c’est-àdire quand le royaume d'Israël passera sous le joug des Romains.

Au temps de Moïse, c'est le prophète Balaam et le Libérateur d'Israël lui-même qui prédisent encore la venue future d’un Messie.

Sous les Rois, les prophéties messianiques se précisent. Le Rédempteur futur n'est plus seulement un prophète, c'est un roi, et les Psaumes nous font connaître sa généalogie, sa vie glorieuse, ses souffrances, ses ignominies, sa mort et son triomphe définitif dans les siècles des siècles.

Enfin, viennent les Prophètes, ces voyants extraordinaires, ces grands messagers de Dieu, qui parlent un langage qu'aucun homme n'a parlé avant eux, et qu , de siècle en siècle, écrivent des pages immortelles qui prendront place dans le Livre des livres, la Bible.

Dans ces pages, qui sont des visions, se déroule l'histoire des temps futurs, et surtout l'histoire du Messie promis et attendu et de son règne universel et éternel

Tous ces hommes ont été des saints et des écrivains inspirés. Plusieurs ont été de grands thaumaturges; et tautes leurs prophéties, même les plus circonstanciées, ont été réalisées.

La vie de Jésus-Christ a été conforme en tous points aux prophéties séculaires antérieures. Il a été fils de Dieu, roi et prophète selon qu'il avait été annoncé.

Le Sanhédrin l'a condamné parce qu'il s'est dit « Fils de Dieu: », et Pilate l'a fait mourir parce qu'il s'est déclaré « Roi des Juifs ».

Son existence a été la reproduction de sa préexistence prophétique; et lui-même a plusieurs fois affirmé cette préexistence.

À Nicodème, il dit qu'il est « le Fils de l'Homme qui était dans le ciel et qui en est descendu. »

Aux Juifs qui se scandalisent, il annonce qu'ils le verront un jour « remonter où il était auparavant ». Il leur fait aussi cette affirmation : « Avant qu'Abraham fût, je suis! »

Aux disciples, il adresse ces paroles : « J'ai quitté mon Père; je suis venu en ce monde. Je ne suis pas de ce monde, je suis d'en-haut... Je suis descendu du ciel... »

Et que d'autres affirmations de sa préexistence nous pourrions citer!

Mais elle nous paraît suffisamment établie, et rien ne prouve mieux la divinité de Jésus.

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