LA VIE ET LES MIRACLES DE JÉSUS-CHRIST
‘ Nous avons dit, en parlant de Mahomet, que, pour établir la divinité de sa mission, il lui a manqué, outre les miracles, une vie sainte; mais cet élément de preuve ne fait pas défaut à Jésus-Christ.
Sa vie a réalisé l'idéal le plus élevé de la perfection humaine, et ceux mêmes qui refusent de croire à sa divinité ne peuvent refuser de lui rendre témoignage sous ce rapport.
Depuis son enfance jusqu’à sa mort, sa conduite, ses paroles, ses actes font de lui le modèle de la plus sublime vertu. Sous l'apparence de la plus humble condition, il réalise toutes les noblesses des grands et toutes les perfectiùbns des sages. Tous ses enseignements révèlent à la fois la transcendance de son esprit et la pureté irréprochable de son cœur. Il n’est accessible ni à la crainte, ni à la flatterie, ni aux . icompenses, ni à l'ambition. La calomnie passe sur lui sans l'émouvoir. Les outrages, les ignominies, ne peuvent ni troubler la sérénité de son âme, ni le détourner de sa route.
154 DE L'HOMME À DIEU À tous il fait le bien sans rien demander en retour, pas même une parole de reconnaissance.
Il aime les petits et les faibles, les pauvres et les ignorant: ‘+ pécheurs repentants et tous ceux qui souffrent. Les malades, les infirmes, tous les affligés l'entourent et le pressent; il les console et les guérit.
L'injustice seule trouble sa sérénité, et il n'a de paroles dures que pour l'hypocrisie et le mensonge des pharisiens.
Il est la Personnification du désintéressement, de la justice, de Ja miséricorde et il les prêche sans se
lasser, sou: toutes les formes, par ses discours et par ses exemples,
« Heureux les Pauvres, c’est-à-dire ceux qui sont vraiment détachés des biens de ce monde, car le royaume du ciel est à eux, » « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car its seront rassasiés. » « Heureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséri. corde. » Il prêche la chasteté : « Heureux les cœurs Purs, car ils verront Dieu. » Il prêche la douceur, le pardon des injures, la charité :
« Pardonnez, et il vous sera
pardunné; aimez vos ennemis, faites du bien à ceux
qui vous haïssent et
‘priez pour ceux qui vous calomnient et vous persécu-
tent; ainsi vous serez les vrais enfants de votre Père céleste qui fait luire son soleil sur les méchants com: me sur les bons. »
Et cette morale sublime qu'il prêche, il la pratique. Il vit comme le plus parfait des saints dans l'humilité, la pauvreté et la souffrance; et les Pharisiens disent au peuple qu'il est un pécheur. Il est soumis à toutes les
lois divines et humaines, et il passe pour un rebelle et un blasphémateur. Il fait mille prodiges qui sont autant de bienfaits, et on l'accuse de les accomplir par la puissance de Satan. Il est traduit devant les tribunaux par la trahison de son disciple, injustement 2ondamné, flagellé, torturé comme un malfaiteur et il meurt sur un infâme gibet, dépouillé de tout, abandonné de tous, en pardonnant à ses bourreaux et en offrant sa vie pour le salut du monde.
Une des pages les plus étonnantes de Platon est le portrait qu'il trace du véritable Juste, tel qu'il l'imagine, tel qu'il en conçoit l'idéal.
Voici ce singulier modèle, effort du génie humain:
« Supposons un homme droit, simple et généreux, qui s'efforce d'être vertueux et non de le paraître. Otons-lui la réputation d'homme de bien, car s'il passait pour juste, des honneurs et des récompenses lui seraient prodiguées à ce titre, et l'on ne saurait pa. s’il est bon par amour de la justice ou par amour de ses, rémunérations. Dépouillons-le donc de tout, excepté de la justice, et supposons que sans rien commettre d'injuste, il passe pour le plus grand malfaiteur, qu'il ne se laisse pas émouvoir par la mauvaise opi..on qu'on a de lui et qu'il reste inébranlable jusqu'à la mort. En voyant un tel juste, ceux qui préfèrent l'injustice à la vertu voudront qu'il soit flagellé, torturé, enchaîné, enfin qu'il meure sur un gibet, puisqu'il a voulu être juste à ce point. »
Ne croirait-on pas que Platon a lu les Prophètes, et qu'il a mieux compris que les Juifs à quels traits le Messie, le vrai Juste, l’Homme-Dieu se fera connaître?
nn Que dis-je? On dirait
| résumé dans cette Christ.
Certes, l’humanité a &rands saints, des héros
qu'il a lui-même prophétisé et Page extraordinaire la vie de Jésus-
Pourquoi? Parce qu'il est l’incarnation la plus parfaite de l'humanité unie à la divinité. C'est pour cela : © Jésus met dans l'ombre toutes les perfections humaines Par Sa grandeur et par sa beauté. » Et tous les grands Penseurs qui ont étudié la vie de Jésus-Christ ont dit la même chose. ;
Il y a dix-neuf siècles que le monde vit de sa doctrine. Quand il s’en écarte, il marche vers les abîmes; et c'est en vain qu’il en change les formules, il est forcé d'y revenir Pour retrouver le salut.
on ne distingue plus. »
Mais Jésus n’a
Pas seulement manifesté sa divinité Par sa vie. Il l’a
Prouvée par ses miracles.
Ses Miracles.
Les progrès modernes dans l'étude de la nature physique sont vraiment étonnants; et les savants du jour en sont tellement orgueilleux que plusieurs les mettent en parallèle avec les miracles.
Mais il y a là deux ordres de faits tout différents.
Sans doute, la science fait subir à la matière des transformations admirables; mais elle n’en change ni la substance ni les lois.
” La science moderne découvre dans la nature des lois
que les anciens n'ont pas connues. Les merveilles qu’elle opère ne sont dues qu’à une connaissance plus parfaite de ces lois, à leur mise en action par des moyens nouveaux et des applications nouvelles. Les résultats sont prodigieux et nous étonnent, mais ils ne sortent pas de l’ordre naturel. Ù
Les merveilles de l’ordre surnaturel sont tout autres; elles renversent l’ordre naturel; elles opèrent sur la substance même des corps, et elles contredisent les lois qui les régissent.
Ce n’est pas tout. Le savant ne commande pas à la matière, et celle-ci n’obéit ni à sa pensée, ni à sa parole. Il n’agit sur elle que par le travail de son art, ou de son industrie, et avec le secours d’un intermédiaire chimique ou physique.
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Le thaumaturge n’a besoin d'aucun de ces moyens d'action. Sans autre chose qu'une élévation de son âme vers Dieu, souvent même sans prononcer une parole, il force la nature à lui obéir contrairement à ses lois.
Voilà en quoi le miracle diffère des merveilles de la science. £ :
Ainsi, quand Jésus change l'eau en vin, quand il nourrit cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons, quand il marche sur les flots et calme la tempête, quand il guérit les lépreux; les aveugles, les sourds-muets,, quand il ressuscite les morts, il n’est pas possible d’assimiler ces actes aux expériences des physiciens, des médecins et des chimistes.
Car il agit directement, immédiatement, sans aucun intermédiaire, ni moyen extérieur d'action, et il dé-
roge à ‘a fois à la substance même de la matière et à ses lois.
La vie, la mort, la matière physique obéissent à sa seule volonté.
Voilà ce qui marque le caractère divin de ses œuvres, et voilà ce que Jésus lui-même voulait affirmer quand il disait aux Juifs : « Si vous ne croyez pas à ma parole, croyez du moins à mes œuvres. »
Ses œuvres, èn effet, prouvaient sa divinité.
Mais veus me direz sans doute qu'il y a eu des prophètes et des saints qui ont accompli les mêmes miracles, ou d’autres du même genre, et qu'ils n'étaient cependant que des hommes.
C'est vrai, et cependant les miracles de Jésus-Christ n'en prouvent pas moins sa divinité. Voici pourquoi :
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Aucun prophète, ni aucun saint n’a jamais dit : « Je suis Dieu, et c'est en mon nom que j'accomplis les merveilles dont vous êtes témoins. Ils ne se sont toujours donnés que comme des ministres de Dieu, et c'est tuujours en son nom qu'ils ont parlé et fait des miracles.
Jésus-Christ, au contraire, s’est proclamé Dieu, et c'est en son propre nom qu'il commanuait à la nature et à la mort. Au 1 preux, il dit : Je le veux, sois guéri! Au fils de la veuve de Naïm couché dans son tombeau, il commande : Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. A Lazare : Sors de ce sépulcre.
Sans doute, il se dit Envoyé. Mais il dit aussi et répète : que Celui qui l'a envoyé est son Père que son Père n'est autre que Dieu, et que lui-même est semblable à son Père.
Or, si Jésus-Christ avait menti, et s’il n'était pas Dieu, peut-on croire que Dieu eût ratifié ce mensonge, en lui permettant de faire des miracles? Ce serait absurde.
Lors donc que Jésus-Christ fait ses miracles en son propre nom et affirme en même temps qu'il est Dieu, il serait déraisonnable de ne pas le croire. Comme l'a dit Jean-Jacques Rousseau : « Dieu seul est le maître souverain de la nature; elle n'obéit point aux imposteurs. »
Enfin, non seulement Jésus commande à toutes les forces de la nature en son propre nom, et s’en fait obéir; mais quand il a transmis son pouvoir à ses apôtres, c'est en son nom qu'ils font des miracles, qu'ils chassent les démons et guérissent les malades. Les soi-
xante-douze disciples investis des mêmes pouvoirs sont transportés de joie et lui disent : « Maître, les démons mêmes nous sont soumis en votre nom. »
Donc, par la sainteté sans égale de sa vie et par l'éclat incomparable de ses miracles, Jésus prouve sa divinité.
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