LA VRAIE ÉVOLUTION
La vraie évolution n'est pas la transformation du singe en homme; c'est la transformation de l'homme barbare en homme civilisé, de l’homme méchant en homme bon, de l’honime pécheur en homme vertueux, de l’homme corrompu en modèle de pureté.
C’est pour opérer cette transformation que les sociétés ont été fondées, que les &ouvernements se sont formés, que les institutions ont été établies, que les sciences, les lettres et les arts ont progressé, que les religions ont bâti des tenuples et propagé des cultes.
Jamais l'animal sans raison n’a fait le projet de devenir un animal raisonnable. Jamais le gorille n’a eu l’ambition ni la faculté de se métamorphoser en homme.
Mais il est incontestable que, dès son origine, l’homme a conçu le dessein de se transformer en Dieu, comme Lucifer l'avait voulu avant lui. C'était par orgueil sans doute, et non pas pour arriver à la sainteté. Et c'est pourquoi Dieu a condamné l’homme au travail et à la mort.
Mais en même temps Dieu lui révéla quel devait être le but véritable de ses hautes aspirations. Il lui ensei- &na que c'était sa destinée et sa mission de s'élever
jusqu'à Dieu, et de lui ressembler le plus possible,
même sur terre. En cela devait consister pour l’humanité le véritable transformisme.
Malheureusement, l’homme a bientôt perdu de vue cet idéal sublime, tout en obéissant à ses besoins ascensionnels; et bien loin d'évoluer vers son Créateur, il a évolué vers la brute au point de vue moral
C'est vers les grandeurs de ce monde, vers la gloire, vers les honneurs, vers la puissance qu'il s’est efforcé de monter, et quand il est arrivé au sommet, il s’est lui-même déclaré dieu.
L'histoire contient de nombreux exemples d’hommes plus ou moins grands et plus ou moins pervers que les peuples ont divinisés.
À maintes reprises, Dieu a tenté de ramener l'homme à sa véritable destinée, qui est d’être l’image parfaite du seul vrai Dieu. Mais la créature a résisté à l'attraction du Créateur et à ses commandements.
Alors Dieu, qui continuait d’aimer l’homme d'un amour infini, descendit vers lui sur la terre, et lui dit: « Me voici près de toi, visible, tangible, vivant de la même vie que toi. Ton idéal divin, c’est moi. Je suis Dieu, et je suis homme, l’homme parfait, complet, ton modèle éternel. C’est en Moi qu'il faut travailler à te transformer.
» Je me suis fait homme sans cesser d’être le Fils de Dieu, pour t'apprendre à devenir toi-même un fils de Dieu sans cesser d'être un homme.
» Voilà ta vraie évolution. Je suis descendu du ciel
pour t’apprendre à y monter avec moi : voilà l’ascen- De l'Homme à Dieu. 19
sion dont j'ai mis le besoin en toi-même, et qui seule pourra satisfaire ta soif insatiable de bonheur. »
On raconte qu'Alexandre le Grand, devenu le maître du monde civilisé, à l’âge de trente ans, regardait un soir les mondes étoilés, et qu'il pleurait en songeant qu'il y avait là de vastes royaumes qu'il ne pourrait jamais conquérir. Le chrétien est plus heureux; car depuis Alex. ndre, le Christ est venu sur la terre, et il a appris aux hommes comment ils peuvent conquérir le ciel, et devenir les fils du Très-Haut.
« Aimez vos ennemis, faites du bien, donnez beaucoup sans en rien espérer... et vous serez les fils du Très-Haut », a dit Jésus-Christ dans son admirable « sermon sur la montagne ».
Les savants qui croient au transformisme de Darwin, croient aussi que l’évolution humaine n'est pas finie, et qu’elle finira par transformer l’homme en dieu. Renan l’a dit : « Dieu est en train de se faire, de devenir! »
Je crains que cette dernière évolution ne soit longue, et je préfère celle que le Christ promet comme récompense à la vertu de charité.
Note E.