LES ORIGINES DE L'HOMME ET DU MONDE
Après avoir étudié l’homme et prouvé sa double nature, matérielle et spirituelle, il est naturel de se demander d'où vient cet être remarquable,-qui-est sans ‘ contredit le roi de la terre.
Quelle est son origine, et qui lui a construit Ia splendide demeure qu'il habite? S’est-il créé lui-même? Et la terre est-elle son œuvre?
La croyance universelle des peuples me répond qu'il y'a un Dieu qui a créé toutes choses, et que l'homme est lui-même l'œuvre de ce créateur:
Dans les temps les plus reculés, et même chez les ‘ peuples les moins civilisés, tous les hommes ont toujours cru que la création ne peut pas être l'œuvre de Fhomme, qui n’est que l’un de ses habitants.
Tous ont toujours cru qu’elle n’est pas non plus l'œuvre du hasard qui est un mot vide de sens; qu’elle ne s'est pas créée elle-même, parce qu’on ne peut rien créer sans exister préalablement.
Enfin, tous ont cru que la matière n’est pas éternelle, qu’elle a eu un commencement, une cause première existant avant elle, et qui lui a donné l'existence.
De j'Homme à Dieu. 4
40 DE L'HOMME A DIEU Quand je dis que tous les hommes ont cru à l’existence de cette cause première, je ne méconnais pas qu’il y a eu, et qu'il y a encore quelques exceptions; mais ces exceptions sont en si petit nombre que l'on peut affirmer, comme vérité incontestable, que la presque totalité des hommes, dans tous les temps et chez tous les peuples a cru que l'univers est l'œuvre d’un Créateur.
Le témoignage de mes sens et ma raison me disent que la matière est inerte de sa nature. Qui lui a donné le mouvement? Et qui lui a donné la vie?
C'est encore la croyance universelle qu'elle a reçu de son Créateur le mou-sment et la vie.
Bien que les peuples aient donné à ce Créateur des noms différents, et qu'ils se soient trompés sur sa nature et ses attributs, le grand fait de la croyance universelle à la divinité n’en est pas moins indéniable.
Et pourquoi cette croyance a-t-elle persisté dans tous les temps et chez tous les peuples? C’est parce qu'elle donne satisfaction au besoin de croire qui distingue l’âme humaine. C’est prrce que tous les peuples ont besoin de loi morale, et qu'il n’y a pas de morale sans Dieu. C’est parce qu'il répugne à l'esprit humain de penser que la création est un effet sans cause. C’est parce que sans Dieu tout est mystère, obscurité et néant, qu'avec Lui tout s’éclaire, tout s'explique et tout s’harmonise. Sans lui il n’y a ni bien ni mal, ni vertus ni crimes, ni règle ni justice; la force brutale règne et le néant est la fin de tout. Avec lui, la justice règne, le crime est puni et la vertu est récompensée.
Voilà pourquoi et comment la croyance en un Dieu
créateur est devenue nécessaire et universelle, C'est ce qui a fait dire à un philosophe : « Si Dieu n'existait pas, il faudrait l’inventer. »
Et Plutarque a écrit: « Un peuple sans Dieu, sans prières, sans serments, sans rites religieux, sans sacrifices, nul n'en a jamais vu. »
De son temps, les Voyageurs n'étaient pas très nombreux et leurs voyages étaient limités. Mais aujourd’hui, il ne reste plus un coin de terre qui soit inconnu, ni une peuplade dont on ignore les croyances et les mœurs. Or, on ne pourrait en citer une seule qui ne croit pas en Dieu et à la vie future de l’homme.
Le grand voyageur Livingstone a écrit: « Si dégradées que soient les populations africaines, il n'est pas besoin de les entretenir de l'existence de Dieu, ni de leur parler de la vie future. Ces deux vérités sont universellement reconnues en Afrique. »
Remarquons bien que ce ne sont pas seulement les classes populaires et les prêtres de toutes les religions qui ont toujours cru et qui croient encore que l’homme est une créature de Dieu. Chez les peuples les plus civilisés, aux époques les plus glorieuses de leur histoire, ce sont les hommes les plus illustres et les plus éclairés qui ont reconnu l'existence d’une cause première,
qu'ils ont appelée Dieu, et qui est le créateur de toutes choses.
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Cependant, il est juste de reconnaître qu'il y a eu à toutes les époques des philosophes et des savants qui ont rejeté la croyance en Dieu et qui ont inventé des
systèmes plus.ou moins ingénieux pour expliquer l'origine de l’homme et du monde.
Mais tous ces <ystèmes se sont mutuellement combattus et démolis; et, après des succès plus ou moins éphémères, ils sont tombés dans l'oubli, pendant que les vrais savants et toute l'humanité ont continué de croire en Dieu, créateur de toutes choses.
Le plus récent et le plus célèbre de ces systèmes est celui qu'on a appelé le transformisme ou l’évolutionnisme. D’après ce système, l’homme serait un animal perfectionné, dernier anneau d’une chaîne d'êtres vivants transformés par une série d'évolutions. Nos ancêtres seraient les singes, et naturellement cette origine bestiale supprimerait la morale.
C'est le grand avantage que cette théorie apporterait à tous ceux que la loi morale gêne. Mais elle est loin d'être prouvée par des faits. au moins en ce qui concerne les espèces.
L'évolution a pu former des variétés d’une même espèce d'animaux, mais non des espèces différentes. Et quant à l'espèce humaine, il répugne au sens commun qu'une évolution matérielle, si longue et si perfectionnée qu'on la suppose, ait jamais pu lui donner une âme spirituelle.
Ils sont nombreux les savants qui ont étudié le transformisme depuis vingt ans, et leurs travaux en ont ébranlé les fondements.
La théorie de la sélection naturelle, qui est l'élément actif initial et l'organisme vital du système est aujourd’hui abandonnée par des hommes éminents. Et ces savants observent que les phénomènes d'évolution ne
se produisent qu'à la surface des êtres vivants. M. Quinton a démontré « que la grande loi de la vie est une loi de constance, son principe un-principe de fixité. »
M. Bohn, qui a fait de nombreuses observations scientifiques les résume dans cette formule : « La nature a horreur des variations », C'est-à-dire des variations d'espèces.
Si telle est la loi fondamentale de la nature, la thèse des variations qui engendrent des espèces nouvelles est insoutenable, et le Darwinisme ira bientôt rejoindre les vieilles utopies enterrées dans la poussière des siècles,
Maïs supposons que la sélection naturelle, et la concurrence vitale, et la corrélation de croissance, et toutes les prétendues lois de l'évolution soient acceptables théoriquement, sont-elles prouvées par les faits et appuyées sur l'expérience?
Non, l'expérience des siècles démontre que les espèces n'ont pas changé.
« C'est vrai, disent les Darwinistes, mais elles ont changé dans les temps préhistoriques, pendant les millions d'années que l’évolution s’est accomplie. » Evidemment, ils n’en savent rien; mais supposons encore que ce soit prouvé. Supposons même que l'on puisse remonter de transformations en transformations du règne animal au règne végétal, il faudra tout de même expliquer comment a pris naissance le premier être vivent, auteur de toutes les transformations subséquentes. Il faudra expliquer l’origine de la vie.
Par la génération spontanée, dira-t-on. Oui, l’on a soutenu cette thèse. Mais elle est aujourd’hui abandonnée. Et M. Huxley, qui croyait avoir découvert le pro-
toplasme, premier élément de matière vivante, s'est spirituellement moqué de lui-même quand il a reconnu son erreur. La génération spontanée est aussi rejetée par De Humbolt, Pasteur, Flourens, Claude Bernard et d'autres.
La vie ne peut naître que de la vie. Et supposé qu'il y ait eu un protoorganisme contenant toute la vie et toutes les forces de l’évolution, il aurait fallu un être vivant pour le créer; et cet Etre, le premier et le principe de tous les êtres vivants, il faudrait l'appeler Dieu.
Poussons encore plus loin l'hypothèse, et supposons ‘que le protoorganisme ait pu naître spontanément de l'action des forces de la matière, il faudrait nous dire alors qui a créé la matière et les forces qu’elle possède.
On répond : elle s’est créée elle-même. Mais alors elle a eu un commencement, et avant ce commencement il n'y avait rien. Ce serait donc le néant qui aurait créé l'être? On ne discute pas de pareilles absurdités. Cela répugne invinciblemen: au sens intime.
Et c'est pourquoi l’athée, poussé dans ses derniers retranchements, dit: La matière est éternelle!
Mais si elle est éternelle, elle a possédé éternellement ses forces d'évolution. Elle a été éternellement soumise aux lois de la sélection naturelle, de la concurrence pour la vie, de la corrélation de croissance et de la sélection sexuelle.
Donc, elle a éternellement évolué et éternellement créé. Et donc les êtres vivants plus ou moins perfectionnés que l’on regarde aujourd’hui comme les plus récents produits de l'évolution, sont éternels.
La terre a toujours été telle que nous la voyons au-
jourd'hui et l’homme n'a jamais eu de commencement.
Non seulement cela est contraire à toutes les’ démonstrations des sciences naturelles; mais cela répugne au sens commun.
Et cependant, les matérialistes sont bien obligés d'en venir là, à moins de prétendre que la matière éternelle, et infinie, n’a pas toujours eu le mouvement et la force génératrice; mais alors il faudrait nous dire à quelle époque et de quel esprit créateur elle a reçu cette force et ce mouvement.
Ce serait compliquer le problème au lieu de le résoudre, et il nous semble plus logique de dire que si la matière est éternelle tout est éternel.
L'univers n’a pas eu de commencement et n'aura pas de fin. La matière éternelle, dans son mouvement éternel, a éternellement créé le monde de toute éternité. L'humanité a ‘oujours existé. Retournez en arrière par la pensée jusqu'à des millions de siècles, et vous devrez croire que dès lors, et auparavant, à jamais, l’homme vivait.
Voilà à quelle conclusion absurde conduit le système de l’évolution et de la matière éternelle. Mais il ne repose que sur de vaines hypothèses.
La vraie science et les vrais savants démontrent, par des arguments sans réplique, que le monde a eu un commencement, et qu'il a fallu un Créateur pour lui donner l'existence.
Comment s'appelle ce Créateur? Chaque peuple lui a donné un nom différent, selon la langue qu'il parle. Mais quelque nom qu'ils lui donnent, tous croient
qu'il est l’Auteur de toutes choses, l'Etre par excellence, le Grand Esprit, qui possède toute science et toute sagesse, le Tout-Puissant, l'Infini, l'Eternel, qui possède toutes. les perfections.
Pour nous, chrétiens, qui croyons qu'il s’est fait bomme, nous lui donnons plus spécialement son nom d'homme, Jésus!
Un jour, Jules Simon Proposa au Sénat qu'on ensei. gnât aux enfants leurs devoirs envers Dieu.
La gauche vociféra : Quel Dieu?
Et Jules Simon répondit :
« Quel Dieu? Le mien, le vôtre, celui des honnêtes gens; le Dieu des enfants et des Savants, celui des théologiens et des philosophes. »
La réponse était bonne, mais incomplète. Car elle ne donnait pas à Dieu son nom humain, son nom his. torique, le nom qu'il a porté sur terre,
Victor Hugo qui, malgré ses doutes et ses ténèbres, croyait en Dieu, a dit quelque part dans les Contem- Plations :
Nous distinguons dans l'ombre une immense statue, ù Et nous lui disons : Jéhovah !
Pauvre visionnaire! Si Vous aviez vu Jésus, vous ne l'auriez pas pris Pour une statue, mais pour un Dieu vivant!