TYPES OCÉANIENS
 l'Asie indo-chinoise se rattache de la manière la plus directe une population nombreuse qui, de la presqulle de Malaca , s'est répandue dans toutes les grandes et petites îles de la mer des Indes jusqu'à la région polynésienne et au voisinage de l'Australie y occupant le vaste district maritime qui a reçu de M. Lesson le nom de Malaisie, et quelques archipels voisins , notamment celui des Garolines. Les Malais ne sont pas les seuls ni même , semble-t-il , les plus anciens habitants de ce district; ils paraissent Tavoir conquis sur des races refoulées aujourd'hui dans les montagnes et que nous retrouverons encore ailleurs.
1. Malais. Le type malais dérive évidemment du type chinois ou du moins en reproduit les traits principaux. C'est ce qu'on Voit d'abord pour les crânes , qui ont la largeur , l'aplatissement antérieur des crânes mongols , leurs os malaires écartés, etc., mais avec un prognathisme plus ou moins sensible. L'obliquité de la fente palpébrale se retrouve ici ; le nez est plus ou moins large , les lèvres grosses et saillantes ; le front , généralement assez haut, est un peu en saillie au-des-
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SUS des yeux. Les Malais sont de petite taille, mais bien faits , robustes , avec des membres qui rappellent plus les formes des Indous que celle des Chinois. Ils ont le teint d'un jaune plus ou moins bruni , chez les personnes exposées aux intempéries, et qui pâlit jusqu'au blanc européen chez les femmes qui passent leur vie à l'abri du soleil. Les cheveux ont laroideuret lesi teintes noires qu'ils offrent dans les races de la haute Asie ; rarement sont-ils d'une autre couleur que le noir. L'industrie des Malais, leur activité commerciale les a fait nommer les Phéniciens de TOcéanie.
2. Polynésiens. Les habitants des nombreuses îles de la Polynésie parlent des lang^ues de la même famille que celles de la Malaisie, et cependant nous ne retrouvons plus chez eux les caractères physiques des Malais proprement dits ; il y a même entre les Polynésiens nne assez grande variété sous ce rapport, et il paraît difficile d'indiquer un type polynésien. Cependant M. Lesson nous donne les Taïtiens comme les représentants de ce qu'il y a de plus général dans la caractéristique de ces peuples frères. Soit qu'on considère les crânes , soit qu'on ait égard à la tête revêtue des parties molles, nous trouvons ici de beaux traits , un beau développement du front, en un mot, ce qui distingue le type européen ; si ce n'est que la face serait proportion-
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Bellement un peu forte, le, nez un peu large, k mâchoire supérieure et les lèvres sensiblement jEiaillantes, comparés aux beaux exemplaires de la variété caucasique.
Les insulaires des Marquises , avec les Taîtiens f sont les mieux partagés pour tout l'ensemble des caractères physiques. Les uns et les autres sont grands , bien faits , d'une physionomie agréable ; celle des Taîtiens est, au rapport de M, Lesson, empreinte d'une grande douceur. La peau est d'un brun olivâtre , peu foncé chez les femmes. Leurs cheveux sont le plus souvent noirs, quelquefois bruns ou même plus clairs , et même les enfants sont assez ordinairement blonds. Les habitants des Marquises portent, en général, la barbe trèslongue.
Les Polynésiens de l'archipel d'Hawaii ou Sandwich ont des formes moins belles que les précédents. La coupe des yeux est plus mongole , le nez plus épaté, les lèvres plus saillantes et plus grosses, et, chez les grands, on remarque des cheveux courts et crépus , avec un teint assez foncé , même dès la naissance. On dirait que ces îles renferment deux races ; car le peuple diffère des chefs par une taille petite et des formes grêles , aussi bien que par des cheveux lisses et un teint jaune.
Les habitants des îles Tonga sont de grande taille , plus robustes qu'élégants ; mais ils ont des
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traits plus européens que les précédents ; les net romains ne sont pas rares chei^ eux , et les lèrr^ n'ont 9 en général, qu'une médiocre épaisseur^ Leurs cheveux sont droits , grossiers , quelquefois frisés ou crépus.
Somme toute, les peuples qui , de l'ancien continent , leur patrie d'origine , se sont répandus d'abord dans les grandes îles dépendantes de ce continent , puis dans la région tout à fait maritime de l'océan Pacifique , peuples qui parlent des idiomes de même famille et auxquels il faut joindre les habitants de la Nouvelle-Zélande, nous offrent, dans leurs traits, un double caractère. D'une part, ils font retour du type mongol vers le type caucasien, âans toutefois atteindre celui-ci; puis ils mêlent souvent à leur physionomie quelque peu du prognathisme que nous avons vu chez les nègres d'Afrique, et que nous allons retrouver chez d'autres habitants de la Malaisie et chez ceux des terres australes.
3. Nègres océaniens. Depuis les îles Andaman , dans le golfe de Bengale , jusqu'aux premiers archipels polynésiens qui suivent , à l'est , la Nouvelle-Guinée, en comprenant la péninsule malaise , les Philippines , etc. , on rencontre des peuplades noires , aux cheveux courts et laineux , au nez épaté , aux grosses lèvres , aux mâchoires
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avancées , en un mot, anx traits nègres. En général , ces races prognathes vivent à l'état sauvage , dans les régions écartées et montagneuses. Une des Philippines en possède un nombre prédominant, qui lui a valu le nom d'ile des Nègres. Si, pai* leur physionomie , les nègres péiagiens se rattachent aux races africaines , ils s'en séparent nettement par leurs langues , qui sont malaises et polynésiennes. Aucune tradition ne permet de rçmonter àVorigine de ces tribus, parmi lesquelles on observe beaucoup d'hommes de très-petite taille , et en général, des formes grêles. Mais rappelons-nous que parmi les nègres de l'Afrique orientale M. de Fro^ berville a retrouvé le type des nègres océaniens. Les habitants à peu près détruits de la teire de Diemen appartiennent aussi à une variété nègre.
4. AlfourouSj Papous, Australiens. Les grandes îles de l'océan Indien , la Nouvelle-Guinée , Tâustralie, nous offrent encore des races assez différentes des précédentes et des Malais , mais qui se ressemblent par un prognathisme plus ou moins remarquable. Telle est d'abord la race des Alfourous ou Haraforus. Des pommettes saillantes, un nez épaté , des dents très-proclives , de gros yeux, des membres grêles, disproportionnellement longs , des cheveux longs, abondants, lisses, une barbe roide et épaisse , la peau d'un noir brun
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sale : tels sont les détails du portrait que nous trace M. Lesson de quelques Alfourous de la Nouvelle-Guine'e qu'il a pu observer. Des caractères assez analogues se retrouvent chez les habitants .de la Nouvelle -Hollande, race mise'rable, dont ^Péron et Lesueur nous ont donné de bons spécimens. Mais, pour assurer que les Alfourous et les Australiens forment une même race, il faudrait tout au moins savoir si les divers peuples réunis sous ces dénominations parlent des idiomes de même origine.
Quant aux Papouas, à cette population singulière de la Nouvelle-Guinée et de quelques îles voisines , qui se fait remarquer par une énorme chevelure frisée, c'est une race mixte qui provient d'un croisement des Malais avec des nègres pélagiens , lesquels sont aussi désignés quelquefois , mais à tort , sous ce même nom de Papouas.
On voit que , si les Polynésiens nous offrent un retour du type extrême de la haute Asie vers le type moyen des peuples d'Europe, les peuplades inférieures de la Malaisie et de l'Australie rappellent, à divers degrés, les traits et les formes des Africains, et que quelques-unes poussent la ressemblance jusqu'aux caractères de la chevelure. Toutes ces races prognathes sont descendues à la condition sociale la plus misérable.
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