TYPES AMÉRICAINS
Il nous reste , pour achever la revue 'des principales variétés humaines , à jeter un coup d'œil sur celles que nous offrent le nouveau continent et les terres qui s'y rattachent. Déjà nous avons pénétré dans les contrées boréales de TÂmérique , en suivant, d'une rive à l'autre du détroit de Behring 9 les peuples de type mongol qui habitent ces hautes latitudes ; déjà les Esquimaux nous ont introduits dans un monde différent du monde asiatitique, et leur langue, sinon leurs traits, annonce une nouvelle famille de races. Avançons-nous maintenant sur les régions plus méridionales , et cherchons à saisir et la physionomie générale et les principales différences des races dites indigènes, de ces peuples aujourd'hui sauvages , réduits à la vie de tribu, dépossédés, refoulés par les émigrants européens, dont ils refusent la civilisation, et qui finiront par disparaître, après avoir connu jadis un état prospère, et en laissant le souvenir de plusieurs nations anciennement civilisées et florissantes sur cette terre qui ne demande qu'à prodiguer ses dons.
Il existe sans doute , entre les divers 'peuples des deux Amériques, des indices de ressemblance
180 BiYBanri
et de rapprochement qui composent le caractère général de la population du nouveau continent , comparée à celles des autres parties du monde ; mais le premier regard jeté sur ces peuples n'aperçoit que leur diversité , je dis leur diversité physique ) celle qui doit le plus nous occuper dans cette étude.
Type nard'amiricain. Les tribus qui, du Canada i la Louisiane , et des Âlleghanys aux Montagnes Rocheuses, sont répandues dans les contrées voisines des lacs ou arrosées par le Mississipi et ses affluents, sont diverses par leurs langues et sous tous les autres rapports, mais nous offrent cependant un premier type de variété qu'on peut reconnaître à i»*emière vue, malgré ses modifications. La tète osseuse est un peu pyramidale par la direction des parois du crâne, à partir des arcades sourcilières en avant , des bosses pariétales sur les côtés, de la protubérance occipitale en arrière. L'occipital est aplati au-dessous de cette saillie , renflé latéralement. L'arcade zy gomatique conserve un peu de l'excès d'écartement latéral qui frappe chez les peuples de type mongol. Les fosses nasales sont grandes, et tout y indique un large développement de la surface olfactive. L'arcade maxillaire supérieure est avancée , et toutefois les incisives n'ont pas de proclivité sensible. La mâchoire
DU EiaUB BOVÀIR* 101
iafërieure, assez forte, forme de ses deux brafidies non un angle prononcé, mais une courbe.
Un nez plus ou moins arqué, grand, saillant, est le trait le plus frappant de ces Indiens de rAmérique septentrionale. Leurs yeux sont, en général, plus longuement que largement ouverts, et ne paraissent pas grands. Un teint généralement cuivré, des cheveux plats, noirs , quelque* fois chatoyants , une barbe peu fournie , achèvent le portrait de ces hommes, désignés souvent pap le nom de Peaux- Rouges, Parmi eux se distinguent les Gberokoês , de la confédération des Crecks , et dont on vante la stature avantageuse, l'expression martiale, la beauté dans les deux sexes. Sous l'influence du christianisme , le peuple que nous venons de nommer est entré dans une voie de développement où il a fait déjà de remarquables progrès. Plus au nord que lui, les Iroquois , lès Algonquins , sont mis au rang des belles tribus de ce type. La plupart des Indiens de l'Amérique septentrionale sont demeurés ré-^ fractaires à la civilisation , et mènent une vie qui réduit chaque année leur nombre par la maladie , l'intempérance , les guerres acharnées , etc. Leur caractère est farouche, indépendant, morne, réflé* chi, opiniâtre. Tout semble indiquer chez eux, d*accord avec leurs traditions et les nombreux
t(»Bbeaux trouvés dans ces contrées, la décadence