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et comme le souvenir d'une ancienne prospérité et d'une puissance qui s'irrite encore de sa dé&ite. Ce ne sont pas , comme le croyait Chateaubriand , les qualités naïves du sauvage enfant qui s'élance vers l'avenir ; ce sont plutôt les derniers efforts d'une énergie qui succombe.
On ne doit pas exagérer l'unité du type que BOUS venons de décrire. Cette unité laisse place à de nombreuses variations nationales et individuelles. Quelquefois , comme chez certaines tribus sioux , décrites par M. Catelin, le profil donné par le front et le nez est arqué au point de former une ligne semi-lunaire ; d'autres fois nous rencontrons un nez à peu près droit (Cherokoës) ; d'autres fois encore, une face large, à joues rebondies. Puis les teintes de la peau offrent de nombreuses nuances entre le rouge-tuîle et l'olivâtre ; elles pâlissent même beaucoup dans les cantons élevés des montagnes, et les cheveux deviennent souvent alors châtains ou même d'un blond jaunâtre. Un fait de variation assez singulier est celui que nous signale M. Catelin pour les cheveux, chez les Mandans : beaucoup d'individus des deux sexes, les jeunes aussi bien que les vieux, offrent des cheveux d'un gris argenté , et , avec cette teinte , la chevelure prend un caractère de roideur et de grossièreté.
Au delà des Montagnes Rocheuses, nous retrou* vons, dans le district de l'Orégon et plus au nord^
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des Indiens qui $e rattachent à la grande fomille de Test, mais qui se montrent assez modifiés dans leurs formes et leurs teintes. Je ne parle pas de Taplatissement de la tête, qu'on observe chez plusieurs de leurs tribus, et qui leur a valu le nom de Têtes-Plates ; c'est le résultat tout artificiel d'une compression exercée pendant la première enfance. Mais les traits , les formes , en général , prennent ici plus de rondeur et de masse , et en même temps le teint s'éclaircit proportionnellement à Télévation de la latitude. Les peuples dont nous parlons jouissent d'un climat tempéré par les vents chauds et humides de Tocéan Pacifique ; ils vivent de pèche, cultivent le sol, ont, en un mot, une vie plus sédentaire que les tribus de l'autre versant.
Californiens. Mais, plus au sud , dans la Californie, nous rencontrons un climat brûlant, et, sur plusieurs points, une terre aride, pierreuse, qu'un soleil ardent ne parvient qu'à dessécher : là les caractères physiques des habitants nous offrent un type nouveau. Un front bas, des yeux enfoncés, un nez court, déprimé à sa racine, élargi à sa base , des pommettes saillantes , une bouche assez grande , des lèvres épaisses , enfin une peau noirâtre avec des cheveux longs et plats, et quelque peu de barbe , composent une physionomie qui se rapproche et s'éloigne topr à tour
du type ëthiopieD ; c'est comme l'empreinte d'un climat africain sur une population qui enayait déjà reçu une autre. Les Californiens nous sont donnés comme une race ai&issée , sans développe* ment, sans énergie ; elle offre surtout ce caractère de dégradation dans la Péninsule , et se montre sous de meilleures conditions physiques et morales au nord, dans la Nouvelle-Galifornie.
Races mexicaines. Une race venue des régions que nous venons de parcourir, et qui , dans une suite de migrations, a porté successivement les noms de Toltèques , de Ghichimecas , d'Âstëques ; une race dont la langue a des affinités frappantes avec quelques-unes de celles des tribus de l'Orégon , s'est établie et a fondé jadis un empire puissant, une civilisation remarquable, sur les plateaux du Mexique. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un dé-* bris, qui accuse les violences de la conquête espagnole. Ce pays était habité plus anciennement encore ( car la première invasion toltèque ne remonte qu'au 7® siècle de notre ère ) par d'autres races, d'autres peuples, les uns barbares, les autres ayant un certain degré de civilisation attesté par de nombreux monuments. On cite les Olmecas comme une nation civilisée de cette première époque, et les Othomis comme une peuplade barbare, remarquable par le caractère monosyllabique et
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les affioitâs indo-chinoises de sa langue, caractère <pn indiquerait une origine asiatique. Il est bien difficile de retrouver la trace distincte des diverses populations qui se sont succédé ou qui ont eu simultanément leurs établissements dans les contrées limitrophes des deux Amériques ; quelquesunes peut-être ont , comme le pensent i^usîeurs auteurs , peuplé le continent méridional et les Antilles, ce qui indiquerait le nord et Touest comme la route des migratiops de toute l'antique population du Nouveau Monde. Ce qui reste de ces passages , de ces établissements , en un mot de ces nations barbares ou civilisées qui ont occupé le Mecque et la grande chaussée méridionale jetée d'un continent à Tautre, c'est un nombre assez limité d'indigènes, les uns sédentaires, habitant les villes ojêl cultivant le sol ; d'autres , nomades et chasseurs indépendants.
Les Mexicains sont généralement d'une taille avantageuse, bien proportionnée ; ils reproduisent assez bien , semble-t-il , le type des Indiens de rOrégon. Les portraits des anciens Âstèques nous offrent un front déprimé, qui rappelle les têtes plates obtenues artificiellement par les tribus du Nord pour exagérer, sans doute, une forme considérée par ces peuples comme un caractère de beauté.-Les cheveux ont les mêmes couleurs et la même rudesse que chez la plupart des peuples
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moDgoIs et américains, la barbe est peu abondante ; quant à la peau , elle offre une teinte olivâtre qui s'eclaircit beaucoup chez les femmes des villes. On assure qu'il n'est pas de nation chez laquelle on trouve moins de personnes contrefaites que chez les Mexicains. Les anciens Mexicains conservaient , au milieu de leur civilisation avancée , un caractère de cruauté qui se montrait dans leurs guerres et dans leurs cérémonies religieuses ; ceux d'aujourd'hui se montrent graves, taciturnes, attachés opiniâtrement à leurs coutumes.
' Races brasilio-guaraniennes. L'immense plaine qui , du versant oriental des Andes péruviennes , s'étend jusqu'à l'océan Atlantique , arrosée par les deux grands fleuves de TOrénoque et des Amazones, est peuplée par un groupe de peuples indigènes auquel M. d'Orbigny a donné le nom de race brasilio-guaranienne ; ce groupe comprend les Caraïbes , les Guaranis , les Tupis et les Botocudos. Les caractères de ces peuples sont donnés comme suit par l'auteur précité : « Couleur jaunâtre , taille moyenne , front non fuyant ; yeux souvent obliques, toujours relevés à l'angle extérieur. »
Ce type rappelle beaucoup le Mongol, et la ressemblance est surtout assez frappante chez les Botocudos et les Garibes ou Caraïbes. Le nez n'est
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plus celui des Américains du Nord ; il est court, mais moins large et plus saillant que celui des Chinois. La barbe est rare.
Les Guaranis, répandus dans tout le Paraguay, ont été en partie convertis au christianisme ou plutôt baptisés , enseignés et civilisés par les missions des jésuites ; cette partie de la famille brésilienne s'est montrée plus disciplinable que les autres.
Les Botoculos , au contraire , farouches anthropophages , ont résisté plus lon^ftemps , et c'est très-récemment qu'on a pu arracher quelques-unes de leurs tribus à leur vie errante et à leurs moeurs sauvages : on connaît les singuliers ornements en bois que ces peuples s'implantaient dans la lèvre inférieure. M. Âug. Saint-Hilaii*e raconte que les Botocudos qui rencontrent des Chinois dans les ports du Brésil, frappés de leur ressemblance avec eux , les désignent comme leurs oncles.
Les Caribes ou Caraïbes , maîtres autrefois des petites Antilles, ne sont plus représentés que par des peuplades continentale^ , qui se trouvent surtout près des rives de l'Orénoque et dans la Guiane. Ceux des Antilles étaient cannibales , et leur nom était devenu synonyme d'anthropophages. Les Caribes sont, au dire de M. de Humboldt, les hommes les plus robustes et les plus grands du globe après les Patagons, On a longtemps cité les
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crânes caraïbes pour la singularité de leur forme ; c'était encore ici le résultat d'une pression exercée dans l'enfance , coutume plus répandue qu'on ne le croit généralement , car elle existe même dans quelques-uns de nos départements, comme nous l'a montré M. Foville (1).
Race pampéenne. M. d'Orbîgny a réuni sous ce nom de nombreuses tribus répandues à Test de la grande Cordillère , depuis le Paraguay à la pointe du continent , les unes nomades , les autres stationnaires , et jusqu'à un certain point civilisées sous l'influence des missions. Des formes larges , massives, quelquefois athlétiques; une tête forte, ronde ; un front peu développé , un nez un peu gros et épaté ; une bouche grande, bordée de grosses lèvres; des yeux petits, avec l'angle palpébral un peu bridé en dehors , composent une physionomie typique assez générale chez ces nations. Cependant d'Âzara nous peint les Âbipones du Chaco comme se rapprochait du type européen, et offrant de beaux traits , un nez à peu près aquilin , des formes assez bien dessinées, en même temps qu'une nuance plus claire que la généralité des autres
(1) Voyez les singuliers exemples qu'en rapporte cet excellent , observateur, dans son Anatomie du système nerveux cérébrO' ' spinal Cia-6^ arec atlas ; Paris, 1844).
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Pampéens. Parmi oeux-ci se distinguent les Patagons, nomades équestres des Pampas et des plaines arides , la plupart de haute stature, aux membres robustes, annonçant par leur physionomie un cou^rage farouche, une indépendance de caractère, et des mœurs qui repoussent la civilisation ; tandis que, plus au nord, les Ghiquitos, habitants d'ua pays moins uni, plus arrosé et plus boisé, ont une vie plus sédentaire, un caractère sociable, et pratiquent le culte catholique. Leur bouche est mieux formée que celle des Patagons. Les habitants de la province de Moxos , vivant surtout de pêche , dans un pays plat souvent inondé, ont conservé plus de coutumes païennes et d'indépendance que leurs voisins les Ghiquitos , et se rapprochent physiquement davantage des tribus des Pampas ; ils sont un peu plus grands et un peu moins informes de corps que les Chiquitéens. En un mot, cette race du sud varie , comme tous les autres , avec les conditions de vie que lui ont créées les différences du sol ; mais cette variation n'efface pas son type général.
Race andO' péruvienne. M. d'Orbigny établit cette race comme variété distincte, et la caractérise par la phrase suivante : a Gouleur d*un brun olivâtre plus ou moins foncé , taille petite , front peu élevé ou fuyant ; yeux horizontaux , jamais bridés à leur angle externe. 9 Parmi les peuples de
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race anâo-péruvienne, les uns habitent les hautes régions de la Cordillère , des plateaux de 3 ou 4,000 mètres d'élévation , ou les forêts des montagnes elles-mêmes; d'autres parcourent ou les pentes du versant oriental vers la Bolivie , ou les côtes et les iles jetées à la pointe du continent , comme des fragments détachés de celui-ci. Dans toutes ces stations, les Ando-Péruviens présentent, comme les précédents , mais avec des variantes particulières et à divers degrés, ce même caractère de prédominance des formes élargies , que nous avons déjà signalé chez les autres peuples de TAmérique méridionale. Les Incas ou Quichuas et les Aymaras sont deux nations péruviennes remar* quables par leur civilisation , et dont la première , conquérante de la seconde, doit peut-être à celle-ci une partie de son culte et de ses arts. Quoi qu'il en soit, ces deux nations, bien que distinctes parleurs idiomes, nous offrent la plus grande ressemblance physique et morale : mêmes coutumes, mêmes aptitudes intellectuelles, mêmes industries, même costume. Ce ne serait pas la première fois que le vainqueur devrait au vaincu son éducation morale et sociale ; et d'ailleurs , selon toute probabilité, ici les origines étaient communes, quoique de dates différentes, comme pour nos races celtiques. « Les traits des Quichuas ^ nous dit M. d'Orbigny, sont hien caractérisés, et ne ressemblent en rien à ceux
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des Dations de races pampéenne et brasilio-guaranieDiie ; c'est un type tout à fait distinct , qui ne se rapproche que des peuples mexicains. Leur tête est obloDgue d'avant en arriére , un peu comprimée latéralement ; le front est légèrement bombé, court, fuyant un peu en arrière ; néanmoins le crâne est assez volumineux , et annonce un assez grand développement du cerveau. Leur face est généralement large , et , sans être arrondie , son ellipse approche beaucoup plus du cercle que de Tovale. Leur nez est remarquable, toujours saillant, assez long, fortement aquilin , comme recourbé à son extrémité sur la lèvre supérieure ; il est en même temps creusé à sa racine, épaté inférieurement , avec les narines largement ouvertes ; la bouche est plutôt grande que moyenne , sans que les lèvres soient très-grosses ; les dents sont toujours belles , persistantes dans la vieillesse ; le menton est assez court sans être fuyant. Leur physionomie est, à peu de chose pr^s, uniforme, sérieuse, réfléchie, triste même , sans cependant montrer d^indifférence ; les sensations se peignent rarement à l'extérieur . L'ensemble des traits reste toujours dans le médiocre ; rarement voit-on chez les femmes une figure relativement jolie , néanmoins elles n'ont pas le nez aussi saillant et aussi courbé que les hommes. »
Les singuliers crânes trouvés à Titicaca , et qui
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faii|)dl«t Ceux des Caraïbes de Saint-Vincent par rextréme aplatissement du fvcmt^ et par la projeotion de la face au devant de la boite cérébrale, sont encore des résultats de la coutume si répan^ due de comprimer la tête des enfants pour lui donner telle ou telle forme réputée belle. M. d'Orbigny fait remarquer que, ces têtes se trouvant surtout dans les tombeaux des chefs , rien n^utorise i penser que leur déformation artificielle ait exercé une influence fâcheuse sur l'intelligence.
Les nations péruviennes sont entrées dans réalise catholique et continuent le genre de vie de leurs ancêtres, s'occupant essentidlement du soin des troupeaux et de Tagriculture.
Race uraucanienne. Cette race, considérée comme un rameau de la précédente , s'en sépare néanmoins par ses caractères physiques autant que par la résistance qu'elle a toujours opposée à la civilisation. Elle habite les andes du Clhili et les plaines de Test , et s'étend du 30^ degré de latitude sud jusqu'au voisinage de la Terre de Feu, où nous trouvons la dernière race ou nation du Nouveau Monde , les Pécherais.
Les Araucanos ont , avec la grosse tête et le visage des Américains du Sud, les pommettes hautes et saillantes, le nez court et épaté ; la bouche grande, bordée de fortes lèvres. Malgré Vécarte-
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ment des os malaires , les yeux ne sont pas sensiblement releve's à l'angle externe. La couleur de ces montagnards nomades et guerriers est un peu moins foncée que celle de leurs voisins ; on assure même que quelques-unes de leurs tribus sent blondes et d'un teint clair.
Quant aux Pécherais de la terre de Feu et des îles voisines, ce sont encore des hommes de même type, sinon de même race, que les précédents. On a beaucoup parlé de leur extrême maigreur, mais elle n'est pas aussi générale qu'on Ta dit ; c'est d'ailleurs une conséquence du pauvre régime de ce peuple ichthyophage, à peu près sans industrie, errant d'une île à l'autre sur de misérables canots, réduit , pour toute arme de pêche et de chasse , à des dards armés de silex , et subissant enfin tous les effets directs et indirects d'un climat rigoureux. Leurs traits sont ceux des Âraucaniens ; mais leur expression, loin d'être farouche , a beaucoup de douceur et annonce une bienveillance que leur conduite ne dément pas.
Indépendamment des affinités que l'étude des idiomes américains a permis de saisir entre les peuples du nouveau continent, et qui semblent rattacher l'Indien du Canada , peut - être même l'Esquimau et le Groënlandais , au Pécherai de l'extrême sud, il serait peut-être possible de suivre, à travers la variété si frappante des types septen-
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trionaux et méridionaux , une suite de transitions qui conduiraient au moins des formes allongées, et du visage haut et arqué de l'Indien peau-rouge, aux faces rondes et étalées des races pampéennes et ando-péruviennes.
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