‹ De l'homme et des races humainesChapitre 4 sur 16 · CARACTÈRES PSYCHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PSYCHOLOGIQUES

circonstances présentes , les instincts demeurant chargés de Tavenir. Ce but atteint , le sentiment du besoin n'existant plus, Tintelligence se repose, ou bien elle change d'objet si de nouvelles circonstances l'y provoquent. Encore une fois, elle ne sort pas du cercle des faits actuels et de l'intérêt du moment.

Les affections de l'animal sont nécessairement proportionnées à son entendement. Le plus haut degré de développement, qu'elles atteignent se trouve dans ces sentiments de reconnaissance., d'attachement et de dévouement, que nous offrent quelques animaux domestiques et quelques individus apprivoisés des espèces sauvages. Dans ces exemples, l'homme devient l'objet suprême des affections de l'animal , il en recueille les plus heureux résultats. Mais , en s'arrétant à l'homme , comme en se portant sur d'autres êtres, ces affections n'en demeurent pas moins de simples entraînements sympathiques, éclairés et dirigés par un petit nombre de notions expérimentales , et nous ne pouvons voir dans les sentiments les plus désintéressés de l'animal que les conditions d une sociabilité stationnaire , par conséquent quelque chose qui se confond avec les impulsions instinctives. Il n'y a rien là qui n'intéresse immédiatement ou l'individu ou l'espèce, ou l'homme quand il sait prendre sur Tanimal l'empire qui lui appartient ; il

n'y a riea cpii dépasse le domaine des perceptions.

Une préférence motivée peut décider l'action extérieure de l'animal ; c'est un progrès sans doute vers la liberté, mais il s'en faut de beaucoup que ^ soit la liberté elle-même ; car, la préférence une fois motivée , c'est-à-dire déterminée par l'expérience , la spontanéité de l'animal est entraînée à Tactioû. Cette spontanéité, esclave de l'expérience, ^aïid elle ne l'est pas de l'instinct , ne mérite pas encore le nom de volonté , car le monde extérieur, la circonstance présente, le besoin que suscite celle-ci, s'imposent encore irrésistiblement à l'être animé.

Si quelque autre ordre de fait« était nécessaii^e "pour acbever de caractériser le plus haut dévelop* pement de l'activité psychologique des animaux , je le trouverais dans les signes expressifs qu'ils donnent à leurs idées et à leurs sentiments. Ces lignes sont ou muets ou sonores. P. Huber, voyant les fourmis, dans leurs allées et venues, se toucher de leurs antennes et changer souvent leur |direclion première, après avoir reçu ou donné cette es- ^pèce de isignal , prêtait à ces insectes un langage mimique très-varié, de qui est plus généralement -connu , c'est que le chien exprime sa joie en agitant sa queue, sa tristesse en la plaçant entre ses jambes, ^colère par des contractions des muscles niereurs âes narines et des lèvres; c'est que le

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cheval dresse ou abaisse ses oreilles , ouvre se» Baseaux, relève sa lèvre supérieure, frappe du pied, selon les sentiments qui le dominent. Les singes ont des grimaces de bonne et de mauvaise humeur; leurs paupières et leur bouche jouent sous ce rapport un rôle assez connu. Et quant aux sons expressifs , je rappellerai la manière dont les oiseaux varient et modulent leur voix, tour à tour chanteuse ou criarde dans la même espèce , selon qu'elle appelle, avertit, témoigne de l'effroi ou devient l'interprète du bien-être et de la joie. Qui né sait combien le chien domestique modifie aussi la sienne à la chasse, à la maison, dans le contentenient ou la mauvaise humeur, dans la colère, dans la douleur d'un châtiment ? Qui n'a entetadu le chat, au temps de ses amours sauvages, et le même animal implorant sa nourriture ? Mais , en der«nière analyse, que disent et que peuvent dire les animaux soit à leurs semblables , soit aux autrès êtres ? Que peuvent exprimer quelques gestes, quelques jeux de physionomie très-limités , enfin quelques éclats de voix et quelques intonations , si peu nombreux pour chaque espèce , et qui se rattachent à un petit nombre de circonstances bientôt connues? Tous ces signes sont les interprètes de l'état affectif de l'animal, bien plus que de ses idées ; ce sont des exclamations plutôt que des paroles. Il n'y a rien là, quoi qu'on en ait dit, qui

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mérite le nom de langage ; ce serait , en tout cas, une langue tellement simple , qu'elle n'aurait pas besoin d*être apprise , et ce fait seul , que tout animal naît avec Tintelligence et la pratique des signes expressifs de son espèce, suffirait pour prouver que ces signes sont ceux des sentiments , non des notions intellectuelles (1). Or, si l'animal n'a pas d0 langue pour ses idées, combien celles-ci ne sont-elles pas imparfaites et fugitives ! Ne pouvant transmettre son expérience à ses descendants, l'espèce en reste toujours au même point, les individus seuls acquièrent quelque connaissance dans les limites de leurs besoins Ou de l'éducation qui leur est donnée pour les façonner à notre usage.

Voyons maintenant ce que nous observons chez l'homme, â'abord sous le triple rapport de la faculté de connaître , des sentiments et des déter^ minations volontaires , puis sous celui des signes expressifs, et de leur influence sur les sociétés humaines.

L'intuition instinctive n'apparaît que momentanément dans la vie de l'homme , et dans une de ses manifestations les moins remarquables. En effet, l'impulsion qui porte l'enfant nouveau-né , comme les petits des mammifères , à chercher et

(1) Ajoutez que les deux sexes ne sont pas toujours également partagés à cet égard y comme nous le voyons chez les oiseaux.

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à saisir le sein maternel , mérite à peine le nom d'instinct quand on la rapproche des merveilleuses industries de certains animaux. Pour trouver quel* que chose de comparable au fait que je mentionne, il faut descendre jusqu'au polype , qui , étendant ses tentacules dans Teau, comme pour chercher une proie , saisit le premier objet qu'il rencontre , et l'avale s'il peut l'amener à sa bouche.

Mais, si l'instinct s'efface et abdique dans la vie humaine, c'est que l'entendement est en mesure de pourvoir à l'avenir aussi bien qu'au présent.

L'entendement de l'homme est à la fois intelligence et raison ; c'est-à-dire qu'ici , aux premiers éléments de Tintelligence , aux perceptions sen* soriales, viennent s'ajouter des notions d'un autre ordre, qui impriment à toute la psychologie un caractère nouveau, agrandissant l'horizon intellectuel , donnant essor aux facultés d'analyse et de synthèse , nous élevant des idées particulières et immédiates aux idées générales , des perceptions aux conceptions , de l'expérience à la science , et nous révélant au-dessus du monde physique le monde moral , au-dessus de la création , le créateur. Je veux parler de ces notions simples, absolues , universelles , qui surgissent en nous au premier contact des faits, et qui viennent éclairer d'en haut ce que l'expérience nous apporte d'en bas. Telles sont les notions dç causalité , de fi«

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nalité, de vérité, de justice , de bonté. Jamais les procédés. de rintelligence ne nous conduiraient à ces idées-là; il y a plus, celles-ci s'imposent à rintelligence humaine. Ici l'âme se montre en activité sous un de ses modes les plus caractéristiques , la perception rationnelle et morale , et nous allons voir comment cette perception féconde rin« telligence proprement dite.

Mous lui devons d'abord deux notions importantes, qui ont beaucoup occupé la philosophie spé* culative , mais qui prennent à nos yeux une valeur toute particulière, quand nous comparons l'homme à l'animal. Ces notions sont celles de l'espace et du temps.

L'espace, comme fait abstrait et indépendantMe la matière , n'est connu que de l'homme ; nous ne lui concevons point de bornes , c'est l'étendue infinie. Cette notion conduit donc notre raison i la double idée du fini et de l'infini. L'étendue, étudiée en elle-même , nous offre un petit nombre de propriétés principales , objets d'une science exacte, la géométrie , dont les applications à l'astronomie, à la géographie, i la mécanique , ont exercé une influence inappréciable sur la civilisation.

Le temps n'existe pas pour l'animal, c'est-àdire pour un être qui vit tout entier dans le moment présent ; car ses réminiscences elles-mêmes, évoquées par l'intérêt actuel, s'effacent avec

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celui-ci et s'y absorbent sans donner le souvenir, c'est-à-dire la conscience de Texistence passée. L'homme , au contraire , porte en lui la notion du temps, comme passé, présent et avenir, cadre i trois compartiments où prend place toute idée re« lative aux modifications qui se succèdent en nous et hors de nous. Associant à la vue de cette sucées* sion la pleine conscience de nous-mêmes et de notre identité , nous pouvons sortir du présent et nous transporter dans le passé , reprendre chacun de nos souvenirs , ou anticiper sur une suite d'évé« nements futurs. Maîtres, en quelque sorte, de toute notre existence, planant au-dessus d'elle, appréciant le solidarité des moments qui se succèdent , nous sommes mis en mesure de rendre cette solidarité heureuse ou malheureuse ; et tandis que l'animal ne se jsoucie pas du moment futur, nous le devançons de nos désirs , de nos pensées , de nos espérances , et la notion du temps fait de nous des êtres d'avenir , avides d'immortalité. Enfin , lorsque de la notion du temps nous descendons à sa mesure par les moyens que nous offre la succession régulière de certains phénomènes , tels que les mouvements des astres , nous introduisons dans la vie des individus et des sociétés un élément qui concourt puissamment à la direction de leur activité. La division du jour et celle de l'année , réglant nos actes , en multiplie le nombre , en aug-

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meote la portée , coordonne les faits de l'histoire , et prépare l'avenir de l'espèce.

La notion de causalité ne nous permet pas de voir un fait sans, lui chercher une origine et un auteur. De là l'élan qui nous porte de la perception d'un phénomène à celle de sa cause ; de là ce besoin de connaître qui s'éveille en nous en dehors de tout intérêt d'utilité , et qui , faisant appel à toutes nos facultés intellectuelles , leur fournit un sujet inépuisable d'exercice et de développement ; de là enfin la notion rationnelle d'une cause des causes , d'une cause première , de Dieu.

A ridée de causalité , j'ajoute celle de finalité. On a beaucoup disputé depuis Descartes sur ce qu'on a nommé, avec assez peu de bonheur, les causes finales. En théorie, on a soutenu et nié tour à tour qu'il fût raisonnable d'expliquer une intention providentielle du Créateur, par le rapport harmonique de deux faits, tels que la structure de l'œil et l'existence de la lumière. Buffon a écrit sur ce sujet des pages très-explicites , et il ,,va sans dire que la philosophie panthéiste ne saurait , sans, inconséquence , accepter ce genre d'explication , ni par conséquent la question à laquelle il doit répondre : pourquoi telle disposition , tel ordre de phénomènes ? Que dans l'application, on ait abusé du principe de finalité , soit en prêtant à Dieu des motifs imaginaires , soit en se

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contentant d'étudier la nature à ce point de vue , je n'en disconviens pas Mais, que le principe luimême soit faux , c'est autre chose ; et ici je ne crains pas d'affirmer que si le principe est faux , il faut en accuser non ceux qui le proclament , mais la raison humaine, qui le trouve au nombre de ses notions universelles et innées. Si , comme nous l'avons vu , tout fait a pour nous une cause connue ou ignorée, tout fait aussi a un but; si nous posons irrésistiblement la question du comment , nous ne posons pas moins nécessairement celle du pour^ quoi , et les mêmes auteurs qui cherchent à nous prouver qu'il est absurde de raisonner sur la na* ture, comme sur une œuvre providentiellement ordonnée, s'oublient à chaque instant, et nous par-* lent , sans y prendre garde , des motifs de telle disposition. Buffon , historien des animaux , n'échappe pas plus à la notion essentiellement rationnelle et humaine de la finalité, que les philosophes dont il combat sur ce point les vues en s'aulorisant de leurs écarts. Or ce principe , comme no-^ tion inhérente à notre entendement , non- seulement nous révèle dans la nature Tœuvre d'une cause intelligente, mais stimule puissamment notre besoin de connaître, nous engageant à étudier chaque ordre de faits dans ses rapports d'harmonie avec les autres.

Déjà les notions précédentes nous ouvrent des

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perspectives sur le monde moral ; celles du vrai , du juste^ du bon, nous engagent déeidénient dans ce monde, où» affranchis de Fintérêt égoïste , nous élevons notre pensée jusqu^à cette cause des causes, à cet être infini qui domine de son existence éter« nelle Tespace^et le temps ^ à cette intelligence souveraine qui a tout ordonné avec sagesse dans l'économie de l'univers, et qui personnalise la vérité , la justice et la bonté. En Dieu, les notions rationnelles trouvent leur objet, comme, dans la natiire , les perceptions sensoriales avaient trouvé le leur, et Thomme, en possession des premières, devient un être religieux ; telle est du moins la destination y tel est le caractère , que lui assignent les facultés de son entendement.

Avec ce caractère , avec la conscience d*une destination religieuse et d'une loi morale, l'homme ne saurait aimer comme aime l'animal ; ses affections ont d'autres motifs, elle& s'élèvent et se moralisent comme ses idées. Ce ne sont plus de simples mouvements de sympathie et d'antipathie, suscités par les aperceptions actuelles des sens et de l'intellî* gence. Le cœur de Thomme est affecté tour à tour par des souvenirs , par les faits actuels et par la prévision ; il connaît seul le regret et l'espérance. Les notions morales , éclairant ses sympathies , lui procurent les nobles jouissances de Tamitié, de l'admiration, de l'adoration ; il les retrouve encore,

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ces mêmes notions, dans le remords, dans Tindignatîon, dans le mépris. L'égoïsme et la passion, qui tendent à iè subjuguer et à étouffer les inspirations désintéressées, n'y réussissent jamais ccHDplé* tem^.

S'^t-fl enfin de prendre une détermination, rhoBtme a le sentiment de sa liberté et de sa sponlanâté, sentimeut bien faible sans doute ^ et qui feut SB réduire , après une suite de défaites , à une iK>arde protestation ; mais sentiment réel et significatif , élément indestructible et caractérisque de la nature humaine , condition essentielle de la moralité. La spontanéité s' élève ici i la dignité d^une ToloBfté consciente d'elle-même. Les principes supmeurs qoi nous enseignent le droit absolu de Dieu, en même temps que les perfections qui doivent nous le faire aimer , nous affranchissent des soUi-^ citations inférieures qui décident fatalement des actions de Tanimal; ils nous appellent à une obéissance libre et volcmlaire. L^animal suMt la loi qui lui ^st imposée , l'homme accepte ou refuse -celle qui lui ^t proposée. Son obéissance l'ennoblit et glorifie son maître.

Nous avons vu à quoi se réduisent les signes "expressifs dont les animaux font usage ; nous avons ru combien ces signes sont peu nombreux , qu'ils ^priment plus souvent des sentiments que des Idées , enfin qu'as sont donnés à chaque espèce par

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la nature et aussi peu variables que les instincts. L'homme , au contraire , a reçu sous ce rapport un don proportionné à toute sa psychologie , un don qui grandit et se modifie avec lui-même , qui participe de sa liberté et de sa perfectibilité tant individuelle que collective ; Thomme seul a un langage. Ce langage se compose de sons modulés , articulés , .de mots qui ne sont pas donnés par la nature, car ils varient d'un peuple à Tautre, et se modifient dans la suite des générations ; puis ces mots dans leu rs combinaisons composent des phrases d'une construction sinon arbitraire, du moins très-diversifiée, selon le génie des nations. Ces mots, ces phrases, nous permettent d'échanger jusqu'aux moindres nuances de nos idées et de nos sentiments. Pour l'esprit humain , non-seulement toute chose, tout être a son nom , mais il n'est pas d'attribut , pas d'acte , pas de mode et de manière d'être , pas de notion générale , pas de sensation , pas de sentiment qui n'ait le sien. Le mot est le corps de l'idée : non-^seulement il l'exprime et sert à la transmettre , mais il commence par la déterminer, et la fixe dans la mémoire ; la pensée humaine la plus intime , la plus secrète , ne peut se passer de cette forme , celte^^r se passe mieux du son qui lui sert d'interprète. En effet , des signes muets peuvent remplacer la langue vocale, et l'écriture, qui la reproduit avec une parfaite fidélité, en étend les

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bienfaits et transmet Théritage intellectuel d'une génération à une autre génération. Ainsi se propage et s'augmente le trésor des idées et des connaissances humaines , ainsi se réalise une immense solidarité , ainsi les sociétés qui se succèdent peuvent-elles imprimer à l'humanité un mouvement de progression et d'évolution, chacune d'elles apportant un élément nouveau au développement général et presque indéfini de Tespëce.

 quelle distance ne sommes-nous pas de la condition stationnairé des espèces animales ! En comparant cette esquisse des traits caractéristiques de la psychologie humaine à celle des facultés les plus éminentes de l'animal , pouvons-nous hésiter encore à séparer l'humanité de l'animalité ? A l'aide de quelle transition nous élèverions-nous de la faculté d'associer quelques perceptions sensoriales à l'intuition des vérités absolues ; de la simple passion au sentiment moral, de la spontanéité irréfléchie à la volonté libre et responsable ; d'une vie renfermée dans les étroites limites du moment actuel et des faits accessibles aux sens , à une vie qui cherche toujours l'avenir et franchit toutes les limites? Je trouve jusque dans l'irritabilité du polype les premiers éléments des aperceptions de rintelligence animale ; mais où voyons-nous, chez l'animal le plus élevé , les élémepts de la raison , de la moralité, de la liberté? Évidemment l'homme

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ne saurait être le terne sapérietir de la série des animaux ; rhumanilé se présente à nous par ses facultés , par sa sphère d'action , par sa destination , comme représentant à elle seule Tun des éléments généraux de la création, c'est-à-dire un règne, le règne définitif qui couronnera l'édifice. Parvenue à ce terme, auquel elle s^ire dans sa gradation , la nature devient la condition première et l'instrument d'une activité libre , morale , religieuse ; elle se trouve associée aux destinées d'un être créé à l'image de Dieu ; car l'homme , héritier de ce magnifique patrimoine, ne dépasse l'animalité qu'après avoir emprunté ses formes générales et son organisation au règne qui le précède , au premier des types de ce règne , à la première des classes de ce type. Le chapitre suivant nouB dira comment il s'est approprié et assimilé ces formes et cette organisation.

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