‹ De l'Huile d'Olives: Traitement de la Colique SaturnineChapitre 12 sur 14 · PE · texte numérisé non relu

PE

ASE d'heure apres. 11 est vrai que cette amélioration est de courte durée, mais nous avons affaire, qu’on le remarque bien, dans ce cas, à une maladie microbienne dont les lésions intestinales sont autrement-accentuées que celles de la colique saturnine.

Et nous n’avons pas été l'objet d’une illusion, bien explicable d’ailleurs chez celui qui préconise un médicament, quand nous avons noté une diminution de douleurs. Le malade qui, auparavant, était en proie à une véritable torture, privé de tout sommeil, harcelé souvent par les envies de dormir, alors qu’on s’informe de son état, le lendemain, après une nuit calme et un sommeil réparateur, s’écrie avec enthousiasme : « Je suis guéri. » Il nous a fallu insister pour avoir une notion exacte de son amélioration. Ç Ah! oui, J'ai bien encore de petites douleurs sourdes, mais ce n’est rien. »

Ce qui disparaît tout d’abord, en effet, ce sont les lancées si pénibles et si répétées, et la guérison complète accompagne ordinairement la première selle.

Il est à remarquer que l’huile, malgré le faible pouvoir purgatif qu’on lui attribue généralement, a provoqué chez nos malades d’abondantes évacuations, jusqu’à six, sept et même douze par jour et que cet effet s’est maintenu plusieurs jours après la suppression du médicament.

Enfin, nous avons observé en même temps, le rétablissement du volume du fois, Pamplitude plus grande du pouls, la cessation d’une anesthésie à la douleur, d’une hyperesthésie généralisée, la diminution d’une anesthésie sensorielle, la guérison de myalgies, d’arthraloics très pénibles, la disparition même de l’albuminurie. Mais ce west pas à dire que l’huile soit toujours venue à bout de

LV Re l’intoxication générale. Les vertiges, les étourdissements, les troubles des sens, les arthralgies même, dans un cas, n’ont pas diminué. Nous ne croyons pas d’ailleurs, à une action spéciale de l’huile sur le plomb dont l’organisme est imprégné. Nous attribuons son action favorable dans certains cas, à l'effet purgatif très intense que nous en avons obtenu.

Si nous ajoutons que l'huile est le plus souvent bien tolérée, qu'a part un de nos cas où la digestion en a été pénible, elle purge sans augmenter momentanément les douleurs et sans fatiguer le malade, que c’est un médicament facile à se procurer et bon marché, ce qui a bien son importance, on devra reconnaître que c’est là une excellente méthode de traitement dans la colique des peintres. Il nous suffirait, d’ailleurs, de citer l'opinion ds nos malades dont les nombreux accès antérieurs avaient été soignés par les méthodes les plus diverses et les plus compliquées, et qui n’acceptaient tout d’abord, qu'avec une répugnance et une défiance bien excusables, un médicament aussi vulgaire et à leurs yeux aussi inactif. « Jamais je n’ai été aussi complètement guéri », nous disait l’un. Un autre, qui avait fait plusieurs cures à la belladone, reconnaissait que celle-ci lui avait procuré un soulagement moins durable et moins complet.

Si nous comparons la moyenne des résultats obtenus par l’huile à ceux donnés par la belladone et le traitement de la Charité pour ne parler que des deux principales méthodes, nous voyons que la douleur a toujours été amendée des le premier jour quand le médicament n’a pas été vomi et que la constipation à pris fin en moyenne le deuxième. Or, si les purgatifs amènent assez rapidement

la liberté du ventre, ils n’effacent guère la douleur entière qu'au bout d’une semaine. La belladone soulage rapidement, mais la constipation est vaincue moins rapidement qu'avec l'huile.

Quel est l’effet de ce médicament au point de vue des récidives ? Nous ne pouvons le dire, n’ayant pu suivre les malades assez longtemps, mais l’état satisfaisant qu'ils présentaient à leur sortie de l'hôpital nous fait toutefois présumer que celles-ci ne doivent pas survenir plus rapidement qu'avec les autres méthodes.

Page 1