‹ De l'Huile d'Olives: Traitement de la Colique SaturnineChapitre 7 sur 14 · RÔ · texte numérisé non relu

RÔ

BSERVATION I (Résumée)

(Service de M. Weill)

Claude Marie B..., trente-sept ans. Peintre-plâtrier. Entré le 8 octobre 1892. Salle Saint-Jean, n°18, — Sorti le21 octobre 1892.

Entré dans le service le 28 juillet 1892 pour une fièvre typhoïde déjà au dix-septième jour et qui a évolué sans complications, Sorti le 29 août, complètement guéri, il rentre le 8 octobre pour une attaque de coliques saturnines.

À part sa fièvre typhoïde, pas de maladies graves antérieures. Pas d’alcoolisme. Pas de syphilis. Depuis très longtemps douleurs lombaires qui surviennent de temps en temps pour durer plusieurs jours.

Plâtrier depuis l’âge de dix-sept ans, il n’a eu qu’une attaque. antérieure de colique de plomb, qui a duré huit jours. Il se lave les mains et la figure avant chaque repas.

Du 2 au 7 octobre, quelques douleurs abdominales très légères, un peu plus vives le malin à jeun, ne s’accompagnant pas de constipation, mais d’une légère diminution d’appétit. Dans la nuit du 7 au 8, elles ont graduellement augmenté d'intensité pour atteindre leur maximum le 8 au matin.

Localisées habituellement à l’épigastre donnant au malade la sensation d’une barre transversale, elles subissent trois ou quatre fois par jour, le plus souvent une heure et demie environ après les repas, une exacerbation très pénible et qui dure plus d’une heure, entrecoupée il est vrai, par des accalmies de quelques minutes. À chaque paroxysme, le malade présente une sialorrhée réflexe.

L'appétit est nul. Hier matin le malade a rejeté dans une crise douloureuse, un peu de lait qu’il avait pris la nuit.

Constipation opiniâtre.

La langue est blanche et épaisse. Liseré de Burton, surtout au niveau des incisives supérieures.

D ie

Le ventre est rétracté, très sensible à la pression, surtout le long des grands droits.

Le foie est diminué de volume, non douloureux. Pas d’ictère.

Rien au cœur ni aux poumons.

Sur toute l’étendue du corps, s’accentuant à mesure qu’on approche de l’abdomen, existe une hyperesthésie du tégument, des muscles, des os, identique des deux côtés du corps.

Tremblement très marqué des doigts. Ce phénomène n’est pas habituel chez le malade. Il prétend seulement que l’ingestion de café, même en faible quantité le provoque jusqu’à empêcher l'écriture.

Pas de paralysie. Céphalée frontale gravative avec paroxysme sus-orbitaire au moment des coliques. Un peu de surdité. Champ visuel rétréei.

Pollakiurie, sans ténesme, surtout pendant les paroxysmes douloureux.

Comme au premier séjour les urines contiennent un disque épais d’albumine.

Pouls 88. Un peu tendu, non dicrote.

Température normale.

Le 8 octobre, le malade prend un verre d’huile, une selle très peu abondante une heure et demie après. Diminution des douleurs.

Le 9 octobre, selle plus copieuse une heure et quart après l'ingestion de l'huile. Sédation très notable des douleurs.

Le 10 octobre, pas de médicament.

Le 11 octobre, l’abdomen souple est encore douloureux à la pression, surtout au niveau de l’ombilic et du creux épigastrique mais bien moins qu’à l'entrée.

L'hyperesthésie constatée avant-hier a complètement disparu, sauf au niveau de l'abdomen.

Le tremblement a beaucoup diminué.

Un verre d’huile. Même dose le 12 et le 13.

Une selle une heure environ après l’ingestion. Le malade ne souffre plus du tout au lit. Dès le premier jour les paroxysmes ont disparu.

CARoor

Plus d’albumine dans les urines. Les muscles abdominaux sont encore légèrement hyperesthésiés. La céphalée est moindre.

Le 18 octobre, l’huile est supprimée depuis le 16. Le malade est complètement guéri.

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