‹ De l'Huile d'Olives: Traitement de la Colique SaturnineChapitre 9 sur 14 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Prise dans le service de M. Weill.

Ange C..., quarante ans, peintre-plâtrier. Entré le 6 novembre 1892. Salle Saint-Jean, n°7. — Sortile 17 nov. 1892.

Antécédents héréditaires. — Père mort à quarante ans d’une maladie indéterminée, épidémique à ce que dit le malade. Mère morte six mois après de la même affection.

Antécédents personnels. — A seize ans première attaque de rhumatisme, d’allure subaiguë, portant sur toutes les grandes articulalions.

Depuis le malade était exposé tous les deux ans environ à des récidives plus ou moins longues, mais toujours très douloureuses.

Cependant il n’en a pas eu depuis quatre ans.

Il débute dans son métier à l’âge de douze ans.

La première attaque de colique survient vers trente ans. Elle dure trois semaines, d’intensité médiocre.

Depuis, récidive tous les deux ans. Les trois dernières attaques se sont succédé d'année en année. Celles-ci ont été notablement plus douloureuses que les précédentes.

Elles ont duré environ huit jours. La constipation cédait aux purgatifs au bout de quelques jours. Les douleurs diminuaient un peu avec le rétablissement des selles, mais ne disparaissent com plètement qu’au bout de huit jours. Pas de syphilis. Pas d’al-

coolisme.

La maladie actuelle a débuté il y a douze jours sans cause occa-

sionnelle apparente. Anorexie depuis une semaine. Courbature

OU

générale à empêcher le malade de se tenir debout. Soif vive, con stipation absolue. Douleurs intolérables.

Le malade entre à l’hôpital le lundi 6, dans le service de M, le professeur agrégé Bard.

Il y est traité par l’extrait de belladone, huit pillules de 2 centigrammes le premier jour, six le lendemain et quatre les jours suivants.

Purgation avec deux verres d’eau de Sedlitz qui reste sans effet.

Hier matin purgation nouvelle avec un verre d’eau.de-vie allemande.

Pour la première fois depuis dix jours le malade a une selle peu copieuse, dure, noirâtre.

Les douleurs ont été à peine modifiées par l’extrait de belladone, La purgation a produit une légère détente, mais elles ont reparu aussi fortes dans la soirée.

Avant hier et hier, dans la soirée, au moment de s’endormir, le malade a été agité. Il lui semblait que des personnes de connaissance venaient pour l’attaquer.

Il entendait leurs cris, leurs menaces, criait, pleurait, se débattait, se levait, se mettait sur la défensive. On a été obligé de l’atta cher, et il ne s’est endormi qu'après une piqûre de morphine.

Il se rendait compte toutefois qu’il était le jouet d’hallucinations. Au réveil, il s’est rappelé tous les détails de l’attaque.

Ces jours derniers, le malade voyait trouble, la fixation était pénible. Bourdonnements d'oreilles. Vertiges à tomber, surtout par la fixation d'un objet élevé. Pas de céphalée. Pas de sensation particulière dans le pharynx.

La belladone supprimée, tous ces phénomènes disparaissent.

Il y a trois ans, soigné par la belladone, il avait déjà présenté un accès semblable, quoique de moindre intensité après quatre ou cinq jours de médication. Le remède étant supprimé, le délire n’a pas reparu.

Le malade sur notre demande passe dans le service de M. le professeur agrégé Weill.

Etat actuel, 12 novembre. — C’est un homme de constitution

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