LIVRE SIXIÈME, 7CK
nisme, la trace de cette opinion parmi les Juifs. De même que Jésus, suivant l'Évangile même, avait été précédé par plusieurs prétendus Messies, il fut suivi par d'autres. Au second siècle, le Messie Barchochébas entraîna une grande partie de la nation, et, s'il faut en croire les historiens, plus de cinq cent mille Juife périrent avec lui. Au quatrième siècle, S. Jérôme parle de la nouvelle Jéru-salent que les Juifs de son temps espéraient : « Us <f pensent, dit-il, voir le rétablissement d'une Je « rusalem toute d'or et de diamants, et de nouveau « les victimes et les sacrifices, et les mariages des a saints , et le règne du Sauveur sur la terre (i). » xAu septième siècle, Julien, archevêque de Tolède, écrivit, comme je l'ai déjà dit plus haut, à la prière d'un roi d'Espagne,untrai té intitulé Démonstration (lu sixième âge contre les Juifs, Il se plaint qu'ils ont ébranlé la foi des Chrétiens en soutenant, par toute l'Espagne et en tout pays, que le Messie ne s'était point manifesté, « puisqu'il ne devait venir « que dans le sixième dge ou millénaire du monde ^ <t et que, suivant le calcul des livres hébreux, qui, « suivant eux, étaient les originaux et les vérita- « bleSyl'onn'étaitencore quedanslecinquiéme(2).»
(i) « Judaei sibi aiiream atque gemmatam Jérusalem restiiuendam pu- « tant, rursumqué victimes et sacrificia, et conjugia sanctorum, et regnum " in terris Domini Salvàtoris. » ( Comment, ad cap, 19 Jerem.)
('2) « Pestilentiosis objectihus garrientes quod sumpta annoram suppu- « latio ah initio uiundi secundum Hebrxos Codices quintam adhtic sœculi
7IO DE LUUMANITÉ.
Il comineuce par leur demander où ils ont trouvé positivement marqué, « que le Christ devait naître a au sixième millénaire du monde (i). » Puis, comme s'il adoptait leur idée sabbatique , il s'efforce de leur prouver, par l'autorité des Septante, queleChrist est véritablement venu dans le sixième âge ou millénaire , que cette période de six mille ans est même déjà passée, et que par conséquent « ils se trompent en croyant que le monde ne doit « durer que six miUe ans (a). » Au treizième siècle , l'historien arabe Âbul&rage accuse les Juifs d'avoir altéré la chronologie de leurs Écritures, pour la faire concorder avec leur idée sur le septième millénaire. Après avoir montré que, depuis l'origine du monde jusqu'au Messie, les Juifs ne comptent que quatre mille deux cent vingt ans , et que tous les Chrétiens d'Orient à l'exception des SjTÎens, en comptent cinq mille cinq cent quatre-vingt-six, il ajoute que cette différence de plus de treize cents ans est attribuée aux docteurs
<« xtatem iusiiiuet, et necdiini adhuc Chmtum veoisse, quem in sexta cre- « dunt œlale sœculi advenire. » ( Julian. Tolel., Pntfat, in Ub. contra Judœos, )
(i) •* Numquid aut per i.egeni , aut p«r Prophetas , aliciibi speciaJiter •< in sexto inillesimo anno nasciturus praîdictus est Christus. » ( Contra Judœos , lib. III. )
(2) » Intérim manifeste patescit opioio illa vesira vauissima , qua et « sextam adbuc «lalem s«eculi expectatis , et saeculum istud in sex miUibus « taulum auui« slare coofingilis , quos jani et ipsos transactos esse proba- •• l>ilis. » ( Ibid.jiuh fin.;