‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 99 sur 216 · LIVRE S1XI£MF · texte numérisé non relu

LIVRE S1XI£MF

a le monde en six jours. Moïse montre par là que <i Dieu achèvera le monde en six mille ans. Car « un jour pour lui, c'est mille ans. Lui-même l'at- <« teste quand il dit ( Psaume DC ) : Mille ans « deuant mes yeux sont un jour. D'où vous devez « conclure que toutes choses seront consommées <( en six mille ans (i). j»

Le fondement des Juifs pour croire que la consommation finale arriverait au bout de six mille ans était donc que Dieu avait créé le monde en six jours, et qu'il s'était reposé le septième appelé pour cela le Sabbat^ ou le jour du repos ; que selon les divines Écritures, mille ans n'étaient devant ses yeux que comme un jour ; qu'il y aurait par conséquent dans la durée du monde six mille ans pouf les travaux de cette vie, et qu'ensuite viendrait le jour du repos, le jour du Seigneur, le règne de Dieu , le grand Sabbat, le grand Jubilé. Mais com* bien durerait ce Sabbat? C'est ici qu'ils se divisaient : il y en eut qui, continuant la similitude, dirent que ce Sabbat ne durerait que mille ans. Mais la plupart ne poussaient pas l'idée plus loin que cette première palingénésie ou époque mes-

( () « Attendue , filii , quid dicit : ConswnmavU sex diebus, Ita loquitur «< quia consummabit Dominiis omoia sex annoruni mtllibus. Dies enim « apud illiim mille anni sunt. Ipse mihi testis est y dtcens : Ecee hodiemus « dies erit tanquam mille anni. Unde scire debetis quia ia sex millibns « annomm consiimmabuntur omnia : gv toT; sÇoow^iXtoi; Erem wivTsXsOri- « asTx». T« 7:«vTa. » {Episf, CffM,, § ». )

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siaque prédite pour la fin du sixième millénaire, et faisaient du septième millénaire Fétemité.

Au bout de ces six mille ans, donc, et à la suite de cette fin ilu monde^ devait venir la résurredion^ la restauration j le rafraîchissement de tontes choses, la palingénésie ^ comme s'expriment les Evangiles et les écrits attribués aux Apôtres. Or, une fois vulgarisée chez les Jui&, cette idée, qui avait sa source dans l'antique astrologie dont le Mosaïsme était empreint, gagna sans cesse, et ne quitta plus ce peuple. «Même après Jean-Baptiste, après Jésus, après tous les autres Messies qui turent successivement rejetés, loin de s'arrêter, elle fit des progrès , et prit de plus en plus racine , efifaçant les anciennes croyances; si bien que nous la trouvons aujourd'hui régnante dans les synagogues sur les ruines de l'ancien Saducéisme, de l'ancien Ëssénianisme, et de l'ancien Phariséisme. Si vous demandez aujourd'hui aux rabbins juifs ce qu'ils pensent sur la vie fiiture, ils vous parleront de résurrection ; ils vous diront que le plus saint et le plus élevé de leurs dogmes est la résurrection des morts (i). Cette résurrection des morts n'est autre que l'heureux règne du Messie , qu'ils attendent toujours.

On suit, sans interruption, à partir du Christia-

( 1 ) Voy. la déclaration toute récente des rabbins de Londres , à propos des persécutions contre les juifs de Damas.

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