LIVRE SIXIEMI. 7 I I
juifs : « Car, diMl j comme il était marqué dans a la Loi et dans les Prophètes que le Messie Vien- « drait dans les derniers temps , les anciens rab- « bins juifs ne trouvèrent pas d'autre moyen de « rejeter Jésus* Christ qu'en abrégeant les âges ce des premiers hommes , qui faisaient connaître « l'époque du monde. Us se sont donc avisés de « retrancher cent ans de la vie d'Adam avant qu^il «c engendrât Seth , et les ont ajoutés a ses autres « années. Ils ont Êiit de même pour la vie des o autres patriarches jusqu'à Abraham. De sorte «t que y selon leur supputation , Jésus-Christ ne « parut que dans le cinquième millénaire, le monde ce n'étant presque qu'au milieu des temps, qui « selon eux ne doivent être en totalité que de sept M mille ans. Et cela fait , on les a vus dire : Nous « ne sommes encore qu'au milieu des siècles j «donc le temps de l'avènement du Messie ne peut ce être arrivé. Mais ils se trompent ; car le calcul « des Septante fait voir que Jésus-Christ a été « manifesté aux hommes dans le sixième millea naire , et que le temps de sa venue est ac- 'c compii (i). »
(i) Voici le texte de ce corieux passage dans la traduction de Pockoke : « Ab initie mundi usque ad Messiaio , secundam compatuai Legis qu« •t in manibus Judteorum est, anni sunt fere quater mille dacenti viginti^ « Et , secundum computum Legis ex Vereione Septuaginta , qo» in raani - « bus Grsecorum est , et reliquarum Ghristianorum seetarum ^ exoeptis « Syris , anni sunt fere quinquies raille quingenti octoginla sex ; déficiente
'J l-l DE l'humanité.
Ce que dit Abulfarage de la durée totale de Bept mille ans attribuée au inonde par les Jui& , se rapporte à ceux d'entre eux qui ne donnaient au grand Sabbat de Dieu, ou au règne divin y qu'une durée précise de mille ans. Abulfarage confirme par là ce que tant d'autres témoignages prouvent d'ailleurs , que l'idée première en tout ceci était l'idée d'un septénaire complet , composé de six grands jours , de mille ans chacun , consacrés au travail et à la souffrance, mais suivis d'un Sabbat.
Ceux qui poussaient la similitude de la durée de la semaine avec la durée générale du monde au point de croire que le règne du Messie ne serait que de mille ans pourraient être nommés les Millénaires juifs. On connaît l'hérésie des Millénaires ou Chiliastes chrétiens , qui commença au temps
M computo priori a secundo annis mille trecentis septuaginta quinque : « qui defectus adscribitur doctoribus Judœoruni. Nam cum prœnunliatuiu « esset in Lege el Prophetis Je Messie missuin iri ipsuQi ultimis tempo- « ribus ; nec aliud esset rabbinis anti quioribus commentum, quo Cbrislum M rejicerent , quam si liominum aetates , quibus dignosceretur mundi m epoche , mutarent , subsiraxerunt de vita Âdami , dooec nasceretur « Setb , centud) annos , eosque reliquo ipsius vitœ addiderunt ; ideroque « fecerunt iu vitis reliquorum Adami Gliorum usque ad Abrahamum. Att que ita faclum est ut indicet eorum computus manifesta tum esse Chris- • tum millenario quinto, prope accedente ad médium annornm mundi, w qui omnes secundum ipsos futuri suut septies mille. Dixeruntque : Nos » adbuc medio temporis sumus, et nondum adest tempus adventus Messias « designatus. At computus Septuaginta Seniorum indicat manifestatum e8s« « (.hristum millenario sexto, atque adfuisse tempus ipsius.» (^Hist. Dynastiarum , dynast. VII, pag. 7« ).