‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 105 sur 216 · LIVRE sixifeivrE · texte numérisé non relu

LIVRE sixifeivrE

sîes des Prophètes, non seulement l'annonce de ce qui allait arriver, mais ce grand changement luimême, tel qu'il devait s'opérer, figuré et raconté à l'avance.

Il ne faut donc pas séparer l'opinion qui a donné naissance au Christianisme , c'est-à-dire l'opinion d'un Sauveur du monde ou d'un Messie, de l'idée qui avait engendré cette opinion et qui lui était indissolublement unie, savoir que le monde devait se régénérer au bout de six mille ans. La palingénésie promise à Israël, et toutes les prophéties concernant le Messie, le fils de David, l'homme de V unité ^ qui viendrait sauver les Juifs, ne doivent elles-mêmes être considérées que comme une autre face de la palingénésie astrologique^ doctrine bien plus ancienne, qui avait son empreinte gravée dans la Genèse et dans toutes les institutions de Moïse.

Aussi non seulement les Évangiles et les écrits des Apôtres roulent sur cette palingénésie du monde vue à travers les Prophètes, mais tous les écrits des premiers Pères, des Pères des quatre premiers siècles, en sont profondément imbus. Il est évident par mille passages que les Apôtres et tous les Chrétiens de la primitive Église n'attendaient que la fin des siècles. S. Paul se vit souvent obligé de rassurer à cet égard les Églises avec lesquelles il correspondait. Il écrit aux Chrétiens de Thessalonique : « Nous vous prions, mes frères, I. ffi

•J'21 DE LnilMÀMlTI*:.

« par l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ c< et par la réunion que nous aurons un jour avec « lui, de ne vous point troubler, en croyant,, sur « la foi de quelque esprit prophétique, sur quela que rumeur vague , ou même sur quelque lettre a supposée venue de nous , que le Jour du Roi a ( du Christ ) est proche (i). » Il leur avait appris antérieurement que le jour du Roi ou du Christ n'arriverait point que l'Antéchrist , qu'il appelle l'impie , l'homme de péché , le fils de perdition, ne parût auparavant. Il les rassure donc en leur montrant que cet Antéchrist n'a point encore paru. Et il ajoute : « Vous savez ce qui empêche qu'il u ne vienne ; il faut qu'il se manifeste en son « temps (2). » Qu'entendait S. Paul par ce temps fixé pour la venue de l'Antéchrist , sinon la fin du sixième millénaire ? Quand quelque chose d'extraordinaire arrivait, soit au ciel, soit sur la terre, ces premiers Chrétiens , tout pleins de l'idée palingénésique , se figuraient aussitôt qu'ils étaient à la fin de ce sixième millénaire, et que le monde allait s'écrouler. Us ne voyaient dans les persécutions faites aux fidèles que des présages assurés des approches de l'Antéchrist. Quand Néron commença à persécuter les Chrétiens dans Rome , il fut regardé par plusieurs comme l'Antéchrist,

(i) Aç oTt îve'dTVjxev r; rju-cpa XpioroO . fjuast instet dies Chrisii, {•j) « Kt niiiic^iiid delineat scilis, ut revetetur in suo tempore.^

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