‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 112 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Il y avait donc partout , vers le temps de Jésus, lussi bien chez les Gentils que chez les Juifs, un Dressentiment que l'homme, la société, l'univers, lUâient bientôt se renouveler par une palingélésie. Si les Juifs croyaient à la période sabbatique où le monde devait se transformer par miracle, les Grecs et les Romains aussi y croyaient sous le nom de grande année. Si les Juifs croyaient à la venue d'un prophète ou d'un roi qui rallierait les Hébreux en un seul faisceau, et leur rendrait au centuple l'ancienne félicité de Sion , les Grecs et les Romains aussi avaient l'idée d'un nouveau sceptre qui s'étendrait sur le monde entier, et lui rendrait l'âge d'or, en fondant et unissant ensemble tant de peuples absorbés dans l'empire , mais non identifiés jusque-là. Enfin si les Juifs , ou du moins les plus philosophes et les plus religieux d'entre eux, pressentaient qu'une sorte de résurrection s'accomplirait dans Adam , c'està-dire dans l'homme , dans la nature humaine , et que , de même qu'Adam , ou l'homme, était sorti de l'Éden , et tombé dans le mal , dans le péché ,

« bro XXIf . Rectius autem ac verissime id oraciilum de Senratore hiimani « gêner js, Domino nostro Jesu Christo, intelligetur. Neque enim toti (er- « rarum orbi imperavit, sed Romano imperio duniaxat. » (Zonaras,y^/?/?a/. , tom. II, p. 193.) — «Tues Caesar^Vespasiane, et imperator... Dominus « quidem non mei soliiis es tu, Cœsar, verum etiam terrœ , marisque , ac «• totius humani generis (iravroç àvOpcÂTrcu 'yévouç). » (Eusèbe, Hist, £cc/«j., lib.II, c. ig.)

par l'égoïsme joint à la connaissance , de même rhomme rentrerait dans l'Éden , dans la vie, dam la vraie vie j dans la vie divine et étemelle , en le renouvelant par Famour, par la charité jointe à k connaissance ; les plus religieux aussi des Grecs et des Romains inclinaient sensiblement à cette grande et sublime doctrine. Car, encore une fois, ni la philosophie de Pythagore, ni celle de Socrate et de Platon , ni celle de Zenon, ni aucune autre^ n'avaient pu, il est vrai, solidement s'établir; mais de toutes ces sources antiques s'élevait comme un parfum de moralité nouvelle et d'humanité. Le souvenir de tant de maux que tant de guerres pendant tant de siècles avaient exigés, et le résultat même de ces guerres, invitaient d'ailleurs à cette moralité nouvelle, qui embrasserait dans son sein vainqueurs, vaincus, et jusqu'aux esclaves. Qui n'était esclave alors et vaincu dans ce monde où toutes les races se trouvaient confusément agglomérées , et réduites toutes à une sorte de niveau d'impuissance sous un seul homme, l'empereur? De toute façon donc le règne mes* siaque était en germe chez les Gentils comme chez les Juifs; seulement le peuple juif était évidemment le noyau qui devait servir de centre de formation à cette grande révolution de l'esprit humain et de la société humaine. Là , en eSiet , ce qui , chez les Gentils , était obscur et nébuleux,

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