‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 114 sur 216 · LIVRE SIXIEME. 74 I · texte numérisé non relu

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Palingénésie, comme dit l'Évangile, palingénésie sous toutes ses formes, renaissance, renouvellement, nouvelle genèse, création nouvelle, voilà donc, si j'ose ainsi m'exprimer, le mot d'ordre qui parcourut le monde à l'époque de Jésus-Christ. Cette palingénésie , on la voyait dans l'univers , on la voyait dans la société civile et politique, on la voyait dans l'homme; elle avait trois formes, une forme cosmique ou physique, une forme sociale ou politique, une forme psychique ou psychologique. Elle regardait l'individu, qui devait se renouveler, mourir et renaître dans son être, dans sa nature la plus intime, dans sa connaissance, dans son amour, dans son activité. Elle regardait les hommes en général , ou la société , qui devait également se renouveler, mourir et renaître, se transformer par conséquent dans son principe même de sociabilité. Enfin elle regardait l'univers; car un miracle en dehors de l'homme, un miracle dans toute la nature, dans le soleil , dans les astres, dans les corps, devait accompagner ce grand miracle de la résurrection de la nature humaine et de la société humaine.

Mais cette triple palingénésie ne frappait pas également de ses trois rayons les esprits divers. Les uns étaient plus impressionnés de l'idée d'un miracle physique, les autres s'attachaient davantage aux prophéties politiques , enfin les esprits

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contemplatifs étaient plus pénétrés de l'idée religieuse et métaphysique.

C'est la synthèse de ces trois formes de l'idée de palingénésie , c'est leur mélange, et à quelques égards leur confusion j qui donne aux Évangiles ce caractère de sublimité et en même temps de merveillosité et, si j'ose le dire, de féerie, qui a frappé, étonné et entraîné tant de générations.

L'Évangile est un tissu fabriqué, avec un art aussi naturel que prodigieux, de trois fils différents, qui non seulement se mêlent et s'entrecroisent, mais qui, comme s'ils étaient vivants, se chan* gent et se transforment les uns dans les autr^ , à mesure que l'œil les considère. Vous suivez attentivement l'idée cosmologique, l'idée de la palingénésie générale de l'univers ; vous la distinguez clairement, et vous allez dire : Voilà ce que le Messie représente. Mais, à l'instant même, c'est l'idée politique qui surgit, idée palingénésique aussi, mais politique et juive. Il ne s'agit plus, à ce qu'il semble, de l'antique prédiction des astrologues sur la durée du monde; jl s'agit des Juifs et de leur empire. C'est à travers les peintures des Prophètes, peintures qui se rapportent à la nation juive , que la palingénésie maintenant vous apparaît. Un Messie, un roi a été prédit aux Juifs. Il doit descendre de David; il doit rétablir l'unité parmi les Hébreux. C'est ce Roi que, dès le commencement de l'Evan-

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