‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 116 sur 216 · LIVRE SIXlilME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXlilME

dans le sens divin où il là comprend , est identique avec la vie éternelle.

C'est ainsi que , suivant le point de vue où l'esprit se place dans la contemplation de ce livre étonnant qu'on appelle l'Évangile, la palingénésie messiaque , ou le règne de Dieu , revêt trois formes différentes, qui s'enveloppent pour ainsi dire les unes les autres, et, quoique fort distinctes si on les isole par l'analyse, se confondent synthétiquement.

Le Christianisme est donc expliqué , sans qu'en aucune façon sa vérité relative soit détruite, du moment où l'on comprend comment l'idée vraie de palingénésie, c'est-à-dire de rénovation, de transformation , de progrès , a revêtu et a dû revêtir, à cette époque de l'humanité, des formes fausses, et comment, bien que la résurrection telle que l'entendaient Jésus et le Christianisme soit une chimère, Jésus et le Christianisme étaient cependant dans la voie de la vérité, en suivant cet idéal de palingénésie générale et de résurrection.

Je prouverai d'abord, par le texte même des Évangiles, qu'au moment où Jésus entreprit sa prédication , tous les esprits en Judée étaient persuadés de l'échéance prochaine de cette fameuse époque palingénésique où le monde devait finir et ressusciter. Les passages qui le montrent sont répandus en foule d'un bout des Évangiles à l'autre ; je n'aurai qu'à choisir, et je citerai seulement

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quelques-uns des plus notables. On va voir que, depuis le roi Hérode jusqu'aux damiers du peuple, cette opinion était générale.

A peine Jésus est-il né, que, suivant FÉvangile, Hérode s'inquiète de la visite des Mages, parce qu'il suppute que le temps du Messie, le £uneiix septième millénaire est arrivé : « Le roi Hérode <c ayant appris la visite des Mages en fut troublé, (c et tout Jérusalem avec lui. Et ayant assemblé a tous les principaux sacriBca leurs et l'es scribes tf du peuple, il s'informa d'eux où le Roi (le Christ) « devait naître. Et ils lui dirent : C'est à Bethléhem, m ville de Judée ; car c'est ainsi que Fa écrit un a Prophète (i). i>I^ massacre des en£ants à Betbléhem et la fuite de la sainte famille en Egypte, qui nous paraissent aujourd'hui des &bles si bizarres et si absurdes , ne devaient pas même paraître extraordinaires ou invraisemblables quand les Evangiles furent écrits. Car ces fables, s'il &ut les traiter ainsi, se rapportaient à l'idée fondamentale que le Messie viendrait à une certaine époque précise et déterminée. 11 était donc fort naturel de supposer qu'Hérode, qui se donnait lui-même pour une sorte de Messie et qui avait fondé la secte des Hérodiens (2) , avait dû s'inquiéter beaucoup

(i) s. Matthieu, ch. II, v. 3-5.

(a) Les Hérodiens, suivant Tertullien, S. Epiphane, S. Jérôme, S. Chryftostome, Théophylacte , et d'autres anciens, croyaient qu'Hérode était le Messie.

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