‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 117 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

de tout présage qui pouvait se rapporter à l'époque et à l'homme messiaques. Un autre passage de l'Évangile nous fait encore mieux comprendre la vraisemblance que pouvait avoir, dans l'opinion des Juifs et des premiers Chrétiens, cette persécution d'Hérode. Ce prince étant mort, son fils Hérode- Antipas lui succéda comme tétrarque de la Galilée. Or celui-ci, suivant l'Évangile, croyait tellement à répoque messiaque, il était tellement imbu de cette doctrine d'ime fin et d'une résurrection prochaine de toutes choses, qu'il était au moins aussi résurrectioniste que le furent Jésus ou S. Paul. Quand le bruit des cures merveilleuses opérées par Jésus en Galilée vient à se répandre au loin, Hérode-Antipas croit que Jean-Baptiste est ressuscité des morts , et que c'est lui qui fait les miracles que l'on attribue à Jésus: « Or le roi Hérode entendit parler de Jésus; (c car son nom était fort célèbre. Et il dit: Ce Jean « qui baptisait est ressuscité.d'entre les morts ; c'est « pour cela que les puissances agissent en lui. — « D'autres disaient : C'est Élie; et d'autres : C'est <c un Prophète ou un homme semblable aux Pro- « phètes. Mais Hérode en ayant ouï parler , dit : t< C'est ce Jean que j'ai fait décapiter; il est ressuscc cité d'entre les morts (i). »

Croire que Jean-Baptiste était ressuscité rentrait dans la doctrine même prêchée par Jean-Baptiste.

(i) s. Marc, ch. VI, v, 14-16. Cf. S. Matthieu, ch. XIV, v. i-a^

744 ^^ l'homanité.

Quelle était en effet, suivant l'Évangile, la formok de Jean-Baptiste dans sa prédication? « Amendeitf vous, car le royaume des deux est proche (i).t Jean-Baptiste annonçait donc la proximité de l'époque messiaque , de l'époque de fin et de renouvellement, et l'approche du grand Sabbat que l'on appelait le règne de Dieu , ou le royaume du ciel. Croire, dis-je, que Jean-Baptiste était ressuscité, et que c'était lui qui faisait les prodiges attribués à Jésus , ce n'était donc pas sortir de cette doctrine de résurrectionisme qui occupait alors les esprits. Certes, je n'affirme pas qu'Hérode-Antipas ait réellement cru que Jésus était Jean-Baptiste ressuscité. Je ne soutiens pas non plus la vérité historique du massacre des innocents ordonné par son père Hérode-le-Grand. Je soutiens seulement qu'en attribuant ces pensées et ces actions à ces deux princes, l'Évangile suppose par là qu'ils étaient résurrectionistesj et croyaient, comme une multitude de Juifs, à une très-prochaine résurrection ou palingénésie.

Jésus n'était pas Jean-Baptiste ressuscité, mais il fut le continuateur de Jean-Baptiste. Il prêcha la même formule; il annonça comme lui la fin prochaine et la résurrection du monde, sous tous les aspects où cette doctrine de fin et de résurrec-

(i) s. Matthieu, c. III, v. a : MeTavoÎTiVrnDCE -yàp tq CaaiXeîa twv oOpaviâv.

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