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tion pouvait être envisagée , mais avec une telle supériorité j que ses disciples ne regardèrent plus Jean-Baptiste que comme son précurseur, le considérant lui-même comme le Messie en personne. Suivant S. Jean , ce fut Jean-Baptiste qui soupçonna d'abord que Jésus pouvait bien être le Messie attendu, et ce furent deux disciples de Jean-Baptiste qui, sur cette indication de leur maître, s'imaginèrent les premiers que Jésus était en effet ce Messie :. « Jean étant avec deux de ses « disciples, et voyant Jésus qui passait, il dit : ce Voilà l'agneau de Dieu. Et ses deux disciples, « l'ayant ouï parler ainsi, suivirent Jésus. Jésus « s'étant retourné , et voyant qu'ils le suivaient , il 'f leur dit: Que cherchez-vous ? Ils lui répondirent: « Rabbi ( c'est-à-dire maître ) , où demeures-tu ? 11 a leur dit : Venez et voyez. Ils y allèrent, et de- M meurèrent avec lui ce jour-là. André, frère de a Simon Pierre, était l'un de ceux qui avaient a entendu ce que Jean disait, et qui avaient suivi a Jésus. André alla chercher le • premier Simon « son frère, et lui dit : Nous aidons trouvé le o iWej'j'/e (c'est-à-dire en grec Christos, le Christ), u Et il l'amena à Jésus. Jésus l'ayant considéré lui « dit : Tu es Simon , fils de Jona ; tu seras appelé « Kiphas (c'est-à-dire en grec Petros ^ Pierre). Le w lendemain, Jésus voulut s'en aller en Galilée, et « il trouva Philippe, et lui dit : Suis-moi. Or Phi-
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« lippe était de Bethsaide , qui était aussi la ville « d'André et de Pierre. Philippe rencontra Natha- (c naël y et lui dit : Nous awns irouué celui de qui «< Moïse a écrit dans la Loi, eu dont les Prophètes (c ont parlé; c'est Jésus de Nazareth , le fils de « Joseph, etc. (i). »
L'idée préexistante de la prochaine échéance de la période sabbatique ou messiaque explique donc tout naturellement le commencement de la prédication de Jésus. L'opinion que Jésus pourrait bien être le Messie sort , au début , de l'école même de S. Jean-Baptiste. Jésus commence par répéter, avec les disciples de Jean , que le septième millénaire approche : « Or, après que Jean eut été mis en ce prison , Jésus s'en alla en Galilée , préchant (C l'évangile du règne de Dieu, et disant : Le « TEMPS EST ACCOMPLI, ct Ic règne de Dieu aptf proche. Amendez-vous et croyez à la bonne nonce velle (i) ». Dans S. Matthieu, la formule que Jésus emploie est identiquement celle de Jean- Baptiste : ce Jésus commença à prêcher, et à dire : c< ^ mendez'vous j car le royaume dès deux est ce proche... Et Jésus allait par toute la Galilée, ce enseignant dans les synagogues, prêchant Véifante gile de la royauté (3). » Cet évangile de la
(i) s. Jean, ch. I, v. 35-45.
(2) s. Marc, rhap. I, V. t4-i5.
(3) S Matthieu, ch. IV, v. 17 el v. i3.
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royauté, ri eùc^yAiaw tHç ^mîkdau; , 00 de la royauté de Dieu , to euayyeXiov tîç ^aunksia^ toC eeou, ou de la royauté céleste, -ci tùariytktM tHç ^aeîk^ tûv oùpavfiv, n'était donc en aucune £açon particulier à Jésus. En le répandant à son tour, Jésus ne faisait que prêcher une chose déjà préchée par bim d'autres avant lui, à savoir, comme il le dit luimême, que /e temps était accompli, et que le sep^ tième millénaire , ou le grand Sabbat divin , allait venir : c'était là ce que l'on appelait le règne, ou le règne de Dieu , ou le royaume des cieux , ou enfin la résurrection. La prédication de la prochaine venue àe ce grand Sabbat dis^in s'appelait la bonne nouvelle, l'évangile. C'était tout simplement la bonne nouvelle ou l'évangile de la prochaine venue de ce règne; mais au lieu de répéter toujours, comme ils le font la plupart du temps, C évangile du règne , c'est-à-dire la bonne nouvelle de l'époque palingénésique , les écrivains sacrés se bornent quelquefois à dire X évangile, en sous-entendant l'idée à laquelle se rapportait cet évangile ou cette bonne nouvelle. Ainsi dans S. Matthieu : « Jean ayant ouï parler dans sa prison de ce que « Jésus-Christ faisait, il envoya deux de ses disa ciples pour lui dire : Es-tu celui qui doit venir, a ou devons-nous en attendre un autre? » Jésus répond : <c Allez et reportez à Jean les choses que « vous voyez et que vous entendez. Les aveugles
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« recouvrent la vue, les boiteux marchent, les a lépreux sont nettoyés , les sourds entendent, a les morts ressuscitent , et Y évangile est annoncé a aux pauvres (i). d II est clair que cet évangile qui est annoncé aux pauvres est l'évangile du résurreclionisme j le même évangile ou la même bonne nouvelle que prêchait Jean-Baptiste. Une partie assez considérable de la nation était entrée, à la voix de Jean-Baptiste , dans la croyance que la période palingénésique était enfin arrivée, et Jésus lui-même atteste l'effet prodigieux que Jean avait produit en prêchant le résurrectionisme. « Qu'êtes- <r vous allés voir dans le désert? » dit-il au peuple assemblé autour de lui. « Était-ce un roseau a agité par le vent ? Était-ce un homme vêtu d'ha- « bits précieux? Non; c'était un prophète.... Et « tout le peuple qui l'a entendu , jusqu'aux a péagers, ont justifié Dieu, ayant reçu le bap- « tême de Jean. Mais les Pharisiens et les docteurs « de la Loi ne s' étant pas fait baptiser, ont rejeté « le dessein de Dieu à leur égard (2). » Jésus veut par là conclure de la prédication de Jean la vérité de sa propre prédication. Puisque Jean annonçait le Messie, dit-il, et que vous avez reçu son baptême, croyez donc au Messie.
Au surplus , l'effet même de la prédication de
(1) s. MaUhieUf ch. XI, v. i-5. Cf. S. Luc, ch. VII, v. 19-aa. (1) s. Luc, cIj. VII, V. a4-25 et î»8-ag.