LIVRE SIXIÈME. /jQ
« dans Chanaan, se témoigna comme un Dieu plus « puissant qu'aucun autre.
ce Et, en continuant à se témoigner le plus puisce sant de tous les dieux (mérite qui ne peutappar- « tenir qu'à un seul) , il habitua insensiblement « les Juifs à l'idée d'un Dieu unique.
« Mais combien cette idée n'était-elle pas encore c( inférieure à la véritable notion transcendan- <c laie de" l'Unité, qi/e la raison conçut si tnrdj ef « qui ne peut être déduite avec certitude que de « Vidée de V infini !
a Le peuple juif, cependant, était loin de pou- « voir s'élever à la vraie conception de l'unité , « quoique les hommes supérieurs de la nation s'en a fussent plus ou moins approchés; et c'était la « vraie, la seule cause pour laquelle les Juifs aban- « donnaient si souvent leur Dieu unique, croyant Vf trouver le Dieu unique, c'est-à-dire le Dieu le a plus puissant, dans le premier dieu venu d'un ff autre peuple.
« Mais un peuple si grossier , si inhabile aux « idées abstraites , si complètement en état d'en- « fance, quelle éducation morale pouvait-on lui a donner? Aucune, que celle qui convient à l'en- « fance : l'éducation par les châtiments et les ff récompenses immédiates et matérielles.
« Ici encore nous voyons l'éducation et la Ré- « vélation se rencontrer. Dieu ne pouvait donner
« à son peuple une religion, une loi, sans attacher « à l'observation ou à la non-observation de cette « loi l'espoir ou la crainte du bonheur ou du mal- <c heur dans ce monde. Car les regards des Juifs a ne s'étendaient pas encore au-delà de cette vie; « ils ne sav^aient rien de Vimmortalité de tâme^ et (f ne désiraient point de vie future. Leur révéler « ces choses , lorsque leur raison était encore si « fort en arrière , n'eût-ce pas été , de la part de a Dieu, faire la faute d'un pédagogue vaniteux, « qui aime mieux excéder les forces de son élève, « pour en* faire parade, que de l'instruire d'une a manière solide?
a Mais à quoi bon, demandera-t-on, faire l'édu- « cation d'un peuple si grossier, d'un peuple que ce Dieu était obligé de recommencer si complètece ment? Je réponds : Afin de pouvoir, dans la suite ce des temps, employer d'autant plus sûrement des ce membres isolés de ce peuple à faire l'éducation ce de tous les autres peuples. Dieu éleva dans ce ce peuple les futurs instituteurs de Thumanité, ce Ce furent en effet des Juifs qui continuèrent en ce grand l'éducation des autres hommes , et ce ne ce pouvaient être que des Juifs , des hommes pris ic au sein d'un peuple ainsi élevé.
ce Reprenant notre comparaison : l'enfant grance dit au milieu des coups et des caresses, et, venu ce à l'âge de raison , il est forcé de quitter tout d'un