LIVRE SIXIÈME
« coup la demeure de son père. Alors il apprécie « aussi tout d'un coup les douceurs qu'il avait « goûtées et méconnues dans la maison pater- (c nelle.
« Pendant que Dieu faisait passer son peuple a par tous les degrés de l'éducation de l'enfance, « les autres peuples de la terre aboient marche à « la lumière de la raison. La majeure partie était « restée fort en arrière du peuple élu ; quelques « uns seulement l'aidaient de\^ancé. C'est aussi ce (( qui a lieu chez les enfants qu'on abandonne à « leurs propres forces : la plupart restent tout-à- « fait grossiers, quelques ims se forment même « jusqu'à étonner.
« Mais, de même que ce petit nombre plus favo- « risé ne prouve rien contre l'utilité et la nécessité « de l'éducatipn , de même le peu de nations « païennes qui semblaient avoir pris l'avance sur a le peuple d'élite, même dans la connaissance de a Dieu, ne prouve rien contre la Révélation. L'en- <( faut de l'éducation commence à pas lents, mais (c sûrs ; il rattrape tardivement maint enfant de la « nature plus heureusement organisé que lui. a Mais cependant il le rattrape , et sans que ce « dernier puisse jamais à son tour le rattraper.
a Pareillement encore, et en mettant de côté le « dogme de l'unité de Dieu, qui se trouve et ne se « trouve pas dans les livres de l'Ancien Testament,
/198 i)K l'humanité.
« il n'y a rien à conclure contre l'origine divine de i( ces livres de ce que le dogme de rimmortalUé de « [âmej et celui qui s'y rattache^ des peines et des « récompenses futures, y sont entièrement passés « soïis silence. Il n'y a là rien qui empêche les « miracles et les prophéties de l'Ancien Testament « d'être très-authentiques. Mettons en effet que « ces dogmes, non seulement y soient omis, tf mais encore qu'ils soient dépourvus de vérité; « mettons que dans cette vie tout fût réellece ment fini pour l'homme, l'existence de Dieu « en serait-elle moins prouvée? En serait-il moins « permis à Dieu et lui siérait-il moins bien de « s'intéresser en personne au sort temporel d'un « peuple quelconque pris au sein de cette race « périssable? Les miracles que Dieu fit pour les « Juifs, les prophéties qu'il les chargea d'écrire, « n'étaient pas seulement destinés au petit nombre « des mortels juifs qui en furent contemporains : (c Dieu assoit en vue tout le peuple juif ^ toute thu- « manité^ dont la durée sur la terre sera peut-^tre « éternelle^quand bien même chaque Juif , chaque « homme en particulier, mourrait pour toujours. « Encore une fois , l'absence de ces dogmes dans « les écrits de l'Ancien Testament ne prouve rien « contre leur divinité. Moïse était envoyé de Dieu, « quoique la sanction de sa loi ne s^ étendit qu'à a cette vie. Et pourquoi se serait-elle étendue au-