‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 13 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

« coup la demeure de son père. Alors il apprécie « aussi tout d'un coup les douceurs qu'il avait « goûtées et méconnues dans la maison pater- (c nelle.

« Pendant que Dieu faisait passer son peuple a par tous les degrés de l'éducation de l'enfance, « les autres peuples de la terre aboient marche à « la lumière de la raison. La majeure partie était « restée fort en arrière du peuple élu ; quelques « uns seulement l'aidaient de\^ancé. C'est aussi ce (( qui a lieu chez les enfants qu'on abandonne à « leurs propres forces : la plupart restent tout-à- « fait grossiers, quelques ims se forment même « jusqu'à étonner.

« Mais, de même que ce petit nombre plus favo- « risé ne prouve rien contre l'utilité et la nécessité « de l'éducatipn , de même le peu de nations « païennes qui semblaient avoir pris l'avance sur a le peuple d'élite, même dans la connaissance de a Dieu, ne prouve rien contre la Révélation. L'en- <( faut de l'éducation commence à pas lents, mais (c sûrs ; il rattrape tardivement maint enfant de la « nature plus heureusement organisé que lui. a Mais cependant il le rattrape , et sans que ce « dernier puisse jamais à son tour le rattraper.

a Pareillement encore, et en mettant de côté le « dogme de l'unité de Dieu, qui se trouve et ne se « trouve pas dans les livres de l'Ancien Testament,

/198 i)K l'humanité.

« il n'y a rien à conclure contre l'origine divine de i( ces livres de ce que le dogme de rimmortalUé de « [âmej et celui qui s'y rattache^ des peines et des « récompenses futures, y sont entièrement passés « soïis silence. Il n'y a là rien qui empêche les « miracles et les prophéties de l'Ancien Testament « d'être très-authentiques. Mettons en effet que « ces dogmes, non seulement y soient omis, tf mais encore qu'ils soient dépourvus de vérité; « mettons que dans cette vie tout fût réellece ment fini pour l'homme, l'existence de Dieu « en serait-elle moins prouvée? En serait-il moins « permis à Dieu et lui siérait-il moins bien de « s'intéresser en personne au sort temporel d'un « peuple quelconque pris au sein de cette race « périssable? Les miracles que Dieu fit pour les « Juifs, les prophéties qu'il les chargea d'écrire, « n'étaient pas seulement destinés au petit nombre « des mortels juifs qui en furent contemporains : (c Dieu assoit en vue tout le peuple juif ^ toute thu- « manité^ dont la durée sur la terre sera peut-^tre « éternelle^quand bien même chaque Juif , chaque « homme en particulier, mourrait pour toujours. « Encore une fois , l'absence de ces dogmes dans « les écrits de l'Ancien Testament ne prouve rien « contre leur divinité. Moïse était envoyé de Dieu, « quoique la sanction de sa loi ne s^ étendit qu'à a cette vie. Et pourquoi se serait-elle étendue au-

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