‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 121 sur 216 · LIVRE SIXIEME. yS · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME. yS

<c j'ai fait; ne serait-ce pas le Christ fi)? » Les habitants de ce lieu, ayant à leur tour vu et entendu Jésus , inclinent , comme cette femme, à le prendre pour le prophète qui doit sauver le monde : « Et « il y en eut beaucoup qui crurent en lui après « l'avoir entendu , et ils disaient : Nous voyons « bien que c'est lui qui est véritablement le Christ, « le sauveur du mondera). »

Je n'ajouterai plus que deux citations de l'Évangile relativement à la préexistence de l'idée d'une palingénésie ou résurrection chez les Juifs avant la prédication de Jésus. Après la transfiguration sur la montagne, il y a entre Jésus et ses disciples une conversation qui montre jusqu'à quel point tous les détails de l'époque messiaque avaient été étudiés ou, si l'on veut, imaginés et rêvés par les lettrés juifs avant Jésus-Christ. On croyait que le prophète Élie ressusciterait d'abord , et que le Messie ne viendrait qu'ensuite. Jésus suppose que Jean-Baptiste a été en effet Élie ressuscité : « Et '< comme ils descendaient de la montagne, il leur c( défendit de dire à personne ce qu'ils avaient vu, « jusqu'à ce que le Fils de l'homme fut ressuscité « des morts. Us fetinrent donc cette parole en « eux-mêmes, se demandant les uns aux autres « ce que cela voulait dire , ressusciter des morts ?

il) s. Jean, ch. IV, v. 29.

(a) Ih'id.^ V. 42.

758 i>E l'huma If iTli.

«Et ils Tinterrogèrent 9 disant : Pourquoi les « scribes disent-ils qu'il faut qu^Élie vienne aua paravant ? Il leur répondit : Il est vrai qu'Élie « devait venir premièrement et rétablir toutes ce choses y et qu'il en devait être de lui comme da « Fils de l'homme, duquel il est écrit qu'il feut (c qu'il souffre beaucoup et qu'il soit méprisé. « Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu , comme « il est écrit de lui, et qu'ils lui ont fait tout ce « qu'ils ont voulu (i). » S. Matthieu, dans son récit, conforme d'ailleurs à celui de S. Marc, ajoute : « Alors les disciples comprirent que c'é- « tait de Jean-Baptiste qu'il leur avait parlé. »

Enfin , après le crucifiement , Joseph d'Arimathée demande le corps de Jésus à Pilate. Ce Joseph d'Arimathée pouvait être secrètement disciple de Jésus, comme deux des Évangélistes , S. Matthieu et S. Jean, le disent; mais il était ostensiblement résurrectioniste y bien qu'il ne voulût pas paraître partisan de Jésus : « Comme il était déjà a tard, et que c'était le jour de la préparation, « c'est-à-dire la veille du sabbat, Joseph d'Arima- « thée, qui était un sénateur jouissant de grande « considération , et qui attendait aussi le règne « de Dieu (oç x.al aÙToç -h 'Trpod^ejç^ojAevo; tov pa<it>.eiav « Tou ©eou), vint avec hardiesse vers Pilate, et lui « demanda le corps de Jésus (2). »

(r) S.Marc, ch. IX, v. 9-i3.Cf. S. Matthieu, ch. XVII, v. io-i3, (a) s. Marc, ch. XV, v. 41-4 3. Cf. S. Luc, ch. XXIII, ▼, 5o-5i.

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