LIVRE SIXIÈME
démontré, dans un autre écrit (i), qu'il était Essénien.
Entre la métaphysique, la morale et les sacrements ou mystères des Esséniens , et la métaphysique, la morale et les sacrements ou mystères du Christianisme primitif, je défie tout homme de bonne foi de constater une différence quelconque, à cette seule exception que Jésus se crut le Messie et prêcha la prochaine palingénésie du monde.
Nous connaissons admirablement, par Joseph et Philon, la doctrine et la pratique des Esséniens; seulement ces témoignages, si importants pour l'histoire du développement religieux de l'huma-
aussi jeunes que Jean-Ba|)tiste et Jésus? En supposant, au contraire, que les Évangélistes ont voulu parler du piemier dénombrement d'Auguste, tout s'explique aisément. Jésus aurait eu environ vingt ans à la mort d'Hérode-le-Grand , et son éducation ne serait plus dès lors une énigme peur nous ; car il aurait passé sa jeunesse en Egypte , conformément à eu que rapporte ré vangéliste primitif, S. Matthieu. Or Jésus fut si évidemment un Thérapeute , que je ne vois pas quelle raison empêcherait de croire qu'il ait vécu avec les Thérapeutes des environs d'Alexandrie. Revenu en Galilée à Nazareth, il aurait reçu le baptême de Jean vers rage de trente ans, comme disent les Évangélistes. Mais la prédication de Jean-Baptiste ne serait plus resserrée à une seule année , ou à deux ou trois ans au plus, comme sont forcés de le dire les partisans de l'opinion ordinaire. Gf tte prédication aurait eu toute l'étendue que son grand effet suppose. Jésus, à son tour, aurait commencé à enseigner environ dix ou douze ans après l'ère vulgaire; et, en fixant sa condamnation à l'an xxxiii , sa prédication aurait duré vingt ans , comme le dit S. Irebée, d'après le témoignage de l'école de S. Jean, et en se fondant sur les Évangiles mêmes. Quand on voudra comparer cette chronologie à celle qui est adoptée si légèrement, on verra, je crois, qu'elle a tout avantage sur cette dernière. {}) De fÉgalijéy deuxième partit'.
Avec une identité si évidente et si parfaite entre les dogmes de l'Essénianisme et les dogmes de rÉvangile, peut-on sérieusement supposer que Jésus n'ait pas vécu dans. cette secte? Il aurait donc été, dans cette hypothèse, Essénien sans le savoir! Mais quelle absurdité! Les Esséniens étaient aussi connus de tout le monde en Judée au temps de Jésus, et bien des siècles avant Jésus, que les deux autres sectes. A huit ou dix lieues de Bethléhem, où Ton suppose que naquit Jésus, à dix ou douze de Jérusalem, s'étendaient les villages esséniens sur les bords de la Mer Morte. Comment Jésus aurait-il fait pour ne pas savoir que, si près de lui , deux ou trois mille hommes pratiquaient le Mosaïsme le plus saint et regardé comme le plus saint? Mais la secte essénienne ne se bornait même pas, comme on se l'imagine, à ces espèces de moines confinés sur ce point de la Judée. Ceux-là pratiquaient le célibat, comme firent les moines chrétiens; mais il y avait partout, dans les villes juives, et dans les pays étrangers où étaient répandus les Juifs, des Esséniens mariés, vivant en familles, et participant, jusqu'à un certain degré j à la vie générale de la nation. En un mot l'Essénianisme était une des trois sectes entre lesquelles se divisait la religion juive. Comment Jésus aurait-il fait pour ne pas savoir ce que tout le monde savait, qu'il existait trois interprétations ou deutéroses princi-