‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 126 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

enseignait une. religion différente du Mosaïsme, auraient-ils pris hardiment le nom de Chrétiens ! H est évident que cette désignation était encore inconnue pour les Chrétiens de Judée en Tan 64. Or la prise de Jérusalem par Titus arriva en 7 1 . On peut donc affirmer que les Jui& chrétiens ne furent jamais désignés , en Judée , sous le nom de Chrétiens , avant le grand événement qui renversa ce pays de fond en comble, et que le nom diEssé" niens fut celui sous lequel on les désigna pendant tout cet espace de temps.

Quand on étudie avec soin les témoignages qui nous restent sur le berceau même du Christianisme, c'est-à-dire sur les cinquante premières années qui suivirent la disparition de Jésus, on voit clairement que les choses se passèrent comme le raisonnement même le ferait supposer. Les disciples étaient des âmes ardentes^ mais des hommes sans science, et qui avaient eu bien de la peine à comprendre leur maître : l'Évangile, à chaque page, le prouve. Jésus se plaint à tout instant de n'être pas entendu de ceux qui le suivent. Quand il a parlé au peuple par similitude, il est toujours obligé d'expliquer à ses disciples le sens interne de ses paroles (i). Les Esséniens avaient

(i) s. Ifarç, cb. IV, v. 9-1 a : «Et Jésus (après la parabole du se- « meur ) leur dit : Que celui qui a des oreilles pour ouïr, entende. — Et « <|uand il fut en particulier, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze

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au plus haut degré l'habitude d'allégoriser : Jésus allégorise; mais ses disciples, qui ne sont pas filmés k ce langage y entendent difficilement la méUphysique de leur msutre. L'Évangile, considéré sous ce rapport, est une véritable initiation fidte par un Voyant essénien à des Juife pris au sein da peuple et dans les autres sectes indistinctement. Qu'arriva-t-il donc après la mort de Jésus? Certes, Finitiation des disciples n'était pas complète quand Jésus mourut. Elle était si peu complète, que lorsqu'il leur annonce qu'il veut mourir pour eux et pour tous ceux qui se rallieront par eux à Yunitéj en leur disant qu'il veut leur donner son sang et sa vie, les faire communier en mangeant sa chair et bm^ant son sang, les disciples entendent ses paroles comme s'il leur pariait de manger réellement son corps dans une sorte de repas d'anthropophages, si bien que tous se scandalisent et que plusieurs l'abandonnent (i). Ces

m. ( Apôtres ) rinterrogèreDt touchant le sens de celte parabole. Et il leur « dit : Il TOUS est donné de connaître le mptère du royaume de Dieu ; tt mau pour ceux qui sont du dehors, tout se traite par des paraboles; m. de sorte qu'en voyant , ils voient et n'aperçoivent point , et qu'en enm tendant , ils entendent et ne comprennent poipt. » Et plus loin , v. 33- 34 : «Il leur annonçait ainsi la parole par plusieurs similitudes de celte « sorte , selon qu'ils étaient capables de l'entendre. Et il ne pariait point « sans similitude ; mais lorsqu'il était en particulier, il expliquait tout à *> fe$ disciples. »

(f) S. Jean, ch. V/ , v. 53 et suiv. : « Jésus leur dit : En vérité, en <' vérité, je vous le dis : Si vous ne mangez la chair du Fils de Thomme, et •• si vous ne buvez son sanj; , vous n'aurez point la vie en vous-mêmes...

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