‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 127 sur 216 · LIVRE SIXIÈMF · texte numérisé non relu

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hommes donc , ainsi groupés autour de Jésus par une foi instinctive et par la croyance qu'il était le Messie 9 le Prophète, le Roi, se virent tels qu'ils étaient, c'est-à-dire destitués de doctrine, quand le maître ne fut plus avec eux. Ils croyaient fermement que Jésus était le Messie, le Roi résurrecteur; ils attendaient sa venue définitive; ils attendaient la fin prochaine du monde et la royauté divine sur la terre : voilà à quoi se réduisait leur science. On les appela les gens de Nazareth, les Nazaréens {i)j

« Je suis le pain de vie. Celui qui mangera ce pain vivra étempUement. .. « Plusieurs de ses disciples l'ayant ouï, dirent entre eui : Cette parole est « dure ; qui peut l'écouter? Mais Jésus, connaissant en lui-même que sps « disciples murmuraient de cela, leur dit: Ceci vous scandalise-4-il?... « Dès cette heureJà plusieurs de ses disciples se retirèrent , et n'allèrent « plus avec lui. Jésus dit donc aux Douze : Et vous, ne voulez-vous point « aussi vous en aller ? etc. «

(i) Ce nom de Nazaréens donné à Jésus et i ses dbciples n'a aucun rapport avec Vantique consécration des nazaréens jui&. Il y a vingt passages dans les Évangiles qui prouvent de la façon la plus évidente que Jésus fut ainsi appelé parce qu'il venait de la ville de Nazareth en Galilée : « Habitavit In c'mtate quœ vocatur Nazareth, ( Matlh., c. II, v. 9 3.) « — Et relicta civitate Nazareth^ venit, (ibid.fC. IV, v. i3.) — Hic est m Jésus propheta a Nazareth GaUlcœ, (I6id., c. XXI, v. 1 1 .), etc., etc. » Fleury ( flist. Ecclésiastique y liv. II, n. 4a) se trompe donc fort lourdement lorsqu'il prend les Nazaréens chrétiens qui se rencontraient, dit-il , en Judée après la ruine de Jérusalem , pour une suite des nazaréens juifs. Ces Nazaréens qui se rencontraient alors en Judée n'étaient autres que les Chrétiens eux-mêmes , ainsi nommés de la ville de Nazareth , d'où Jésus était sorti. Cette désignation de Nazaréens, donnée d'abord en Judée aux Chrétiens, et qui reparait ensuite, au quatrième sièrle, comme le nom d'une secte particulière , a trompé, au surplus , beaucoup d'autres savants que Fleury. Il y a un point qui me semble d'une explication bien facile, et qui a pourtant fort occupé les meilleurs coniroversisles du dernier siècle. On sait que Toland a fait contre le

parce qu'ils étaient venus de Galilée ^ et de ce point de la Galilée , avec Jésus. Mais bientôt FEssénianisme, qui était le fond de la doctrine de loir maître , se développa parmi eux. Ils vécurent en communion, ils se rattachèrent aux pratiques esséniennes ; des Esséniens se rallièrent à eux : on ks appela donc Esséniens. Mais la croyance que Jésus était le Messie changeait beaucoup de choses à TEssénianisme. Si Jésus était le Messie, il Êillait le prêcher aux Juifs, et même au monde entier. Si Jésus était le Messie , toutes les espérances de vie

Christianisme un livre intitulé Le Nazaréen^ où il prétend, en s'ai^yant sur ce que nous savons des Nazaréens du quatrième siècle , que les Joifii qui avaient reçu TÉvangile de la bouche de Jésus ne songèrent jamais à faire de lui autre chose qu^un homme, uu grand homme, un sage, un inspiré de Dieu , et si Ton veut le plus grand des inspirés et des prophètes , mais non pas un Dieu , une personne en Dieu, ni tout ce ^pie le Christianisme et le Catholicisme à la suite en ont fait depuis. Il 7 a du vrai et du faux dans cette assertion de Toland. Les premiers Chrétiens eurent sur Jésus des opinions fort incertaines et très-diverses. Il y en eut (|ui pensèrent, en effet , à peu près comme Toland soutient qu'ils pensèrent tous ; mais beaucoup d'autres concevaient le Messie d*une façon bien différente ; et ceux mêmes qui , comme Cérinthe , par exemple , niaient la divinité de la personne de Jésus , quoiqu'ils reconnussent que le Messie s'était manifesté en Jésus, étaient encore loin d'avoir précisément les opinions déistes du dix-huitième siècle que leur prête Toland. Le savant Mosheim écrivit pour réfuter Toland; et, afin de mieux saper l'opinion de son adversaire, il prétendit que les Nazaréens, dont Toland reproduisait l'opinion , n'avaient paru pour la première fois qu'au quatrième siècle. Le plus fort argument de Mosheim est que S. Jérème et S. Épiphane sont les seuls Pères qui donnent aux Nazaréens du quatrième siècle une origine remontant à la prédication du Christ. Pourquoi, dit Mosheim , ni S. Irénée , ni Tertullieu, ni Origène, ni Eusèbe, ne pai'lent-ils pas des Nazaréens ? Beausobre , à son tour, a essayé de réfuter

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