‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 129 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. 78 I · texte numérisé non relu

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les noms de Nazaréens, d'Ébionites , de disciples de Cérinthe, etc., dont l'origine remontait en effet à la première phase de Christianisme qui avait suivi la passion de Jésus , phase où les Chrétiens étaient vaguement désignés sous les noms de Nazaréens et diEsséniens. En se déclarant Chrétiens à Antioche, ceux des disciples ou des nouveaux convertis qui suivaient principalement l'impulsion de S. Paul , rompirent solennellement avec le Judaïsme. Ce mouvement fut suivi dans toutes les Églises établies parmi les Gentils. Les Apôtres qui étaient restés en Judée laissèrent faire, ou approuvèrent. Enfin le Christianisme , en abandonnant le Sabbat, et en transportant au dimanche le jour du repos, parut répudier complètement la loi de Moïse. Nous avons mille preuves que ces innovations ne s'établirent pas sans des dissensions et des déchirements. Tous les premiers schismes sont venus de la question du Sabbat. C'est qu'en effet cette question marquait le point capital du débat , qui était de savoir si le Christianisme était une continuation du Mosaïsme ou une religion nouvelle. Peu à peu les sectes qui , tout en adoptant la Nouvelle- Alliance , prétendirent la subordonner à l'Ancienne , furent regardées comme des héré- ' sies. C'est ainsi que la base essénienne du Christianisme fiit véritablement effacée par le développement immense que prit l'idée messiaque que

jSll DR l'humanité.

Jésus avait lui-même greffée sur la métaphysique et la morale des Esséniens.

Il est évident, au surplus, qu'il devait en être ainsi. Car, après la prédication de Jésus, quand l'Essénianisme viendrait, pour ainsi dire, k reprendre possession de lui; quand, en s'interrogéant et en regardant autour d'eux, les disciides du Messie verraient qu'au fond ils étaient Esséniens, deux effets différents devaient se produire. L'Essénianisme était si antique, si profond, â bien oi^anisé, si riche en livres et en monuments, que les Esséniens partisans de Jésus, tout en adoptant Jésus comme le Messie, devaient considérer plutôt sa prédication comme une suite que comme un commencement, plutôt comme une dérivation de l'Essénianisme que conune une initiation absolument nouvelle. Ils devaient voir en lui, pour ainsi dire , un des leurs. Us avaient déjà eu tant de saints hommes et de prophètes parmi eux, que Jésus, bien qu'ayant un caractère spécial , ne devait pas leur produire le même effet d'originalité absolue, comme métaphysicien, moraliste, et homme inspiré , qu'il faisait à des Pharisiens ou à des Saducéens convertis. Leur tendance devait donc être de le rattacher à la tradition essénienne, sans bouleverser l'antique deutérose de laquelle ils le regardaient comme étant lui-même issu. Tous ces Juifs esséniens, devenus Chrétiens, devaient,

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