‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 130 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. jS'i · texte numérisé non relu

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en lin mot, chercher des explications pour interpréter l'apparition du Messie sans cesser d'être Esséniens. Mais ces explications, qui allaient toutes à attendre tranquillement et sans agir la venue définitive du Christ au septième millénaire, ne pouvaient être du goût des ardents disciples qui avaient d'abord aperçu dans Jésus le Messie , le Roi résurrecteur, le Prophète transformateur, et non point l'Ëssénien. Pour ceux-là, la venue du Messie était un £ait d'une nouveauté et d'une originalité absolue. Tout devait changer, il fallait agir; Jésus lui-même leur avait ordonné de prêcher son Évangile et sa venue.

Il en devait être de même , à d'autres égards , des Pharisiens instruits qui se convertissaient. Ces Pharisiens venaient aussi à la foi nouvelle avec leurs préjugés. Eux, ce n'était pas Jésus, en tant que métaphysicien et moraliste, qu'ils revendiquaient; mais c'était Jésus en tant que Messie juif. Le Phariséisme et ses scribes n'avaient - ils pas depuis longtemps annoncé le Messie? les Pharisiens n'avaient-ils pas leurs opinions toutes Élites à son égard? Ne prétendaientils pas savoir, point par point, comment tout se passerait lors de la venue du Christ? N'avaient-ils pas supputé les temps, calculé les prophéties? N'enseignaient-ils pas, du moins certains d'entre eux, tout ce qu'il fallait croire sur \2ipaUngénési€j

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la fin et la résurrection du monde, la Jérusalem nouvelle, etc.? Ces Pharisiens convertis devaient donc prétendre aussi à la direction de la secte naissante, et ils ne pouvaient que lui donner une direction juive, c'est-à-dire faire du Christianisme une suite et une continuation du Phariséisme. Aussi voyons-nous dans les ^cies que ce fut précisément sur ce point que le débat s'engagea parmi les Chrétiens , à l'époque où on leur donnait communément les noms de Nazaréens et d^JEsséniens. « Or, disent les jicteSj quelques-uns qui étaient o venus de Judée (à Ântioche) enseignaient les bèr « res, et leur disaient : Si vous n'êtes circoncis selon a l'usage de Moïse , vous ne pouvez être sauvés. Sur « quoi une grande contestation et ime dispute s'éa tant élevée entre Paul et Bamabas et eux , il fut <c résolu que Paul et Bamabas, avec quelques-uns a d'entre eux, monteraient à Jérusalem, pour con- <r sulter les Apôtres et les Anciens sur cette quesa tion. Étant donc envoyés de la part de l'Église, ils « traversèrent la Phénicie et la Samarie , racontant a la conversion des Gentils ; et ils donnèrent une te grande joie à tous les frères. Et étant arrivés à « Jérusalem, ils furent bien reçus par l'Église, par « les Apôtres, et par les Anciens; et ils racontèrent « toutes les choses que Dieu avait faites par eux. a Mais, dirent-ils, quelques-uns de la secte des a Pharisiens, qui ont cru, se sont élevés, disant

« qu'il fallait circoncire les Gentils et leur ordon* «c ner de garder la loi de Moïse. Alors les Apôtres « et les Anciens s'assemblèrent pour examiner cette « affaire. £t, après une grande dispute, Pierre se « leva et dit , etc. ( i ). » On voit dans ce récit plein de naturel les diverses traditions juives en lutte au sein de ce noyau primitif d'où sortit le Christianisme;

On s'est demandé quelquefois pourquoi nous avons aujourd'hui quatre Évangiles au lieu d'un, et pourquoi, dès la fin ou plutôt. dès le milieu du premier siècle, il y avait ces quatre Évangiles. La réponse est bien simple, quoique je ne sache pas qu'elle ait été faite encore. C'est qu'il y avait quatre traditions, quatre tendances fort diverses au sein du Christianisme primitif.

Les quatre Évangiles ont , en effet , chacun un caractère particidier. On dit ( mais cette opinion n'a d'autre fondement que l'assertion d'un chroniqueur ecclésiastique du neuvième siècle) que ces quatre Évangiles furent choisis par le troisième concile de Nicée, et sanctifiés à l'exclusion de toute autre légende. Ce qui est certain, c'est qu'ils comprennent à eux quatre toute la traflition des écoles diverses dont la synthèse fonda le Christianisme.

J'ai dit plus haut que l'idée de la palingénésie

(i) y#ci., cb. XV, V. 1-7*

OU de Fère messiaque venant, à une certaine époque, à se répandre parmi les Juife, il était inévitable que les trois sectes entre lesquelles se divisait le Mosaïsme fussent fortement modifiées et transformées par cette idée. J'ai prouvé également que les Gentils étaient préparés de toute façon à croire à une époque prochaine de palingénésie. J'ai montré que tous les débrisdes sectes philosophiques convergeaient à cette croyance. Donc, si l'idée delà venue du Messie venait aussi à se répandre chez les Gentils, les antiques philosophies de la Grèce apporteraient leur tribut à cette idée, et réciproquement seraient transformées par elle.Or la grande philosophie grecque avait été le Platonisme; et, à cette distance des origines, et dans une pareille décomposition , le Platonisme représentait toute la philosophie grecque. En tout cas , il est évident que la seule école payenne qui s'attacherait au Messie devait venir à lui par Platon et ressortir du Platonisme. Donc, outre des Saducéens, des Essénieos, des Pharisiens, le Messie ou le Christ aurait encore , pour le comprendre à leur manière, des Platoniciens.

Les quatre Évangiles consacrés dès les premiers siècles, et qui sont incontestablement du premier siècle, offrent l'expression de ces quatre écoles, savoir, des trois écoles juives et de l'école grecque, mais transformées par la croyance au Messie.

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