‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 14 sur 216 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

a delà? Il n'était envoyé qu'au peuple Israélite^ « qu'az/ peuple Israélite d alors y et sa mission était ic parfaitement en rapport avec les connaissances, ce les capacités, les penchants de ce peuple israélHe « d'alors, et avec la destination du peuple Israélite m futur (î)» »

J'espère que voilà l'idée de I^essing qui commence à se montrer. Peu importe , suivant lui , que Moïse ait donné aux Hébreux d'alors , au peuple israélite d'alors, des idées incomplètes, erronées, fausses, non pas en elles-mêmes, mais par l'interprétation qu'en faisaient ces Hébreux, pourvu que ces idées fussent conformes, d'une part, à la capacité de ce peuple israélite d'alors, et, d'autre part, à la destination du peuple israélite futur, ou plutôt encore à la mission de ce peuple israélite futur relativement à l'humanité tout entière , c'està-dire, en définitive, pourvu que ces idées fussent en rapport avec le futur développement de l'humanité.

Mais quoi ! ces Hébreux , ce peuple israélite d'alors, comme dit Lessing, en était-il moins dupe d'une grossière erreur? Que Moïse, eu égard à l'état d'enfance de ce peuple, et eu égard aussi à sa destination future et aux progrès futurs du genre humain, ait eu raison de lui laisser ignorer la vie

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future , cela est possible ; mais il n'en est pas moins vrai que voilà le peuple élu de Dieu qui se trouve autorisé par son Prophète, c'est-à-dire par Dieu même, à nier cette vie future, cette immortalité de rame , qui doit devenir ensuite la base fondamentale de la Révélation ! Comment accorder une telle contradiction ?

D'un autre côté, l'objection qu'on faisait à Warburton revient encore. Dieu mentait ( et tout Israélite pouvait aisément s'en apercevoir), Dieu mentait , dis-je, lorsqu'il disait aux Juifs, à chaque verset de ses ordonnances, que le bien ou le mal dans leur vie présente paierait rigoureusement et équitablement leur obéissance ou leurs transgressions à la loi. Car la réaUté assurément ne répondait pas à cette promesse ou à cette menace. Faut-il donc admettre le miracle continu de Warburton?

Lessing rejette cette prétendue rémunération miraculeuse dont Warburton avait étayé son système. Il admet donc que Dieu mentait aux Hébreux, en ce sens qu'il laissait croire ou faisait croire aux Hébreux une erreur, ne pouvant encore, vu leur situation et leur peu d'intelligence, leur faire comprendre la vérité.

Mais pourquoi ferais-je attendre plus long-temps le lecteur? Qui ne voit dès à présent l'idée de Lessing? Dieu mentait , et ne mentait pas. Les Hébreux d'alors étaient trompés, et pourtant ils ne

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