LIVRE SIXIJIIME
a résurrection consiste en ce qu'Adam est étemel. Dieu ne dit-il pas dans l'Écriture : Je suis le Dieu r Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob ! Dieu l'est pas le dieu des morts, mais le dieu des vivants. Jacob, Isaac, Abraham, sont T Adam éternel. Les morts ressusciteront , mais ce ne seront plus es morts, avec leurs formes passées, avec les phénomènes de leur vie passée. Il y aura transformation , transâguration. De même qu'Isaac et Jacob n'ont pas reproduit formellement Abraham , les ressuscites dans la palingénésie ne reproduiront pas formellement les morts. Ne m'opposez donc pas ce qui se rapporte à des morts, et ce qui , tenant à la mort , sera détruit par elle, pour obscurcir par là la croyance à la résurrection et détruire Tidée même de la résurrection. Je vous dis que l'idée de la résurrection n'est pas celle que vous vous en formez. » Tel est certainement le sens de la réponse profonde de Jésus dans S. Matthieu. On sent là le Saducéen qui a ouvert les yeux, et qui comprend la ({uestion de la continuité de la vie comme leMosaîsmeen fournissait l'induction. Mais S. Marc, qui ne peut condamner implicitement, d'une façon aussi complète , la croyance essénienne d'un paradis et d'un enfer , interprète le texte de S. Matthieu comme si celui-ci avait voulu prouver seulement qu'il y aurait une résurrection : « Et à a l'égard des morts, dit-il, pour montrer qui ils I. 5i
SoiM DE l'humanité.
tt iloiwnt ressusciter^ n'avez -vous pas lu dans « Moïse, etc. ; > ce qui n'a aucun sens.
S. Marc fîit évéque d'Alexandrie ; il passe pour le fondateur du Christianisme en ^ypte. Or nous voyons , par ce que Philon rapporte de FEssémanisme et des Thérapeutes , et par l'esprit général de tous les écrits de Philon, que l^Essénianisme dominait à Alexandrie avant la naissance de Jésus. B sV tait Élit en Egypte, dans le Mos^ûsme, une sorte de décomposition des sectes, telle que des Pharisiens mêmes, comme Philon, étaient Esséniens à bien des égards. L'Evangile de S. Marc est donc un abrégé de S. Matthieu écrit dans le sens le plus convenable aux Juifs d'Alexandrie. C'est TÉvangUe juif Alexandrin. C'est l'Evangile essénien.
Les plus beUes choses révolutionnaires de S. Matthieu sont supprimées dans S. Marc, comme dans S. Luc. Où trouverez-vous dans les Évangiles, ailleurs que dans l'Évangéliste primitif, le sermon sur la montagne dans toute sa vérité passionnelle? Où ailleurs que dans S. Matthieu, Jésus dit-il aux hommes : Vous n'aurez pas de maîtres , de supérieurs, de docteurs, de rabbins; vous n'aurez que le Fils de Dieu. Les Esséniens étaient sans doute partisans de l'égalité; mais ils n'étaient arrivés à établir cette égalité que par une discipline , une organisation ; ils avaient des anciens , des chefs , des directeurs. T.eurs mœurs étaient pacifiques,