‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 138 sur 216 · LIVRE SIXIÈME. 8o · texte numérisé non relu

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sible cette naissance d'un rejeton. Je suis trop vieux, avait-il dit, je dois mourir sans postérité; et l'ange, le trouvant incrédule, l'avait frappé et rendu muet. Zacharie est l'image du sacerdoce hébreu, qui parait condamné à finir sans postérité, et d'où sortira pourtant le rejeton sauvage, le nazaréen Jean-Baptiste, sur lequel sera greffé Jésus, l'arbre nouveau, la tige fertile dont David devait fournir le germe, suivant les Prophètes : Et egredietur virga de radice J esse y et germen de radice ejus ascendet.... Radix Jesse, qui stat in signum populorum (i). Le symbole sous lequel S. Luc a voulu figurer ce passage du sacerdoce juif au sacerdoce chrétien se poursuit tout au long

(i) Isaïe, ch. XI, ▼. I et lo. Il foal savoir qu'Isaîe, daosce passagp, se sert du mot vkzee , germen , que les Septante et la Vulgate ont mal rendu \9xflos ; ce mot nezer exprime ao rejeton qui prend et s'élève de la racine. Or, ce mut nezer parait le radical du root de nazaréens. Peutêtre les nataréens ^ eu effet, furent ils d'abord ainsi dénommés comme étant les rejetons ou les fil* des Prophètes. En hébreu, ben^ qui signilie fils, signifie aussi aussi branche, rameau; réciproquement nezer, qui signifie un getme ^ un rejeton y avait pu, en certain cas, prendre au figuré le sens ait fils, à^ enfant. Cela étant, on conçoit qu'aux yeux des Juifs, qui subtilisaient infiniment sur leurs prophéties, l'idée du Sauveur prédit par Isaîe et appelé par lui Nezer^ c'e&t-à-dire un rejeton de David ou de Jessé , dut se mêler avec l'idée de nazaréen. De là la prétendue prophétie que le Messie serait nazaréen. Le vrai nazaréen fut Jean-Baptiste, qui s'abstenait de vin et vécut au désert. Mais Jésus, étant sorti de Nazareth , parut également à ses disciples remplir la prophétie : « Et « Jésus , dit S. Matthieu , alla demeurer dans une ville appelée Naza- « reth ; de sorte que fut accompli ce qui avait été dit par les Propbcirs : « Il sera appelé Nazaréen. •• (Cb. II. v. a3.)

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s. Paul lui-même qui nous Fapprend. Car, dans rÉpitre aux Colossiens, après avoir salué cette Église au nom de trois Juifs qui étaient alors avec lui, il ajoute: « Ils sont Hébreux de race, et ce « sont les seuls qui travaillent maintenant avec « moi pour le royaume de Dieu , et de qui j'aie « reçu de la consolation (i). >> Et, continuant, il dit, suivant le sens qu'on donne ordinairement à ce passage : « Luc le médecin , notre cher Luc, et Démas, (( vous saluent (2). » En supposant donc, avec toute la tradition chrétienne, que Luc, l'auteur de l'Évangile et des Actes, soit celui dont parle ici S. Paul , il en résulte que Luc n'était pas Juif de naissance, ou, pour mieux dire, qu'il n'avait pas le titre d'Hébreu. On trouve dans les Actes une autre induction qui prouve qu'il n'était pas Juif de Judée, et qu'il ne parlait pas la langue qu'on parlait à Jérusalem. A propos du champ acheté par Judas avec le prix de sa trahison, S. Luc rapporte que cela était si connu de tous les habitants de Jérusalem, a que ce champ avait été appelé en leur « propre langue ^ace/tiama, c'est-à-dire le champ ff du sang (3). » Certes il n'aurait pas été naturel à un Juif de Jérusalem ou de la Syrie de parler de

(i) Coioss.fCh. IV, V. 10.

(2) ///}(/ y V. x4 : kin'x^nv.'. Ou.â; Aouxâç 6 iarpô; é x^oLTTrtTOiy jw^ Ar,{i.à;.

(>) yfcf., l'Ii. I , V. ifj.

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