‹ De l'humanité, de son principe, et de son avenir, où se trouve exposée la vrais définition de la religion et où l'on explique le sens, la suite et l'enchaînement du mosaisme et du christianisme. [Première partie] (volume 2)Chapitre 139 sur 216 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

cette manière. Aussi , à partir de S. Jérôme , tous les écrivains ecclésiastiques ont-ils supposé que Luc était un Grec d'Antioche converti par S. Paul^ Mais est-il probable qu'un Grec, un Gentil, ait en effet écrit les j4cies et l'Evangile connu sous le nom de S. Luc? Comment une si parfaite transformation, qui n'aurait laissé absolument rien percer des sentiments d'un ancien Païen , auraitelle pu s'accomplir? On sent partout dans les Pères chrétiens des époques suivantes l'origine d'où ils étaient sortis : rien de pareil dans S. Luc. Je croirais donc plus volontiers que S. Luc avait été élevé soit à Antioche, soit ailleurs, dans la religion juive, mais qu'il n'avait pas le titre d'Hébreu, titre que la naissance et certaines conditions pouvaient seules donner. Voyez comme S. Paul, en vingt endroits, détermine lui-même les conditions nombreuses qu'il fallait réunir pour être considéré comme Juif de race : « Ayant été circoncis le « huitième jour, étant de la race d'Israël, de la « tribu de Benjamin , né Hébreu , de parents a hébreux , ayant été Pharisien quant à la manière « d'observer la Loi , etc. (i); » voilà comme S. Paul se déânit. S. Luc pouvait avoir une condition analogue à celle de l'autre disciple de S. Paul , Timothée, qui, « étant né d'une femme juive, avait

( i) Pkiiipp.f c III , V. 5, et alib.

8io DE l'humaetite.

c connu les Saintes Écritures dès son en£Euioe ( i), » mais n'avait pas pour cela la qualité de Juif. Tini maintenant plus loin , et je dis que S. Luc, avant d'avoir été converti au Christianisme, parait awnr été Essénien. Outre son Évangile, qui renferme des traces incontestables d'Ëssénianisme dogmatique, j'en apporterai pour preuve cette dénomination même de médecin que S. Paul lui donne, et que la tradition chrétienne a ensuite entendue comme si S. Luc eût été en effet un médecin qui s'était converti au Christianisme. On sait que ceux des Esséniens qui vivaient dans le célibat se recrutaient en adoptant des enfants. Il n'y aurait donc rien d'étonnant à ce que , sans avoir par sa naissance la qualité légale d'Hébreu, Luc eût été Essénien. Quant au nom d'îarp^ , médecin , que lui donne S. Paul , la doctrine des Esséniens , ayant pour objet Vêtre, la v/e, le salut ^ était considérée par eux comme un saluty une guérison. Aussi Josèphe remarque qu'ils cultivaient la médecine du corps, comme celle de Tàme, ne séparant pas ces deux sciences, et les regardant comme indivisibles dans l'unité de la vie. Enfin chacun sait que leurs contemplatifs s'appelaient en Egypte thérapeutes, c'est-à-dire médecins. Si S. Paul , au lieu du mot laTpoç» avait employé le synonyme 6epa-

fi) Âct., oh. XVI, et Fpisl. ad Timoth,

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